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Exotisme en Suisse (33/41)Le Winkelried du téléphérique a sorti le Cabrio de son chapeau!

Afin de réinventer l’attrait de son sommet, Jürg Balsiger a eu l’idée de créer une cabine avec un toit panoramique. Une prouesse technique qui symbolise le savoir-faire helvétique.

Le téléphérique «cabriolet» du Stanserhorn offre une expérience unique au monde et une vue à couper le souffle sur le lac des Quatre-Cantons aux passagers juchés sur ton toit. Il symbolisant aussi le savoir-faire helvétique dans le transport par câble.
Le téléphérique «cabriolet» du Stanserhorn offre une expérience unique au monde et une vue à couper le souffle sur le lac des Quatre-Cantons aux passagers juchés sur ton toit. Il symbolisant aussi le savoir-faire helvétique dans le transport par câble.
JOTTERAND

Bien souvent, les escapades proposées dans les pages d’été sont aussi belles qu’hors de prix. Celle qui mène aux racines du pays, à Stans, commence par un geste typiquement suisse pour ne pas se ruiner: l’achat d’une carte journalière CFF au guichet de l’administration communale, laquelle se mue en agence de voyages pour l’occasion, ce qui est déjà une aventure!

Il ne faut donc débourser qu’une quarantaine de francs pour s’offrir six heures de train depuis Lausanne afin de voir «la bête»: le fameux téléphérique cabriolet du Stanserhorn, pour l’heure unique au monde et mentionné dans toutes les revues internationales qui scrutent les innovations touristiques depuis sa mise en service en 2012. Il fait à la fois la fierté de la région mais aussi de l’industrie helvétique, puisqu’il symbolise son savoir-faire dans le domaine du transport par câble, même si le constructeur Garaventa bat désormais pavillon autrichien.

Pour connaître toute l’histoire de cette «petite» station de montagne du canton de Nidwald, il faut aller à la rencontre de Jürg Balsiger, ce… Bernois qui dirige l’attraction en père de famille depuis 23 ans. C’est en effet lui qui a convaincu les habitants, la commune, le canton et la Confédération – plus Suisse tu meurs – de débourser près de 30 millions de francs pour faire passer «son» Stanserhorn de l’ombre à la lumière en inventant le Cabrio! «Pour contrer le problème du vent qui est très présent dans notre vallée et qui nous obligeait trop souvent à fermer, j’ai imaginé avec un ami ingénieur une cabine qui serait portée par des câbles non plus au-dessus de la «gondole» mais sur les côtés. Avec cette technique m’est apparue l’idée d’exploiter le toit et l’aventure part de là!»

Simplicité garantie

Jürg Balsiger, directeur du Stanserhorn depuis 23 ans, est à l’origine du téléphérique cabriolet d’une station qu’il dirige «en père de famille».
Jürg Balsiger, directeur du Stanserhorn depuis 23 ans, est à l’origine du téléphérique cabriolet d’une station qu’il dirige «en père de famille».

Reste alors à convaincre: le conseil d’administration, les actionnaires et… le fabricant Garaventa, symbole du savoir-faire rouge à croix blanche qui s’exporte dans le monde entier. «Au début, ils auraient préféré qu’on se serve dans leur catalogue, mais ils se sont pris au jeu et c’est désormais notre installation qui figure en première page de leurs visuels!» sourit Jürg, un patron qui salue presque chaque visiteur, remet les plateaux du restaurant à leur place et prend des nouvelles de chaque employé qu’il croise en chemin. «Nous poursuivons l’objectif d’être l’attraction la plus sympathique du pays et cela ne nous demande pas beaucoup d’efforts. La culture des gens d’ici est de se dire encore bonjour quand on se croise dans notre petite ville.»

À l’ombre de Lucerne

Accéder au sommet et à son restaurant tournant n’est pas davantage exigeant. Il suffit d’emprunter le petit funiculaire en bois – un bijou – avant de se présenter face au fameux Cabrio. Tout le monde ne peut pas monter sur le pont et les amateurs de sensations fortes en seront pour leurs frais. Pas de secousses, rien, juste un panorama (l’expression «à couper le souffle» n’est ici pas galvaudée…) compris entre le Pilatus et le Rigi qui se dévoile dans toute sa splendeur, avec ses dix lacs vantés par les guides qui attendent les visiteurs à l’arrivée. Chapeau de «ranger à l’américaine» vissé sur la tête, une touche de folklore en prime, Markus Truttmann est l’un d’eux: «Nous sommes seize bénévoles à nous relayer et c’est un pur plaisir que de promouvoir sa région, surtout quand c’est la plus belle du monde! Le Stanserhorn a pris une dimension importante au fil des années et les habitants en sont fiers. Nous ne souhaitons pas un tourisme de masse car nous aimons échanger avec les gens et leur présenter notre environnement.» Qui n’est pas la destination la plus connue, puisque la mention «Luzern» orne tous les gadgets promotionnels, mondialisation oblige.


Guide bénévole, Markus Truttmann attend chaque jour les visiteurs au sommet du Stanserhon pour en délivrer les secrets.

Guide bénévole, Markus Truttmann attend chaque jour les visiteurs au sommet du Stanserhon pour en délivrer les secrets.
JOTTERAND

En attendant James Bond

Personne ne sait vraiment en effet que 2000 employés travaillent à la fabrication des avions Pilatus à Stans, petite ville qui se targue d’avoir vu naître le fameux Arnold Winkelried. C’est un peu dans l’esprit du héros national de la bataille de Sempach que Jürg Balsiger essaie de faire rayonner sa station, histoire de ne pas rester dans l’ombre des deux «vedettes» que sont le Rigi et le Pilatus voisins. «Avant le Cabrio, nous recevions 120 000 visiteurs par an; nous en avons ajouté 60 000 depuis, preuve de l’attrait de ce téléphérique qui nous vaut à chaque fois d’être classé parmi les plus funs du monde dans les revues internationales. Il ne me manque plus qu’un tournage de James Bond sur nos installations pour combler tous mes rêves. On ne sait jamais!»

Il faut d’abord emprunter le petit funiculaire en bois qui permet d'atteindre le téléphérique Cabrio du Stanserhorn.
Il faut d’abord emprunter le petit funiculaire en bois qui permet d'atteindre le téléphérique Cabrio du Stanserhorn.
JOTTERAND

En attendant une cascade de l’agent 007, le projet sur la table est de reconstruire totalement le bâtiment qui a été rafistolé au fil des ans pour tenir son rang et continuer de séduire dans un secteur du tourisme qui est passé du plein essor à une fragilité qu’il ne se connaissait plus. «À l’époque, notre sommet avec sa vue inouïe attirait des Anglais et des Allemands fortunés pour plusieurs semaines jusqu’à ce que la foudre n’en fasse qu’un tas de cendres une nuit de 1970. Aujourd’hui, il faut se battre chaque jour faire monter les gens quelques heures.» Et les faire revenir encore dans ce petit coin de paradis qui a su garder sa taille humaine.

Info pratique: Aller/retour (funiculaire+Cabrio): Frs. 74.- avec l’abonnement demi-tarif mais compris dans le prix de l’abonnement général ou des cartes journalières délivrées par les communes.