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La rédactionLe temps de l’insouciance finira bien par revenir

Les rassemblements festifs ont de lourdes conséquences.

«Highway to Hell!» scandaient les clients du Great Escape, mardi soir, au rythme d’AC/DC. Sans doute ne pensaient-ils pas une seconde à «l’autoroute vers l’enfer» décrite par le groupe de rock australien. Juste à profiter d’une dernière fête avant le semi-confinement imposé dès le lendemain par les autorités vaudoises. Au diable les gestes barrières: buvons, chantons et oublions ce fichu coronavirus pendant quelques heures…

Ces images délirantes filmées dans le bar lausannois ont fait le buzz des réseaux sociaux. Et provoqué des haut-le-cœur dans le grand public, que l’on bassine depuis des mois avec des conseils de prudence. La police promet de sévir. L’amende sera sans doute salée pour le tenancier.

L’affaire me paraît emblématique des turbulences sociales que nous traversons. La lutte contre le Covid-19 restreint comme jamais auparavant nos libertés d’action et de mouvement. Du coup, le ras-le-bol des restrictions se fait sentir de manière au moins aussi forte que l’angoisse de tomber malade. Un conflit de conscience qui, pour ne rien arranger, nous étreint bien différemment selon notre âge.

Pour les autorités politiques, la difficulté est la même depuis le début de la pandémie. Il s’agit de faire accepter et respecter des mesures strictes, tout en appelant à la responsabilité de chacun. Autrement dit, on nous fait confiance en tant que citoyens, mais on décrète des couvre-feux et des obligations qui ébranlent nos habitudes. Plus le temps passe, plus l’adhésion à un tel contrat social est fragile.

«Aujourd’hui, qui n’a pas dans son entourage des personnes atteintes du virus?»

À mes yeux, c’est la réalité du terrain qui doit nous convaincre d’agir. Elle est incontestable. La deuxième vague du Covid-19, longtemps restée très théorique dans nos esprits, se traduit désormais par plusieurs dizaines de morts par jour en Suisse, des hospitalisations par centaines et des milliers de nouvelles contaminations. Notre système de santé, aussi performant soit-il, s’approche du point de rupture.

Tout cela était bien loin des préoccupations des fêtards lausannois, mardi soir. Or le fait est que les rassemblements festifs, qu’ils soient spontanés ou organisés, ont eu de lourdes conséquences ces dernières semaines. La bénichon à Fribourg, les élections communales en Valais ou encore un mariage surréaliste célébré en Appenzell avec la complicité des invités: autant de foyers d’infection qui ont fait exploser les statistiques. Aujourd’hui, qui n’a pas dans son entourage des personnes atteintes du virus?

Souhaitons aux clients du Great Escape de s’en sortir sans trop de gravité. Certains, peut-être même beaucoup, paieront la note en devant se plier à une période d’isolement – ce qui n’est drôle ni pour soi-même, ni pour ses proches. En tout cas, la leçon à tirer est claire. Il faut nous résoudre à mettre entre parenthèses nos envies d’apéro entre amis et de libations nocturnes. À redoubler de vigilance. Le temps de l’insouciance finira bien par revenir.

14 commentaires
    Oc

    C’est bien l’insouciance ! Souvenez vous à la fin de l’été le nombre de fois où des gens ont signalé des groupes importants de personnes agglutinés au jardin anglais, sur les quais de la rive gauche et dans les parcs. Personne, état en tête ne c’est inquiète ( c’était

    Majoritairement des jeunes!) par contre c’est aussi parmi des jeunes, qui ne peuvent qu’être que le règlement touchés ou asymptomatiques, que le virus a fait son chemin, entrant ensuite dans les cercles familiaux et professionnels, qui eux, comptent des adultes et des seniors. C’est qu’est une partie du problème. Ou tout le monde, ainés en tête, fait un effort, ou tout le monde s’en fout, avec les conséquences que l’on voit actuellement. C’est notre façon de vivre et notre avenir qui est en jeu. Le but actuel est de limiter les contacts, soit! Alors soyons bons joueurs et limitons ! Regardons ce qui se passe si tout le monde joue le jeu et ne tire pas la couverture à soi et après on verra qui avait raison ou tort !