Le dragon de Komodo sous le regard de journalistes juniors

«Le Matin Dimanche» a accueilli jeudi dernier douze enfants pour un moment fort: la Journée oser tous les métiers.

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Durant huit heures, jeudi, des jeunes, âgés entre 9 et 13 ans, se mettent dans la peau d’un journaliste pour réaliser un reportage complet dans le cadre de la Journée oser tous les métiers»: distribution de bloc-notes et stylos.

Le thème choisi par nos soins, c’est le dragon de Komodo, reptile star du Centre Aquatis à Lausanne. Après un briefing, penser et poser les questions avant de rédiger un texte sont les missions confiées à nos journalistes en herbe.

Malicieuse, la jeune Bérénice, 9 ans, questionne l’équipe avec, déjà, la curiosité requise pour le métier: «En fait, on va faire de la pub pour Aquatis, nan?» Pas tout à fait, expliquons-nous. Un journaliste raconte une histoire et surtout relaie la vérité. Nous laissons les deux groupes se former. C’est décidé et univoque: ce sera les six filles d’un côté (Livia, Maëlys, Louise, Miléna, Marie et Bérénice) et les six garçons de l’autre (Édouard, Arsène, Ibra, Thibault, Simon et Sam).

«Naga», le superdragon

«Nagaa, Nagaa, eh boy», appelle Michel Ansermet. Le responsable zoologique d’Aquatis tente d’attirer la bête, en train de siester sous des lampes qui chauffent sa «cage» jusqu’à 40 degrés, au plus près de la vitre de protection. L’homme est en quelque sorte le «papa» de Naga.

Pourquoi il s’appelle comme ça? demandent les enfants devant la vitre, impatients de faire la connaissance de l’animal. «En indonésien, cela signifie dragon. Et c’est le plus grand lézard du monde.» Pas effrayés pour un sou, les garçons posent les questions d’usage. Ils apprennent que Naga mesure 2,30 m, qu’il pèse 55 kilos, qu’il peut espérer vivre jusqu’à 35 ans et que c’est un superprédateur.

«Il n’a jamais peur car il n’a aucun ennemi dans la nature. Je suis d’ailleurs le seul à pouvoir l’approcher, signale le scientifique vaudois.» Vous n’avez jamais été attaqué, demande l’un des journalistes juniors? «Une seule fois, je me suis fait mordre un pied, parce que j’avais des semelles blanches. Et cette couleur est une cible pour ce reptile.»

Moyennant, un traitement médical, Michel Ansermet s’en est sorti indemne. Le groupe des filles se focalise sur la langue de Naga qui lui permet de sentir une proie jusqu’à 7 kilomètres. Cette sensibilité particulière est rendue possible grâce à l’organe de Jacobson (dont sont aussi dotés le zèbre et le cheval). Elle amène le responsable zoologique à changer souvent l’ambiance olfactive du terrarium pour stimuler le reptile.

Au fait, que mange-t-il? «Le dernier jour de chaque mois, nous lui donnons une carcasse de sanglier ou de chevreuil. Ces animaux morts proviennent d’accidents de la route. La tête est coupée pour ne pas choquer le jeune public.» Les enfants grimacent ou… se marrent, c’est selon.

Pour la suite du reportage, les journalistes du jour sont accompagnés par Sandra Zumbrunnen, ingénieure en gestion de l’environnement. Au moment de décrire leurs impressions générales, les filles sont tout de suite «frappées par l’atmosphère calme et envoûtante du décor». Quelles sont les spécificités d’Aquatis, Madame?

«Ouvert il y a tout juste deux ans, le centre compte plus de 2 millions de litres d’eau, environ 10 000 poissons et une centaine de reptiles. Il est composé d’aquariums, de terrariums et d’aqua-terrariums. La visite, qui dure environ une heure et demie, nous fait traverser le temps et les continents.» Tout au long de la découverte, les enfants noteront, passant d’un air sec à une atmosphère tropicale, les changements de températures et de niveaux d’humidité.

À l’entrée d’un impressionnant tunnel, les enfants lèvent la tête et observent la quantité de poissons qui les survolent. C’est quoi ce bassin? «Il a été baptisé «Évolution». Il fait 8 mètres de profondeur et abrite plusieurs espèces de poissons rares, comme le poisson spatule qui présente la particularité d’avoir une bouche plate qui lui permet de filtrer l’eau pour se nourrir.» Et si la vitre du tunnel casse, ose un enfant inquiet? «Qu’on se rassure, nous sommes protégés par un verre solide de douze centimètres d’épaisseur.»

Le repas du serpent

C’est une surprise rare qui attend les jeunes reporters à la fin du parcours: le repas du taïpan du désert, le serpent le plus venimeux d’Aquatis et qui vient d’Australie. Les enfants, scotchés à la vitre posent beaucoup de questions.

Il est venimeux comment? Il mange quoi? Sandra répond avec précision: «Le taïpan n’est pas forcément l’animal le plus dangereux, contrairement au dragon de Komodo. Mais sa morsure pourrait tuer 120 êtres humains et 250 000 souris.» La spécialiste précise que le serpent est plutôt du genre pacifique. D’ailleurs, au moment où la soignante lui donne son repas (une souris morte), le «terrifiant» taïpan du désert se cache derrière un morceau de bois.»

Le reptile n’attend néanmoins pas très longtemps pour commencer à gober sa proie, patiemment. Et durant ces minutes-là, les stagiaires du «Matin Dimanche» regardent, immobiles, les yeux grands ouverts, avec cette vraie curiosité qui fait la première qualité des journalistes. On dirait que c’est le métier qui rentre.

Collaboration: Nicolas Poinsot, Femina

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Créé: 18.11.2019, 11h39

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