5 idées technologiques qui aident la planète

Alors que l'ONU chiffre les dégâts causés à la planète par l'homme, des outils high-tech se chargent de préserver la nature.

Rainforest Connection est une start-up qui cache en forêt de vieux smartphones alimentés par des panneaux solaires afin de prévenir la déforestation sauvage.

Rainforest Connection est une start-up qui cache en forêt de vieux smartphones alimentés par des panneaux solaires afin de prévenir la déforestation sauvage. Image: DR, Aivan Oy

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La planète va mal. On le sait, mais un rapport alarmant sur la biodiversité, délivré le mois passé par l’ONU, vient le confirmer en détail. Selon celui-ci, 75% de l’environnement terrestre et 66% de son pendant marin ont été «gravement altérés» par les activités humaines. Sur les 8 millions d’espèces animales et végétales répertoriées, un million sont aujourd’hui menacées d’extinction.

Les principaux coupables, on les connaît: la déforestation, l’agriculture intensive, la surpêche ou encore l’urbanisation galopante. Mais la technologie a aussi sa part de responsabilité dans l’affaire, ne serait-ce qu’en prenant en compte les conséquences nocives et destructrices de l’extraction des métaux rares nécessaires à la fabrication de la plupart des produits électroniques.

Selon l’ONU, des «changements profonds» de société sont aujourd’hui nécessaires pour ralentir ces effets néfastes et réparer la nature. Alors, quand la technologie se propose de corriger le tir, il convient de le signaler. Voici quelques exemples d’applications, de start-up ou encore de produits qui veulent nous aider à changer nos mauvaises habitudes de consommation, à améliorer le monde de demain ou simplement nous renseigner sur la qualité de notre environnement.

De vieux smartphones contre la déforestation illégale

Tout a commencé en 2011, au moment où Topher White faisait du bénévolat dans une forêt en Indonésie. Il comprend alors que le vacarme naturel de la faune locale est tel que des bûcherons illégaux pouvaient abattre des arbres à quelques dizaines de mètres des gardes forestiers sans que ceux-ci ne s’en rendent compte. Pour lutter contre cette déforestation sauvage, il a l’idée de fonder Rainforest Connection, une start-up qui se charge de cacher au sommet des arbres de vieux smartphones couplés à de petits panneaux solaires pour assurer leur autonomie, leurs micros captant les sons environnants. Si parmi ceux-ci il y a le bruit d’une tronçonneuse, une alerte géolocalisée est automatiquement donnée aux gardes forestiers. Aujourd’hui, Rainforest Connection s’est associée à une entreprise de machine learning capable d’analyser le son émis par les oiseaux, au moment où les bûcherons arrivent, pour devancer les coups de tronçonneuses. Sur l’application dédiée, Rainforest Connection, on peut non seulement faire des dons, mais aussi écouter, les sons de la forêt.

Un casque fait de champignons et de levure

Un casque audio composé d’éléments entièrement recyclables? Ça existe… en tout cas au niveau du concept. On le sait, les produits high-tech, avec leur plastique et leurs métaux précieux issus de l’extraction minière, sont un désastre pour l’environnement. Sans compter l’obsolescence programmée. C’est pour lutter contre ce système qu’Aivan, un studio de design finlandais, a conçu Korvaa, un casque biodégradable composé de matériaux naturels. Sa structure principale (arceau et coques) est constituée d’un bioplastique composé d’acides lactique et de levure. Quant aux écouteurs, ils sont faits d’une mousse créée à partir de cellulose végétale et recouverts de mycélium, appelé aussi blanc de champignon. Ne manque que les câbles et les transducteurs pour en faire un engin fonctionnel. Car Korvaa n’est malheureusement encore qu’un concept de casque le plus naturel possible. L’objet sera présenté en septembre dans deux salons du design en Finlande, à Helsinki et à Fiskari.

L’appli qui surveille la qualité de notre environnement

Pour vérifier si notre environnement est sain ou non, il y a Meersens, une application gratuite proposant une cartographie complète, et en temps réel, des polluants auxquels on peut être confrontés – particules dans l’air, allergènes, ondes d’antennes de télécommunication, rayons UV, bruits nocifs – mais aussi la qualité de l’eau potable. Pour l’instant, elle fournit un «indice de risque» (accompagné de solutions, afin de le faire baisser) basé sur deux facteurs: les données fournies par les villes et les alertes lancées par les utilisateurs à travers la communauté. D’ici à la fin de l’année, ceux-ci seront complétés par les chiffres de la mBox, une boîte personnelle (payante) rassemblant divers capteurs environnementaux capables de réaliser des mesures localisées et plus précises. L’application offre aussi la possibilité de scanner le code-barres de près de 1,6 million de produits, afin de savoir s’ils contiennent des allergènes, des additifs ou d’autres ingrédients nocifs, et délivre des informations nutritionnelles. Au dernier CES de Las Vegas, Meersens a décroché un Innovation Award dans la catégorie Tech for Better World. Pas encore de prix annoncé.

Un pommeau de douche connecté

Comment gérer sa consommation d’eau sous la douche de manière ludique? Hydrao Aloé, conçu par une start-up française, est un pommeau de douche équipé de leds de couleurs, qui se substitue aisément à n’importe quel modèle existant. Trois jets différents sont proposés. Avant de l’utiliser, on commence par prendre une douche de référence, qui va servir à calculer le nombre de litres d’eau habituellement consommé.

Sur cette base, l’application dédiée (IOS et Androïd) propose alors de réduire la consommation de liquide en rendant l’utilisateur attentif aux seuils de consommation que l’on dépasse (10, 20, 30, 40 et 50 l), cela en variant la couleur des leds (alimentés par une microturbine interne). Les couleurs de référence peuvent être définies à travers l’application.

L’idée est de permettre à toutes les personnes qui cohabitent sous le même toit de prendre conscience de l’usage qu’elles font de la douche et, ainsi, de gaspiller le moins possible d’eau (et d’électricité pour la chauffer), l’application calculant les économies réalisées et affichant la consommation globale. On regrette seulement une chose: qu’il ne soit pas possible de créer des profils d’utilisateur pour savoir qui consomme quoi exactement.

Le big data pour surveiller la pêche mondiale

La pêche illicite, qui pille les ressources de la mer, est un fléau mondial. Lancé par Google et deux ONG, en 2016, Global Fishing Watch est un site (globalfishingwatch.org) qui propose une cartographie en temps quasi réel de la localisation des bateaux de pêche du monde entier. Il suffit de zoomer sur une zone pour voir le nombre de chalutiers, et de cliquer pour les identifier. Des ronds dans l’eau indiquent un thonier, des zigzag un palangrier… Un algorithme permet de savoir si le bateau est en train de pêcher, de se déplacer, s’il a dépassé ses quotas, s’il est dans une zone légale, ou pas… Associé à Google, à l’origine du projet on retrouve des acteurs comme Skytruth, un lanceur d’alerte qui surveille les ressources naturelles menacées grâce aux images satellites, Oceana, un des plus puissants lobbys environnementaux américains, ou encore le comédien Leonardo DiCaprio, militant de longue date de la cause environnementale. Depuis 2012, 65 000 navires et leurs mouvements ont été répertoriés. Mais l’objectif de l’association est d’atteindre rapidement les 300 000 bateaux, soit 75% de l’effort de pêche mondial.

Créé: 18.06.2019, 11h37

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