Une fondation a résisté au cyberchantage

Les Oliviers, qui aide les personnes souffrant d’addictions, retrouve peu à peu ses données sans avoir payé la rançon demandée.

Vanessa In-Albon, responsable des ateliers de la fondation, devant une des machines bloquées par la cyberattaque.

Vanessa In-Albon, responsable des ateliers de la fondation, devant une des machines bloquées par la cyberattaque. Image: Yvain Genevay

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Ne pas céder. C’est ce qu’a fait la Fondation Les Oliviers après l’attaque de pirates informatiques dont elle a été victime il y a plus de deux semaines. C’est que les hackers ont exigé le paiement d’une rançon en cryptomonnaie de 50 bitcoins. Avec un cours oscillant aux environs de 9000 francs, c’est un montant supérieur à 400'000 francs que la fondation aurait dû régler pour récupérer ses données informatiques, cryptées par les pirates. Mais au Mont-sur-Lausanne les serveurs retournent à la normale, sans qu’aucune rançon n’ait été payée.

«Nous sommes en train de retrouver l’usage de nos adresses électroniques», se réjouit Thierry Chollet, directeur de la fondation qui accueille des personnes en situation de dépendance (à l’alcool notamment). Il semble en effet que la société spécialisée mandatée pour l’occasion soit, peu à peu, en mesure de restaurer les données numériques des Oliviers. Une étape capitale pour le fonctionnement de l’institution sur le plan administratif, mais aussi pour celui des ateliers où bien des machines sont dépendantes du numérique, comme le souligne. Vanessa In-Albon, la responsable de ce secteur.

Depuis l’attaque du 16 janvier, l’institution était presque paralysée. Si l’accompagnement des résidents n’a pas été impacté, il a tout de même fallu trouver le moyen de faire tourner la machine, ne serait-ce que pour assurer le versement des salaires en fin de mois. «Les employés se sont montrés solidaires et ont fait preuve de souplesse et de créativité», salue Thierry Chollet. Certains ont ainsi pris le parti d’emmener leur ordinateur privé au boulot pour effectuer les tâches courantes.

Les pirates s’étaient introduits par une faille dans le système informatique, avant de confisquer son contenu par son cryptage. Une plainte a été déposée et la cellule de la police cantonale dédiée à la cybercriminalité à suivi de près ce dossier. «On m’a dit que le montant de la rançon était bien plus élevé qu’à l’habitude», témoigne le directeur. Ainsi conseillée, la fondation a entamé une négociation avec les hackers, dans l’espoir de les voir commettre une erreur qui aurait pu guider les recherches de la police. On n’en saura pas plus sur cette enquête.

Si Les Oliviers s’en sortent sans céder au chantage, le coût total de cette crise n’est pas encore chiffrable. «Il se montera à plusieurs dizaines de milliers de francs, sans compter le manque à gagner lié au blocage de nos ateliers», estime toutefois le directeur. L’information semble sans lien avec cette cyberattaque.

Toujours est-il que la fondation avait déjà fait l’objet d’une première alerte informatique, l’an dernier, confie Thierry Chollet. «Ça nous avait incités à contracter une assurance», dit-il. Mais, avec un plafond fixé à 50'000 fr. de dégâts, le directeur n’est pas certain d’être entièrement couvert.

Largement subventionnée par le Canton de Vaud, l’institution pourrait bien demander de l’aide à son bailleur de fonds. Faute de ce soutien, Thierry Chollet devrait – à contrecœur – faire appel à des fonds privés.

Créé: 08.02.2020, 22h25

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