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Cancer: «Ces traitements, c’est une révolution»

Interview de George Coukos, chef du Département d’oncologie UNIL CHUV, qui est à l’origine du bond prodigieux de l'immunothérapie dans l’arc lémanique.

George Coukos regrette qu’en Suisse les dons pour la recherche ne bénéficient pas d’autant d’incitations fiscales qu’aux États-Unis.
George Coukos regrette qu’en Suisse les dons pour la recherche ne bénéficient pas d’autant d’incitations fiscales qu’aux États-Unis.
Yvain Genevay

Vous êtes convaincu du fait que l’immunothérapie va fondamentalement transformer la prise en charge du cancer. Pourquoi?

On est aujourd’hui à un véritable point d’inflexion. On sait depuis cent ans déjà qu’un organisme humain a les moyens de se défendre face à l’agression du corps étranger qu’est une tumeur, via les anticorps qu’il produit. Il a fallu très longtemps pour confirmer scientifiquement cette hypothèse. C’est désormais chose faite, à différents endroits du monde, et aussi ici, via notamment l’essai clinique sur les mélanomes que nous menons au CHUV. Nous avons monté, grâce entre autres aux investissements du canton de Vaud, qui a donné 18 millions de francs, un labo très performant qui répond aux exigences les plus élevées du genre. Lorsque je suis arrivé à Lausanne, nous n’avions pas d’infrastructure adéquate, ni les équipes spécialisées. J’ai amené ma vision et mon savoir-faire, mais le soutien du canton, des équipes du CHUV et de l’UNIL ont permis de tout mettre sur pied très rapidement. Les contributions de l’Institut Ludwig sont également essentielles au succès de la mise en place de l’environnement nécessaire au développement de ces nouvelles technologies.

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