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États-UnisLe virus plonge Mickey et ses salariés dans la sinistrose

Comme d’autres parcs d’attractions américains, Disneyworld paie très cher la note du Covid-19. Reportage à Kissimmee, dans la banlieue d’Orlando.

Jeremy Haicken, président d’un syndicat de Disney, organise depuis le mois de mai une distribution de colis alimentaires pour les salariés au chômage.
Jeremy Haicken, président d’un syndicat de Disney, organise depuis le mois de mai une distribution de colis alimentaires pour les salariés au chômage.
Anaïs Renevier

La rue s’appelle «voie des Sept nains», en hommage au dessin animé Blanche-Neige. C’est l’endroit qu’un mendiant a choisi pour tenter d’obtenir un dollar auprès des conducteurs à l’arrêt. «Ils sont de plus en plus nombreux à faire la quête dans la rue», commente Barbara Austria, au volant de son pick-up. Cela fait plusieurs années qu’elle aide les personnes dans le besoin de Kissimmee, en Floride. Elle n’a jamais reçu autant d’appels sollicitant de la nourriture ou un soutien financier.

Depuis quelques mois, elle parcourt tous les jours l’artère principale de la ville, qui regroupe des dizaines de motels, à quelques kilomètres du plus grand parc d’attractions au monde: Disneyworld. Tous affichent avoir des chambres disponibles, leurs parkings semblent déserts. À l’exception de quelques-uns. Au volant de son pick-up, Barbara s’engouffre sur le parking du Travelodge. Ici, plusieurs dizaines de chambres sont louées. Quelques indices laissent deviner le profil des occupants: un barbecue devant une porte-fenêtre, des résidents qui se promènent en pantoufles dans les couloirs de l’hôtel: ils ne sont pas là pour des vacances.

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