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Claude-Inga Barbey chiffonne l’actu

L’humoriste, comédienne et chroniqueuse du «Matin Dimanche» nous parle de Manuela, ce personnage de femme de ménage qu’elle a imaginé pour raconter la vie intime des personnalités chez qui elle travaille.

Claude-Inga Barbey décortique avec un naturel déconcertant l’actualité dans une nouvelle série vidéo intitulée «Olé!»
Claude-Inga Barbey décortique avec un naturel déconcertant l’actualité dans une nouvelle série vidéo intitulée «Olé!»
Philippe Christin

Un rendez-vous intitulé «Olé!» impertinent et décalé, sous forme de vidéo, à déguster chaque dimanche matin dans nos rubriques Web.

Comment vous est venue l’idée de jouer ce personnage de la femme de ménage Manuela, qui est la vedette de la série «Olé!»?

À l’époque où les enfants étaient petits, j’avais une femme de ménage espagnole qui avait l’habitude de tout changer dans notre appartement. Tout à coup, elle décidait que le canapé était mieux ici que là, et quand je rentrais à la maison, tout était différent. Je m’enfermais dans ma chambre et j’en pleurais, car moi j’étais plutôt du genre à nettoyer les toilettes avant qu’elle arrive en me disant: «Il ne faut pas qu’elle pense qu’on est des cochons.» Mais elle, elle changeait tout. Je me souviens par exemple qu’on avait un joli jardin d’hiver qui m’avait pris des années à faire pousser. Un jour, elle a déplacé tous les bacs qui étaient le long du mur pour faire la poussière derrière et elle a pété toutes les tiges. Toutes les plantes étaient mortes.

Elle a continué à venir chez vous?

Oui, elle était foncièrement sympathique, mais, au fond, je la haïssais. Elle m’était indispensable parce que j’avais trois enfants très proches, en bas âge, mais je crois que j’aurais pu la tuer. C’était un amour-haine. Elle n’a jamais pu rentrer dans son pays car ses enfants ont eu des enfants qui sont en Suisse et y resteront. C’est le drame de toute cette vague d’immigration d’Espagnols et de Portugais: ils économisent toute leur vie pour construire là-bas, ils se marient et ont des enfants ici. Ces enfants ne parlent plus la langue et ne connaissent personne là-bas. Donc le rêve est cassé. Manuela est née de ces souvenirs, de ces moments-là avec cette femme, qui d’ailleurs s’appelle autrement.

Parlez-nous un peu de Manuela.

C’est quelqu’un qui a du bon sens. Elle a une logique bien à elle. Manuela me permet de parler de ce monde secret que découvrent les femmes de ménage quand elles vont travailler chez des gens ou dans des bureaux, d’entrer dans des univers intimes et de construire des histoires autour des patrons. De pouvoir dire: «Celle-là, elle est comme ça, elle a acheté un nouveau rouge à lèvres ou, tiens, celui-ci boit en cachette.» Tous ces secrets qui peuvent être dévoilés en vidant une poubelle ou en tombant sur une lettre en nettoyant les bureaux à 11 heures le soir. C’est ça qui m’intéressait, pouvoir entrer dans l’intimité des gens grâce à leurs petits travers. Il y a aussi la solitude de ce personnage dans ces immenses bureaux ou appartements, qui se construit comme cela un monde à elle.

Chez qui Manuela va-t-elle aller faire le ménage?

Manuela a ses habitués, elle peut retourner chez Monsieur Maudet, ou alors se rendre chez Trump ou en Corée du Nord, on s’en fout, il suffira que je mette un bambou dans une salle de bains. On peut tout faire, c’est l’avantage du personnage. Après, il faut savoir qu’elle est raciste, ça, c’est sûr, car après les Espagnols, il y a eu les Portugais et ensuite les Kosovars. Après, elle ne sait pas ce qu’il y aura, mais c’est de pire en pire pour elle, car elle est là depuis trente-quatre ans, et elle se sent plus Suisse que les Suisses. Il y a donc les deux aspects en Manuela, l’aspect rêveur, imaginatif, sentimental du Sud, et ce côté très suisse qui ne supporte pas ceux qui ne respectent pas le cadre.

Que représente Manuela pour les Romands?

Quelqu’un dont on ne peut pas se passer, mais qui nous met dans une situation dans laquelle on n’a pas envie d’être, celle de l’exploiteur. Avoir une femme de ménage crée une classe sociale dont, nous, bobos romands, on n’a pas envie. Mais en même temps, on est bien contents de rentrer le mardi soir et de trouver l’appartement nickel. Pour les Romands, Manuela représente cette mauvaise conscience.

Quels sont ses petits secrets?

Elle a un petit-fils qui est une vraie raclure, mais dont elle est extrêmement fière. Il représente tout pour elle, c’est son Dieu. Mais son vrai secret, c’est la station de lavage en Espagne qu’elle rêve d’ouvrir.

Qu’est-ce qui énerve le plus Manuela?

Elle ne supporte pas les gens qui désobéissent, qui ne se conforment pas à la législation suisse ou à la mentalité d’ici. Elle ne comprend pas non plus les véganes, les antispécistes ou les LGBT.

«Olé!», votre nouveau rendez-vous impertinent et décalé, sous forme de vidéo, à déguster chaque dimanche matin ici.

La première vidéo «Olé!»

«Le Monsieur Maudet, je l'ai connu tout petit!»

Cliquez ici pour regarder la dernière vidéo«Olé!»

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