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Le coup de fourchetteLe thaï du terroir explose à Saint-Triphon

Après avoir fermé son Took Took de Bex, Francine Masbou-Menth a rouvert son Carrefour des saveurs à la cuisine parfumée.

Cathy Vielle (à g.) et Francine Masbou-Menth, Le Carrefour des Saveurs ne manque pas de couleurs.
Cathy Vielle (à g.) et Francine Masbou-Menth, Le Carrefour des Saveurs ne manque pas de couleurs.
Florian Cella/24Heures

On regrettait la famille chaleureuse que Francine Masbou-Menth avait créée au Took Took, le resto thaï du Buffet de la Gare de Bex. Après plus d’une année, ses fidèles la retrouvent au pied de la colline de Saint-Triphon, dans l’ancienne poste. Dès l’entrée dans ce nouvel antre sobrement rénové, le regard malicieux de la restauratrice reconnaît ses anciens habitués, qu’ils atterrissent là par hasard ou qu’ils aient guetté l’ouverture d’août 2019.

Après contretemps et coronavirus, la patronne – dont ce n’était pas le plan – s’est mise aux fourneaux. Tablier sur les reins, elle lance les salutations derrière ses woks, d’une cuisine entièrement ouverte sur la salle. Elle y opère seule avec bonheur, dégringolant par moments les quelques marches menant au jardin pour récolter des herbes aromatiques pour des plats cuisinés à la minute.

Fraîcheur et produits locaux

Fraîcheur, spontanéité et produits locaux font la signature de cette table qui propose avant tout des classiques thaïs. Mais qu’on ne s’y trompe pas, ici, pas d’exhausteurs de saveur ou de condiments industriels prisés des fast foods asiatiques. Tout est le plus naturel et le plus bio possible, sélectionné dans un rayon raisonnable.

Comme bien des enseignes se réclament de cette philosophie, c’est à l’assiette qu’il faudra juger. La signataire de cette chronique n’a jamais voyagé en Thaïlande, mais après s’être souvent aiguisé les papilles à ces saveurs, elle peut témoigner avoir savouré à Saint-Triphon les meilleures soupes thaïes de son expérience gastronomique. Force ajustée au goût des convives (comme tous les plats, d’ailleurs), le potage végétarien (7 fr.) et celui aux crevettes (8 fr.) explosent en bouche. On en aurait bien redemandé, mais il fallait laisser place aux plus classiques rouleaux de printemps, dont le croustillant reste irrésistible (8 fr. les deux pièces).

Intitulés loufoques

Il faut un peu d’aide pour comprendre une carte rédigée de manière un rien loufoque, mais en guise de résistance, nous optons pour «Le plat hot hot comme j’aime» (22 fr.), qui correspond au très relevé «Phat Phet» du resto thaï. On était prévenu, c’est la fête en bouche (et un peu le feu quand même).

On aurait bien testé un magret de canard cuisiné à la française pour expérimenter le (petit) versant occidental de la carte. Mais la dernière pièce de volaille venait d’être servie et la patronne limite le recours au congélateur. On se rabattra sur un bœuf «champignons, oignons, légumes et gingembre, riz», une viande juste saisie, des légumes croquants, mais une saveur de gingembre un peu ténue, de l’avis de la testeuse. Supplément d’âme grâce à la présentation dans une belle vaisselle, signée d’une céramiste de la région.

Les desserts restent basiques. Tartelette au citron (5 fr.) et café gourmand (8 fr.) apportent la note sucrée sans le bouquet final que l’on aurait peut-être voulu plus exotique après ce feu d’artifice de saveurs.