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ÉditorialLe tour de vis nous pend au nez

Des restaurants ouverts en soirée, des bars qui servent leurs clients jusqu’à 23 heures. Le retour à une certaine normalité opéré ces derniers jours offre un répit bienvenu à une Suisse romande très éprouvée par le coronavirus. Mais dans cette crise sanitaire, tout se passe comme s’il était interdit de se réjouir trop vite. Il suffit de lire les chiffres froidement pour constater que le régime d’exception accordé aux cantons romands ne tient qu’à un fil.

Lire aussi: Les trois chiffres qui peuvent tout faire basculer

Pour échapper au couvre-feu national, il faut non seulement que le taux de reproduction du virus reste en dessous de 1, mais aussi que le nombre de nouvelles infections par 100’000 personnes soit inférieur à la moyenne suisse au cours des sept derniers jours. Hélas, il suffirait d’un malheureux rebond de l’épidémie pour que ces conditions ne soient plus remplies.

À cela s’ajoutent plusieurs facteurs aggravants. Sur le plan politique, les cantons alémaniques exercent sur le Conseil fédéral une pression grandissante pour qu’il impose des mesures plus strictes. Pour avoir tardé à agir, certains d’entre eux sont aujourd’hui au pied du mur. La deuxième vague les frappant de plein fouet, ils réclament des décisions rapides et énergiques. Un cri d’alarme qui rejoint celui des dirigeants des grands hôpitaux suisses, qui ne font face à la situation actuelle qu’au prix d’efforts considérables. Or notre système fédéraliste, si précieux en temps normal, se prête mal à une telle réactivité.

«Même l’arrivée prochaine des vaccins pourrait paradoxalement compliquer la donne.»

Sur le plan psychologique, le ras-le-bol de la population face aux restrictions croît au fil des semaines. La discipline se relâche peu à peu, les appels à la responsabilité individuelle et collective sont de plus en plus difficiles à entendre. À l’approche des Fêtes, l’envie de se retrouver et de profiter de loisirs entre amis risque de mettre à mal le respect des recommandations concernant la distance sociale. Même l’arrivée prochaine des vaccins pourrait paradoxalement compliquer la donne, en faisant croire trop vite à la fin de l’épidémie.

C’est donc un cocktail explosif qui mijote à quelques jours de Noël. Les restaurateurs et autres commerçants ont toutes les raisons de se faire du souci: il faudrait un petit miracle pour que notre pays évite un nouveau tour de vis.

17 commentaires
    Covid idiot c’est vous

    Avant de fermer Bern paie la tva 2019 en intégralité à tous

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