La Fête des Vignerons a généré 327 millions de francs de retombées

L’impact de la manifestation veveysanne a été impressionnant, selon une analyse que la Confrérie va publier dans quelques jours.

L’étude fait une différence entre l’impact direct, évalué à 189 millions de francs, et l’impact indirect de 138 millions de francs.

L’étude fait une différence entre l’impact direct, évalué à 189 millions de francs, et l’impact indirect de 138 millions de francs. Image: Odile Meylan

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Après les 25 jours de spectacles au cœur de l’été, et l’euphorie des 5550 participants, 1200 bénévoles et de l’essentiel des spectateurs, le retour sur Terre fut un peu rude pour la Confrérie des Vignerons. Dès le mois de septembre dernier, elle annonçait qu’il manquait une quinzaine de millions de francs, dont une dizaine sera prise en charge par elle-même, pour couvrir ses dépenses de 103,6 millions.

Frédéric Hohl, directeur exécutif de la manifestation: «Nous étions pressés de questions et de rumeurs. Nous avons donc décidé de donner très vite des résultats, même encore partiels, et mettant les choses au pire de ce qui pouvait arriver. Cependant, les chiffres seront un peu meilleurs, nous avions sous-estimé certaines recettes. Les factures encore ouvertes sont celles que nous discutons avec les autorités publiques.» Il faudra pour ce bilan attendre sans doute jusqu’à la fin du premier trimestre 2020.

En attendant, les organisateurs publieront dans les dix jours à venir (demeurent à régler des détails de rédaction) une étude impressionnante. Commandée à PricewaterhouseCoopers (PwC) – qui a déjà mené ce genre de travail pour l’UEFA ou l’America’s Cup – par la Confrérie, Montreux Vevey Tourisme et Promove, elle détaille l’ensemble de l’impact économique de la Fête des Vignerons sur la région veveysanne. Il s’est révélé très spectaculaire.

Trois fois et quart le budget

Durant la période couvrant les 20 spectacles et deux répétitions générales, 1 097 500 personnes se sont rendues à Vevey pour assister à une représentation ou profiter de la Ville en Fête; 362 249 visiteurs étaient munis d’un billet et 735 251 se lancèrent à l’assaut des stands, événements ou caveaux locaux.

L’étude fait une différence entre l’impact direct, évalué à 189 millions de francs, et l’impact indirect de 138 millions de francs. Total: 327 millions de retombées économiques, soit plus de trois fois et quart le budget de la Fête, un ratio rarement atteint (lire encadré). L’impact direct, ce sont les dépenses effectuées par l’ensemble des parties prenantes de l’événement: les organisateurs, les visiteurs avec ou sans billet, les acteurs-figurants, les bénévoles, les partenaires de toutes sortes. Quant à l’impact indirect, il additionne les conséquences de l’impact direct: un effet de ricochet.

Exemple: un restaurant doit augmenter ses commandes pour répondre à la demande, et cela génère de la même façon des effets de second niveau sur l’agriculture ou la consommation de matières premières. Notons que seules les dépenses ayant une provenance locale (sur la Riviera ou le canton) sont prises en compte: on exclut de l’étude ce qui a été dépensé ailleurs, parfois hors de Suisse.

L’étude de 35 pages de PwC entre dans beaucoup de détails. Sur les 103,6 millions de francs dépensés par les organisateurs, 47,6 ont ainsi été directement injectés dans l’économie locale. Les spectateurs et visiteurs ont contribué à cette économie pour plus de 132 millions, les figurants et bénévoles pour 4,1 millions, les partenaires pour 5 millions. Car ces derniers ne se sont souvent pas contentés d’être de simples sponsors: ils ont aussi tiré parti de la Fête pour communiquer, inviter certains de leurs clients, etc.

Sans surprise, c’est la restauration qui a le plus profité des retombées: 75,7 millions de francs (40% de l’impact direct). On trouve ensuite dans les bénéficiaires l’industrie des transports (impactée de 38,4 millions de francs), les hôteliers (27,4 millions) puis les commerces locaux ou ceux vendant des produits dérivés.

Entre 89 et 93% des dépenses effectuées par les spectateurs et visiteurs l’ont été directement dans l’économie locale. Un visiteur sans billet a dépensé en moyenne 124 francs par jour. Quant aux spectateurs possédant un sésame pour l’un des spectacles, ils ont ouvert en grand leur portefeuille: 338 francs par jour pour ceux qui n’avaient pas de frais de logement (85% des spectateurs, selon l’étude) et 664 francs quotidiens pour ceux qui ont payé une chambre d’hôtel ou un autre logement.

PwC ventile ensuite ces chiffres par catégories d’âge (les plus âgés ont dépensé plus) ou par origine: les gens venant de loin sont évidemment ceux qui ont le plus dépensé. Quant aux acteurs-figurants, sur l’ensemble de la période de la Fête, ils ont sorti en moyenne 942 francs de leur portefeuille et les bénévoles un peu moins (524 francs).

Utile pour la Fête suivante

À quoi sert une étude de ce genre? Christoph Sturny, à la tête de Montreux Vevey Tourisme, souligne qu’il y a un «intérêt historique. Il s’agit de garder une trace économique, d’en mesurer l’impact. Mais charge ensuite à nous de le faire durer en matière d’image et de promotion. Ce n’est qu’un one shot, mais il s’inscrit dans l’image générale de la région, qui se construit comme un puzzle, avec la Fête, mais aussi autour du Festival Images de Vevey, du Musée Chaplin ou du Montreux Jazz Festival.»

L’abbé-président de la Confrérie des Vignerons abonde: «Cette étude servira aussi à nos successeurs au moment de leur recherche de fonds pour la Fête de la prochaine génération. Il s’agit d’un document fondamental pour connaître la portée économique de notre geste culturel, et on constate qu’elle est forte.» Cela permet-il aussi de communiquer plus heureusement, après l’annonce d’un déficit, au sujet d’une Fête qui a rapporté des millions à toute la région? «Sans doute. Et ce n’est pas désagréable.»

Créé: 08.02.2020, 22h25

Une méthodologie qui passe par des études de terrain et des questionnaires

C’est Benjamin Gietzendanner, senior manager chez PricewaterhouseCoopers, qui a été le maître d’œuvre de l’étude. Plus de 800 enquêtes de terrain, analyse de questionnaires renvoyés par plus de 2200 spectateurs et 1440 acteurs-figurants, interviews des partenaires, des autorités et acteurs touristiques, etc., tout a été mis ensemble: «La méthodologie est assez classique. Mais nous avons été plus loin, avec la Fête, sur les retombées indirectes», explique Gietzendanner.

En 1999, une étude avait aussi été menée, par l’Université de Lausanne. Elle avait conclu à des retombées de 100 millions, deux fois le budget de la Fête d’alors. «La taille de l’événement a augmenté: plus de spectacles, plus grande arène.

Et les visiteurs ont en moyenne dépensé plus qu’en 1999. On arrive ainsi à plus de trois fois le budget de la Fête.» Un ratio plus important que pour d’autres événements, où il est souvent de 2.

On estime que Paléo induit environ 41 millions de retombées annuelles (avec un budget de 27 millions). Le Montreux Jazz oscillerait entre 50 et 60 millions d’impact (avec un budget aux alentours de 28 millions de francs).

Les Jeux olympiques de Londres avaient généré 900 millions de retombées directes, mais après presque 15 milliards de francs dépensés. Et une grande part de la manne touristique venait des sites olympiques eux-mêmes, revenant au CIO.

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