Ces commerçants doivent faire sans plastique

Les magasins ne peuvent plus donner de sacs et d’objets à usage unique en matière synthétique. Mais la transition s’avère compliquée.

Ces trois commerçants genevois ont dû s'adapter à la nouvelle législation. (De dr. à g.: Ozgur, Emmanuel et Khalil)

Ces trois commerçants genevois ont dû s'adapter à la nouvelle législation. (De dr. à g.: Ozgur, Emmanuel et Khalil) Image: Thierry Parel

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Ce 1er janvier, les vingt-quatre coups de minuit ont sonné le glas du plastique à Genève. Le Canton a interdit la distribution de sacs dans tous les commerces tandis que la Ville a prohibé le plastique à usage unique des établissements se trouvant sur l’espace public. Après bientôt deux semaines, les commerçants apprennent à vivre sans la matière synthétique.

Et le moins qu’on puisse dire, c’est qu’on le trouve encore partout. D’une part parce que l’interdiction de donner des couverts ou des gobelets en plastique ne concerne que les lieux soumis à autorisation de la Municipalité genevoise, principalement les stands et les terrasses. La vente en take-away est par exemple épargnée. Et d’autre part parce que les commerçants cherchent encore des solutions.

«Nous avons des bols en carton ainsi que des couverts et des pailles en plastique recyclables. Nous vendrons bientôt aussi des boîtes réutilisables» Ozgur, restaurant turc Zem

«Nous allons écouler les stocks pour ne pas avoir à tout jeter. Nous donnons une fourchette si un client en a besoin pour une salade, explique-t-on ainsi à l’Épi Doré, à la rue de l’École-de-Médecine. Mais nous devrons trouver une solution après.»

Un peu plus loin, au restaurant syrien de l’avenue Henri-Dunant, on fait au mieux et on sert désormais les sandwiches chawarma dans un emballage papier. Il est similaire à ceux utilisés pour les pâtisseries. «Nous ne pouvons plus utiliser de plastique alors il a fallu trouver quelque chose», indique l’employé. Les food-trucks dispersés dans tout Genève ne sont pas en reste. Très fréquentés, ils ont dû s’adapter. «Nous avons des couverts en bois, présente-t-on ainsi à Brooklyn Kitchen, qui sert des tacos. Mais nous avons encore des petits bols en plastique pour la salade car les solutions coûtent cher.»

«Nous donnons des sacs en papier depuis longtemps mais nous avons encore quelques couverts en plastique. Nous allons trouver une alternative» Emmanuel, pâtisserie Berger de Faletans

Le plastique fait donc de la résistance mais les contrevenants au nouveau règlement de la Ville ne risquent que peu de chose. Pour le moment, la Municipalité privilégie la pédagogie. «Nous procédons actuellement à une phase de sensibilisation auprès des acteurs concernés en leur expliquant l’introduction de cette nouveauté, rapporte Lucien Scherly, collaborateur personnel du conseiller administratif Guillaume Barazzone. Plus tard, il y aura une phase de contrôle avec des avertissements puis des sanctions pour les contrevenants.»

L’interdiction des sacs plastiques semble pour sa part mieux respectée. Coop et Migros n’en donnaient déjà plus gratuitement, ce qui a pu aider à la prise de conscience. Ainsi, à l’Épicerie du Monde, au bord de la plaine de Plainpalais, on a adopté une solution identique. «Les clients peuvent acheter un petit sac à 5 centimes ou un grand à 10 centimes», détaille le patron. Chez Farzad, non loin, on donne des cornets en papier Coop, Migros ou Denner aux consommateurs les plus chargés.

«Pour le moment, nous fournissons des sacs en papier Denner ou Coop aux clients qui en ont besoin. Nous en avons aussi acheté des plus petits» Khalil, dépanneur Chez Farzad

«Nous devons bien avoir une solution, indique Khalil. Mais les gens venaient déjà avec leurs propres sacs, en tissu par exemple.» En face, le grand dépanneur qui est à l’angle de l’avenue Henri-Dunant et du boulevard du Pont-d’Arve n’a pas de sac pour le moment. L’acheteur doit partir avec les aliments sous le bras. À noter que les commerçants n’ont pas encore subi de contrôles de la part de l’État.

Créé: 11.01.2020, 22h31

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