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Témoignage «Le système m’a toujours rejeté»

Il n’a jamais été aussi heureux que lorsqu’il vendait des glaces, sur les routes de son Autriche natale. Pourtant, Peter Brabeck est allé voir plus loin, plus haut. L’ancien grand patron de Nestlé publie «Ascensions», son autobiographie. Interview.

La Tour-de-Peilz, le 3 novembre 2020. Interview et portrait de Peter Brabeck, ancien CEO de Nestle, pour la sortie de son autobiographie chez Favre.      Photo Yvain Genevay / Le Matin Dimanche
La Tour-de-Peilz, le 3 novembre 2020. Interview et portrait de Peter Brabeck, ancien CEO de Nestle, pour la sortie de son autobiographie chez Favre. Photo Yvain Genevay / Le Matin Dimanche
LMD

«La réussite, ce n’est pas le sommet, c’est de revenir sain et sauf», dites-vous. Trois ans après avoir quitté Nestlé, êtes-vous sain et sauf?

Je crois, oui. Physiquement, j’ai survécu à des maladies graves. Et spirituellement, je m’étais bien préparé. Beaucoup se dépensent trop à l’ascension, et n’ont plus de force pour redescendre. Ou alors ils tombent dans un trou, dans la dépression et le sentiment d’inutilité. Je m’en sors bien.

Vous êtes né pauvre, vous avez été mauvais élève, soldat sans grade, recalé par les tests de ressources humaines. C’est à la chance que vous devez votre carrière?

Napoléon disait: «Je ne cherche pas le meilleur général, je cherche celui qui aura le plus de chance.» Et quand la chance se présente, il faut surtout bien savoir la saisir. Certains sont paralysés par les opportunités, moi je pense que je les ai plutôt bien utilisées. Le système m’a toujours rejeté, c’est vrai. Je dois ma carrière à quelques supérieurs qui m’ont fait confiance en dépit de mes évaluations négatives. Et cela m’a investi d’une grande responsabilité envers eux, la loyauté m’a positivement attaché. La relation humaine est la clé de la réussite.

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