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L’invitéL’égalité des chances, pour la cohésion sociale

Ihsan Kurt plaide en faveur d’une meilleure représentation de la population d’origine étrangère au sein des autorités communales.

En mars 2021 auront lieu les élections communales vaudoises. Les étrangers résidant dans le canton depuis dix ans peuvent voter, élire et être élus. Hélas, selon les statistiques, leur taux de participation est trop faible par rapport à celui des autochtones. Cette participation est à peu près au même niveau que chez les jeunes Suisses: 25% environ.

Les recherches sociologiques prouvent que cette faible participation des migrants est liée au manque de connaissance de leurs droits, au système électoral compliqué, au fait qu’ils ne connaissent pas assez les candidats et surtout qu’ils ont de la peine à s’identifier avec les partis et leurs candidats.

«S’investir dans la base essentielle de la démocratie helvétique qu’est la politique communale»

Une démocratie moderne est une démocratie représentative et participative, dans laquelle l’égalité des chances est un principe essentiel. Conscientes de cette faible participation de la population migrante, qui représente 33% des habitants dans le canton et peut dépasser 50% dans certaines communes, les autorités cantonales réfléchissent afin de trouver des solutions à ce problème de démocratie.

Le Bureau cantonal pour l’intégration et la prévention du racisme (BCI) et la Chambre cantonale consultative des immigrés (CCCI), en collaboration avec la Direction des affaires communales et des droits politiques, ont élaboré deux flyers pour que la population soit informée et puisse s’investir dans la base essentielle de la démocratie helvétique qu’est la politique communale. Un de ces documents, destiné aux institutions vaudoises, présente un panel non exhaustif d’informations et d’outils pratiques pour informer au mieux la population. Le second est destiné aux électrices et électeurs afin de les inciter à s’engager et à voter.

La participation politique des migrants et des jeunes préoccupe les partis politiques de toutes couleurs, qui sont d’ailleurs, ces jours-ci, dans la phase de préparation de leurs listes pour les élections des Exécutifs et Législatifs. Pourtant la solution est simple: davantage de démocratie. La participation politique nécessite une réelle représentation. Les acteurs politiques devront tenir compte de manière courageuse et démocratique de ce problème, non pas seulement pour remplir les sièges des parlements communaux, mais aussi pour assurer une réelle représentation de la population allogène dans les Exécutifs.

Au-delà des candidatures alibi

Il faut reconnaître qu’il y a un véritable problème de sous-représentation dans les 309 communes vaudoises. Comme tous les électeurs et électrices, les migrants aussi s’identifient avec les partis comme avec les candidates et les candidats. Après trois expériences législatives, c’est le moment de dépasser les candidatures alibis sur les listes électorales.

La cohésion sociale, ce n’est pas juste nourrir les estomacs, mais c’est aussi nourrir les besoins identitaires et de reconnaissance, aussi essentiels que du pain et de l’eau pour les individus. Et pour ce faire, il faut juste une démocratie, participative, pluraliste et sociale.

3 commentaires
    Jacques Gaillard

    Désolé, le flyer est fort minable: il fait tout ce qu'il ne faut pas faire, deux exemples. La couleur: bordeaux clair indéfinissable. Les jeunes préfèrent les couleurs "flashy": orange, bleu, vert phosphorescent.

    Et cette mode d'une vingtaine d'années maintenant: le "jejoiement". "J'en profite!", "Voter est mon droit, je n’y renonce pas!". Qu'est-ce que c'est que cette psychologie de Café du Commerce?

    Si vous demandez à un client ou à un citoyen quels sont les trois points qu'il aime voir traités, la réponse est: 1) moi, 2) moi, 3) moi. Donc il convient de s'adresser au client ou au citoyen en lui parlant de lui: "vous", "vous", "vous", ou "tu", "tu", "tu".

    Le "je" a dû être inventé par quelques publicitaires en mal de se démarquer par rapport à leur propre concurrence, sur un coin de table à la cuisine. J'entends d'ici les commentaires: "ah ouaaaiiis", "géniaaaal", "on s'infiltre littéralement dans le cerveau des gens". Foutaises, mais c'est une mode, inefficace, mais tellement tendance.