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Les projets éoliens vaudoisLe tribunal accepte les douze éoliennes du Mollendruz

Le plus grand parc éolien lancé à ce jour sur les crêtes vaudoises vient de franchir une première étape. Le Tribunal cantonal accepte la pesée des intérêts.

Le projet du Mollendruz est un mastodonte de l’éolien vaudois. Le plus grand, à ce jour, arrivé sur le bureau des juges. S’il promet de produire 5 à 8% des objectifs du Canton en matière d’énergie éolienne, c’est aussi l’un des plus visibles, et il ne s’en cache pas, après avoir revu plusieurs fois l’implantation des hélices pour en minimiser l’impact. Ici, une vue depuis Romainmôtier, site classé. Pas incompatible, selon les juges.
Le projet du Mollendruz est un mastodonte de l’éolien vaudois. Le plus grand, à ce jour, arrivé sur le bureau des juges. S’il promet de produire 5 à 8% des objectifs du Canton en matière d’énergie éolienne, c’est aussi l’un des plus visibles, et il ne s’en cache pas, après avoir revu plusieurs fois l’implantation des hélices pour en minimiser l’impact. Ici, une vue depuis Romainmôtier, site classé. Pas incompatible, selon les juges.
Energie Naturelle du Mollendruz SA

S’il y a un après-Covid, il se pourrait bien qu’il tourne avec des éoliennes. Le Tribunal cantonal a validé, lundi, le plan d’affectation du parc éolien du Mollendruz. Ce projet de douze hélices, 85 millions, prévu sur cette crête dominant le plateau vaudois, est réputé pour être un important producteur d’énergie (5 à 8% des attentes du Canton en éolien), mais aussi l’un des plus visibles. Par temps clair, peut-être même de nuit, le parc sera dans le coin de l’œil d’une bonne partie des Vaudois.

Ce verdict était attendu. Projet éolien de nouvelle génération, moins daté que les projets pionniers lancés il y a parfois vingt ans, le parc du Mollendruz a pu évoluer jusqu’à récemment, affinant sa communication, son business plan et ses mesures de compensation. Il n’en a pas moins souffert et avait même failli être scié net début 2018 par les opposants. Pour rappel, l’un des villages concerné par le parc avait voté non, pour une poignée de voix. Les partisans du projet avaient alors invoqué «un manque d’information» de la part des votants de La Praz pour convoquer un nouveau scrutin, cette fois positif pour une autre poignée de voix.

Blanc-seing éolien

Les juges ont été plus clairs. «C’est un arrêt assez unilatéral. La Cour valide le travail et le sérieux du dossier, et ce sur toute la ligne», note le municipal des Énergies d’Yverdon (la Ville fait partie, avec EWZ et les villages voisins, de la société d’exploitation), Pierre Dessemontet.

On sent toutefois que les juges ont parfois été vite en besogne sur certains aspects, s’appuyant beaucoup sur la jurisprudence de Sainte-Croix et sur la Stratégie énergétique 2050 de la Confédération, qui accorde au renouvelable une priorité nationale. Désormais, le monde de l’éolien n’attend plus que le verdict du Tribunal fédéral sur, justement, Sainte-Croix, pour savoir si le programme vaudois – 19 parcs, plus de 120 hélices, projetés sur le territoire – tient bel et bien la route.

Restaient des doutes. Dont deux ou trois que le Mollendruz vient de dissiper. Même avec une production brute revue à la baisse (on parle désormais d’un tiers d’énergie perdue par les arrêts techniques, lors du passage d’oiseaux migrateurs, etc.) et même avec son impact de premier plan dans le panorama, le projet, tel qu’il a été pesé par le Canton, est valable au vu des enjeux de la transition énergétique.

Le parc tel qu’il sera vu depuis Mont-la-Ville.
Le parc tel qu’il sera vu depuis Mont-la-Ville.
Energie Naturelle du Mollendruz SA
Une vue depuis Vaulion.
Une vue depuis Vaulion.
Energie Naturelle du Mollendruz SA
Autre photomontage, mais des opposants cette fois. Une vue depuis Echallens.
Autre photomontage, mais des opposants cette fois. Une vue depuis Echallens.
Paysage Libre Vaud.
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Au niveau du paysage, le Tribunal considère que les premiers coins concernés, comme la plaine de l’Orbe et le Gros-de-Vaud, sont des endroits déjà modifiés par l’activité humaine et sont susceptibles d’évoluer. Pour les sites légalement protégés, comme Petra Felix ou Romainmôtier, les juges retiennent que leur préservation n’exclut pas spécifiquement des éoliennes dans le radar, ou ne prévoit pas de zones tampons.

Au niveau de l’impact sur la faune (alouette lulu, bécasse des bois ou grand tétra), la cour relève que des zones de prime importance ne sont pas touchées – seulement des endroits de passage occasionnels ou potentiels – et que les mesures de compensation suffisent.

C’est le premier arrêt rendu depuis que la conseillère d’État Béatrice Métraux, dont le parti est notoirement divisé sur la question éolienne, est aux commandes du Département de l’environnement et de l’énergie. Elle ne commente pas la procédure et le dossier en cours, sujet à recours.

Et il se prépare. Jean-Marc Blanc, secrétaire général de Paysage-Libre Vaud soupire. «C’était attendu. Nos arguments n’ont simplement pas été entendus. Les juges valident un projet qui aura une visibilité énorme, sans étude complémentaire. On sent dans le discours fédéral que Berne revoit sans cesse ses objectifs d’énergie éolienne à la baisse. Tandis que Vaud fait pour ainsi dire cavalier seul.»