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L’invitéL’Église écartelée entre ses diverses fidélités

«Déchirée entre la Parole et le monde, et dans une situation très difficile à gérer.»

7 commentaires
    Frederic

    En inscrivant l'Église dans la destinée de tout mode de production, vous nous rappelez le cruel destin des institutions et les souffrances des derniers exercices comptables.

    Devenue par bien des aspects une coquille vide, chrysalide témoignant de l’envol du progrès réifié dans l’aliénation capitaliste, l’Église a pourtant été le génial artisan de la fabrique de Dieu. Elle a accompagné la déchirure de l’humanité passant des communautés de l’être aux sociétés de l’avoir dans un temps où l’histoire ne pouvait s’incarner en une compréhension objective, déplaçant les causes hors la matérialité concrète dans les structures externes que sont les anges et les démons. Dans le mouvement de l’assemblée vers l’institution, l’Église pose les bases de la division du travail par son mode de production du savoir et institue la personne morale par ses mécanismes de reproduction échappant à la filiation biologique (la plupart du temps…). Son rôle séculaire aura façonné notre modernité en renforçant le goût de l’amertume chez certains (la droite) ou en aiguisant, pour d’autres, les appétits pour la téléologie (la gauche).

    Mais, nonobstant les aléas de tout véhicule terrestre, elle porte en son sein l’arsenal nucléaire de la radicalité de l’être qui ne saurait demeurer enfermée, ni souffrir aucun parc propriétarien de domestication. La Parole est le monde dans son auto-mouvement d’éternité.