L’accès haut débit à Internet sur les vols européens arrive dès cet été

Conjuguant satellite et antennes au sol, cette technologie annonce la fin prochaine des systèmes de divertissement classiques et représente un vrai pactole pour les compagnies.

Selon American Airlines, dont les vols intérieurs longue distance bénéficient déjà d’une connexion wi-fi à Internet, seul un passager sur dix utilise encore les écrans encastrés dans les sièges des avions.

Selon American Airlines, dont les vols intérieurs longue distance bénéficient déjà d’une connexion wi-fi à Internet, seul un passager sur dix utilise encore les écrans encastrés dans les sièges des avions. Image: izusek/Getty Images

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Profitez bien des écrans incrustés dans le dos des sièges des avions, ils ne seront bientôt peut-être plus qu’un souvenir. Cette technologie est lourde, au propre comme au figuré: son poids joue dans la consommation en kérosène et son intégration au moment de la construction des appareils représente le troisième poste de coûts pour les avionneurs. Autant dire que ses jours sont comptés. Selon American Airlines, seul un passager sur dix utilise ces écrans embarqués, mais le cas américain est particulier: la connexion wi-fi à Internet sur les vols intérieurs longue distance est une réalité depuis longtemps: 80% des passagers en bénéficiaient en 2017. C’est loin d’être le cas en Europe, où la connexion en vol constitue l’un des derniers trous noirs de la connectivité.

Ce sera bientôt du passé. Inmarsat, l’entreprise britannique de téléphonie satellitaire, est en train d’achever la mise en place du réseau EAN (European Aviation Network), destiné à assurer en vol un service Internet de haut débit pour tous les vols court et moyen-courriers intra-européens. «Il placera l’Europe en tête de l’innovation en matière de connectique dans l’aviation», précise Frederik van Essen, senior vice-président d’Inmarsat Aviation. Le réseau EAN garantit du haut débit grâce au couplage entre signal satellite et antennes au sol relayant de la 4G. Le satellite d’Inmarsat ne pouvait en effet garantir à lui seul la connexion de qualité, surtout au-dessus des zones très denses comme les hubs de Londres ou Francfort. Son partenaire Deutsche Telekom assure la mise en place de 300 antennes réparties dans les 28 pays de l’Union européenne, plus la Norvège et la Suisse. «En Suisse, elles sont installées sur le Monte Generoso (TI), à Loveresse (BE) et sur le Säntis, côté saint-gallois, à 2500 mètres, ce qui en fait la plus haute antenne du réseau EAN», précise la chargée de communication Sylvia Braunle. L’Office fédéral de la communication confirme pour sa part être en discussion avec Inmarsat pour les conditions d’utilisation de ces antennes.

Swiss et EasyJet intéressées

Dès cet été, le groupe IAG mettra en service l’accès wi-fi haut débit, d’abord sur British Airways, puis Iberia. EasyJet est sur les rangs: «Nous sommes en pourparlers avec différentes sociétés proposant ce type de solution, confirme la compagnie. Il n’est plus question de savoir si nous comptons proposer un accès Internet à bord des avions, mais quand.» Pour sa part, Swiss étudie cette offre qu’elle juge «intéressante», et rappelle qu’elle propose déjà un accès Internet sur ses vols long-courriers, payant (offre graduelle de 9 fr. pour 20 MB jusqu’à 59 fr. pour 220 MB). des tarifs similaires à ceux affichés par la plupart des compagnies sur les long-courriers. Cependant, ces connexions, assurées souvent seulement par satellite (au-dessus des océans ou des régions très peu peuplées notamment), ont la fiabilité et le débit d’une borne wi-fi publique, avec coupures ou baisses de régime possible. La couverture assurée par EAN, équivalent à une connexion haut débit à domicile, «permettra aux passagers d’utiliser leurs terminaux (tablettes, ordinateurs, smartphones, etc.) pour surfer sur Internet, visionner des vidéos en streaming, faire des jeux et accéder à tout type de service», ajoute Frederik van Essen.

Ruée vers l’or

L’ouverture des cabines au haut débit sera synonyme de «ruée vers l’or» dans les prochaines décennies, prédit le Financial Times, citant une étude de la London School of Economics qui estime à 130 milliards de dollars le chiffre d’affaires global du secteur en 2035, dont 30 milliards rien que pour les «revenus ancillaires» des compagnies aériennes, ces gains accessoires (hors prix du billet) tels que location des sièges ou restauration payante. Ils seront assurés par les prix facturés aux passagers pour bénéficier du wi-fi en vol, par les services d’e-commerce et, point non négligeable, par l’accès offert aux annonceurs à une clientèle captive. De ce point de vue, l’espace aérien européen, le plus dense du monde, avec 22 500 vols par jour et 500 millions de passagers par an (chiffres du cabinet CCS Insight), a des allures d’Eldorado.

Selon Deloitte, ces packages d’accès Internet en vol pourraient rapporter un milliard de dollars cette année déjà, même si un seul passager sur dix payait ce service. Un retour bienvenu sur un investissement conséquent: il en coûte jusqu’à plusieurs centaines de milliers de francs par avion pour les équiper d’antennes et de serveurs capables de les relier au réseau EAN (TDG)

Créé: 21.04.2018, 23h00

L’Europe en tête de la connexion rapide en vol

L’EAN, ou European Aviation Network combine les relais assurés par le satellite d’Inmarsat et la puissance de 300 antennes au sol, développées par Nokia, installées dans toute l’Europe par Deutsche Telekom.

À partir d’une altitude de vol de 3000 m, la connexion satellitaire complète automatiquement la liaison avec les antennes terrestres. Contrairement à un mât d’antenne 4G classique, qui couvre une zone de quelques kilomètres, ces antennes EAN étendent leur activité sur un périmètre de 80 kilomètres environ, surface suffisante pour envoyer un signal radio à un avion volant à son altitude de croisière (10 000 m). Ce système est plus rapide et plus performant que «GX Aviation», aussi développé par Inmarsat, uniquement basé sur un réseau satellite, et en fonction sur Lufthansa, Austrian Airlines et Eurowings. L’antenne EAN de l’avion, fixée sous le fuselage, a été conçue par Thales, entreprise française de technologie militaire et spatiale. L’avion est également équipé d’un serveur et de plusieurs relais wi-fi dans la cabine.

Selon une prévision d’Euroconsult, 5470 appareils européens seront connectés en 2025, contre 455 en 2015.

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