Législatives anticipées en FranceMacron exclut de démissionner «quel que soit le résultat»
Alors que la droite se divise sur une alliance avec l’extrême droite, le chef de l’État, dont la conférence de presse se fait attendre, a balayé l’hypothèse d’une démission.

Emmanuel Macron joue la montre. Sa conférence de presse, initialement annoncée mardi après-midi, se tiendra finalement mercredi à la mi-journée, a fait savoir l’Élysée.
Le président français y indiquera «l’orientation qu’il croit juste pour la Nation», à seulement 18 jours du premier tour de la plus courte campagne législative dans l’histoire de la Ve République. En attendant, «la clarification politique appelée de ses vœux dimanche par le président de la République est actuellement à l’œuvre», a souligné la présidence, et «les forces républicaines d’un côté, les forces extrémistes de l’autre se positionnent».
«J’y vais pour gagner», a fait savoir le chef de l’État au Figaro magazine, excluant de démissionner «quel que soit le résultat» du 7 juillet.
De son côté, Gabriel Attal, discret depuis l’annonce de la dissolution, s’exprimera mardi au 20 h 00 de TF1. Plusieurs cadres de la majorité souhaitent qu’il soit en pointe dans la campagne plutôt qu’Emmanuel Macron dont l’impopularité a déjà été lourdement sanctionnée aux Européennes.
Les Républicains sont divisés
Nouveau rebondissement: deux jours après la dissolution de l’Assemblée nationale et la convocation de législatives anticipées, Éric Ciotti a défendu mardi un accord avec le RN au risque de l’implosion des Républicains, tandis que l’ombre de Jean-Luc Mélenchon plane sur le nouveau Front populaire, en attendant la conférence d’Emmanuel Macron reportée à mercredi.
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«Nous avons besoin d’une alliance (…) avec le Rassemblement national», a affirmé M. Ciotti au 13 h 00 de TF1, estimant que «le pays n’a jamais été autant à droite» et souhaitant que «tous les députés LR sortants s’allient avec le RN pour préserver un groupe puissant à l’Assemblée nationale».
Une initiative aussitôt désavouée par le chef des députés LR, Olivier Marleix, pour qui le député de Nice «doit quitter la présidence» du parti. Son homologue au Sénat Bruno Retailleau l’a accusé d’avoir «menti» et «trahi» son parti par «déloyauté» tandis que le président du Sénat Gérard Larcher a prévenu qu’il «n’avalisera jamais, sous aucun prétexte, un accord avec le RN».
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Malgré une avalanche d’appels à la démission au sein de son parti, M. Ciotti, qui semble isolé parmi les cadres LR, a martelé qu’il «ne cèdera pas» aux pressions et que «seuls les militants pourraient (lui) enlever son mandat».
En franchissant le Rubicon d’une alliance avec l’extrême droite, le patron des Républicains a déclenché un torrent d’indignation bien au-delà de son camp. «Éric Ciotti signe les accords de Munich et enfonce dans le déshonneur la famille gaulliste», a ainsi réagi le ministre de l’Intérieur Gérald Darmanin. «Éric Ciotti vient d’assassiner la droite républicaine», a renchéri la présidente de l’Assemblée nationale, Yaël Braun-Pivet.
«Clarification politique»
À l’inverse, Marine Le Pen a salué «le choix courageux» et «le sens des responsabilités» du président des Républicains, et espéré «qu’un nombre conséquent de cadres LR le suivent». Même satisfaction chez Jordan Bardella, ravi que M. Ciotti ait répondu à son «appel au rassemblement».
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Le matin même, le chef de file du RN pour les législatives du 30 juin avait assuré sur RTL que le parti à la flamme soutiendrait des candidats «issus des Républicains» afin de «bâtir une majorité la plus large possible».
Une union des droites déjà esquissée la veille lors d’un entretien avec Marion Maréchal. Mais, rebondissement mardi, la nouvelle eurodéputée a déploré «un changement de position» du RN qui «refuse le principe même d’un accord» avec Reconquête pour ne pas être, selon elle, «associé» à Éric Zemmour. Alors même que, sur X, Éric Zemmour a évoqué son «enthousiasme de voir la France réaliser enfin ce grand rassemblement»…
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Tractations à gauche
Devant les députés Renaissance mardi, le premier ministre Gabriel Attal a promis de s’engager «pour éviter le pire» et a jugé «révoltant» que les socialistes veuillent «construire un accord» avec La France insoumise.
Les quatre principaux partis de gauche (LFI, PS, Écologistes, PCF) ainsi que le mouvement Place publique de Raphaël Glucksmann et Générations, ont en effet trouvé un terrain d’entente lundi soir et appelé à «des candidatures uniques dès le premier tour» des législatives le 30 juin.
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Les tractations ont repris mardi matin, pour affiner un programme commun et répartir les 577 circonscriptions. Mais le choix d’un chef de file reste en suspens. En tout cas, «ce ne sera clairement pas Jean-Luc Mélenchon», a estimé M. Glucksmann, excluant également d’être lui-même chef de gouvernement pour mieux suggérer le nom de l’ex-secrétaire général de la CFDT, Laurent Berger, fer de lance du mouvement contre la réforme des retraites l’an dernier.
Le cas Mélenchon, accusé notamment d’ambiguïtés sur la question de l’antisémitisme, crispe aussi les chefs de partis, à l’instar du socialiste Olivier Faure, qui a estimé sur TF1 qu’«il n’y a pas de logique» à ce que le leader insoumis «soit le candidat» de la gauche pour Matignon.
«Il n’était pas dans les discussions» lundi soir, a souligné le communiste Fabien Roussel sur France 2, ajoutant que les partis sont «en train de construire autre chose». A priori sans Jean-Luc Mélenchon, dont «la question n’est pas consensuelle dans cet accord», a reconnu l’écologiste Sandrine Rousseau sur LCI, évoquant elle aussi l’option Laurent Berger, mais aussi celle du franc-tireur insoumis François Ruffin.
Tous sont quoi qu’il en soit pressés par le temps: les candidatures devront être déposées entre mercredi et dimanche, alors que la campagne électorale pour le premier tour débutera lundi prochain.
AFP/Laura Manent/Myrtille Wendling
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