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L’invitéL’échec programmé d’AVS 21 en votation populaire

René Knüsel analyse les options proposées par Berne en matière de retraites.

Le projet AVS 21 a fait l’objet d’un examen au Conseil des États, qui a confirmé les grandes options proposées par le Conseil fédéral.

La priorité des élus à la Chambre haute est clairement l’équilibre financier d’une institution dont le «naufrage» est annoncé périodiquement, mais qui ne s’est jamais vérifié. Des mesures ont été régulièrement prises pour éviter que le système en répartition – les cotisations encaissées couvrent les dépenses sur un an – ne dysfonctionne.

Pour que cette répartition remplisse sa mission, il faut que les cotisations prélevées représentent un volume comparable aux rentes à verser. Or le rapport entre personnes actives et celles à la retraite s’est dégradé: un peu plus de trois salariés pour une personne à la retraite actuellement. Ce rapport était de six pour un en 1948. Mais, attention, cet indicateur masque l’évolution des revenus par salarié. Moins de salariés certes, mais des revenus plus importants.

«Il serait faux de considérer que l’AVS est un tonneau des danaïdes, un puits sans fond.»

Par ailleurs, le contexte actuel est particulier en raison de la croissance exceptionnelle du nombre de bénéficiaires. L’arrivée de la génération des baby/papy boomers, personnes nées entre les années 1954 et 1964, va mettre le système AVS à forte contribution. Ce phénomène connaîtra son pic en 2029. À partir de là, le nombre de nouveaux retraités va se stabiliser, puis baisser. Il serait faux de considérer que l’AVS est un tonneau des danaïdes, un puits sans fond.

Il faut néanmoins combler un déficit de contributions qui va solliciter le fonds de réserve. L’OFAS estime la croissance des besoins, d’ici à 2030, à un montant de 26 milliards de francs.

Ce chiffre est considérable mais supportable par notre pays. Le débat est financier mais davantage encore politique. Les propositions avancées visent des objectifs à court terme tout en évaluant les risques de résistance au sein de la population.

Égaliser l’âge donnant accès à la retraite, en haussant d’abord celui des femmes, semble politiquement jouable pour la majorité du parlement, alors que cette solution a été repoussée par deux fois en votation populaire. La nouvelle hausse de la TVA devrait aussi mobiliser les opposants de droite.

Deux mesures à prendre

La solution au déséquilibre financier prévu pour la présente décennie réside plutôt dans un renforcement de deux mesures. La première passe par une contribution accrue des fonds publics. Une participation supplémentaire des caisses fédérales serait moins injuste que l’augmentation de la TVA qui frappe inégalement les consommateurs.

La seconde piste concerne les cotisations, qui doivent être augmentées. La récente adaptation se révèle en effet nettement insuffisante. Cette nouvelle ponction salariale bénéficiera aux cotisants actuels par l’allongement de la durée des prestations attendue avec celui de l’espérance de vie.

8 commentaires
    Gaston Lagaffe

    Effectivement, l'espérance de vie va bientôt diminuer. Pour preuve, l'espérance de vie en bonne santé a déjà commencé à diminuer en 2012 !!! En 2012, elle tournait autour de 68 ans. En 2017, elle se situait entre 58 et 61 ans selon le sexe. Soit une baisse de 10 ans (source : wikipedia). L'espérance de vie tout court va logiquement prendre la même direction avec un peu de retard. Pour ceux qui naissent aujourd'hui, voir des centenaires sera une chose extrêmement rare !