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Portrait de Luc KonradLe voyageur immobile quitte sa cabine

Le projectionniste lausannois va découvrir l’entracte de la retraite après avoir passé plus de trente ans dans les salles obscures.

Luc Konrad dans sa cabine de Malley Lumières.
Luc Konrad dans sa cabine de Malley Lumières.
Odile Meylan

Déserté en ces temps pourris par le coronavirus, le multiplexe de Prilly Lausanne prend des airs de cimetière aux éléphants. Aux murs s’accrochent les affiches de films qui attendent encore une incertaine heure de gloire. Dans l’entrée, une Wonder Woman en 3D semble une poupée dérisoire face aux éléments déchaînés contre le septième art. Une fois par semaine pourtant, Luc Konrad vient surveiller en maître des machines. Histoire d’être prêt pour la reprise. Même s’il va bientôt quitter les lieux.

«La retraite? Je n’aime pas y penser, je ne projette rien.» Le comble pour un projectionniste, non? Le Lausannois répond d’un sourire ironique. Dans son job, la discrétion et le silence posent en qualités indispensables. «Difficile de lui trouver un défaut, c’est lui qui tient la baraque, glisse Jean-Daniel Cattaneo, son boss depuis trente ans.» Déjà que le métier coule dans ses veines.

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