La candidature avortée de «Sion 2026» a coûté 6,3 millions

La facture du projet olympique était restée secrète depuis le refus des Valaisans dans les urnes. La Confédération va assumer un tiers de la somme totale.

En juin 2018, le peuple valaisan avait refusé (par 54% de «non») un crédit de 100 millions qui devait financer les infrastructures et la sécurité dans leur canton. Une décision qui avait condamné le projet suisse d’organiser les Jeux olympiques d’hiver en 2026.

En juin 2018, le peuple valaisan avait refusé (par 54% de «non») un crédit de 100 millions qui devait financer les infrastructures et la sécurité dans leur canton. Une décision qui avait condamné le projet suisse d’organiser les Jeux olympiques d’hiver en 2026. Image: Keystone

Signaler une erreur

Vous voulez communiquer un renseignement ou vous avez repéré une erreur ?

Accueillir les Jeux olympiques d’hiver 2026 en Suisse. Le projet, incarné par la candidature «Sion 2026» a pris fin en juin 2018. Le peuple valaisan a alors refusé le crédit de 100 millions de francs qui devait incomber au Canton. Un refus sonnant (53,98% de «non») et un échec trébuchant pour les défenseurs du projet.

«No comment» de la Confédération

Mais combien a coûté cette aventure avortée? Plus de seize mois après le vote fatidique, aucun bilan financier officiel n’a été publié. Seules quelques informations partielles ont été communiquées. Le conseiller d’État valaisan Frédéric Favre avait estimé la facture pour le Canton du Valais à un million de francs à l’automne 2018, assurant que les comptes seraient «bouclés pour la fin de l’année au plus tard». Il n’en a rien été.

Contacté, l’Office fédéral du sport a assuré que la facture n’était «pas encore disponible», car la «liquidation de l’association «Sion 2026» a pris plus de temps que prévu». «Nous attendons une réponse finale dans ces prochaines semaines.» Swiss Olympic s’est aussi refusé à tout commentaire, indiquant que les résultats financiers seraient connus avant fin 2019.

En recoupant différentes sources, nous sommes en mesure d’affirmer que 6,3 millions ont été injectés dans ce dossier infructueux. Pierre-Alain Cardinaux, directeur financier de Sion 2026, nous a confirmé le montant. «Nous avons été d’une extrême prudence, précise-t-il. Au même stade, aucune des autres candidatures en lice pour ces Jeux d’hiver n’avait dépensé aussi peu que Sion. De plus, il n’y a eu aucun coût supplémentaire après la votation.»

Le Vaudois précise que ces 6,3 millions se répartissent en trois tiers pour financer la promotion des Jeux, le dossier de faisabilité et les frais généraux liés (notamment) à l’informatique, aux loyers et aux salaires. «Ces dépenses ont apporté une valeur ajoutée, conclut Pierre-Alain Cardinaux. Les études techniques menées sur les différents sites ont servi et serviront encore.»

Selon les projections initiales, le dossier de candidature était estimé à 24 millions, si la Suisse allait jusqu’au bout de sa postulation. Des JO dans le pays auraient coûté 2,4 milliards de francs, en cas de succès final de la course olympique.

«C’est énorme pour un échec»

Du côté des détracteurs de «Sion 2026», cette somme interpelle. «C’est pratiquement le coût de la nouvelle Constitution valaisanne», rappelle Léonard Bender, membre du comité des opposants à cette candidature olympique. «C’est un montant énorme, surtout pour un échec, ajoute l’ancien président de la Société cantonale des ingénieurs et architectes. C’est la preuve que l’argent n’a pas suffi pour gagner cette campagne politique, ni pour cacher les faiblesses du projet.»

Calgary 2026 encore plus cher

Qui a payé quoi dans cette facture finale? Le montant a été équitablement divisé en trois entre la Confédération, le Comité olympique national (Swiss Olympic) et les autorités locales impliquées. Le Canton du Valais a effectivement payé près d’un million, alors que la ville de Sion a dépensé environ 300 000 francs. Parties prenantes du dossier, les Cantons de Vaud et de Berne ont sorti plus de 260 000, soit le double de Fribourg (130 000).

À titre de comparaison, l’échec de Calgary 2026 a coûté 16,3 millions de dollars canadiens (soit environ 12,22 millions de francs suisses). Le Conseil communal de la ville avait publié un rapport officiel en juin dernier déjà. «Au final, je pense que c’est de l’argent qui a été bien dépensé», avait conclu le maire Naheed Nenshi, sous les coups de vives critiques. Les Canadiens ont aussi été contraints de jeter l’éponge après un vote populaire qui s’était avéré négatif (56% de non). Calgary avait déjà accueilli les Jeux olympiques d’hiver en 1988.

Au final, seules l’Italie et la Suède étaient restées en course pour organiser les JO 2026. Le vote final avait eu lieu en juin dernier au SwissTech Convention Center de l’EPFL à Lausanne. Les membres du CIO ont privilégié sur le dossier transalpin en choisissant Milan et Cortina, aux dépens de Stockholm et Åre (47 voix contre 34).

Créé: 02.11.2019, 22h26

Articles en relation

La presse analyse le rejet de Sion 2026

Suisse La presse suisse voit dans l'échec de Sion 2026 la chute d'un projet qui ne devait bénéficier qu'à quelques privilégiés. Plus...

Sion 2026: les Valaisans disent «non»

Votation 10 juin Le Valais a dit «non» à la candidature sédunoise aux jeux olympiques. Villes et vallées ont rejeté le projet à près de 54%. Plus...

Publier un nouveau commentaire

Nous vous invitons ici à donner votre point de vue, vos informations, vos arguments. Nous vous prions d’utiliser votre nom complet, la discussion est plus authentique ainsi. Vous pouvez vous connecter via Facebook ou créer un compte utilisateur, selon votre choix. Les fausses identités seront bannies. Nous refusons les messages haineux, diffamatoires, racistes ou xénophobes, les menaces, incitations à la violence ou autres injures. Merci de garder un ton respectueux et de penser que de nombreuses personnes vous lisent.
La rédaction

Caractères restants:

J'ai lu et j'accepte la Charte des commentaires.

No connection to facebook possible. Please try again. There was a problem while transmitting your comment. Please try again.