Hugh Grant: «J'aimerais finir ma vie à Montreux»

Hugh Grant est à l’affiche de «The Gentlemen». Un film qui met en scène la guerre entre des trafiquants de drogue. Loin de son image de gentil play-boy, l’acteur britannique campe un personnage très sombre.

Fletcher (Hugh Grant, à dr.) fait face à Ray (Charlie Hunnam).

Fletcher (Hugh Grant, à dr.) fait face à Ray (Charlie Hunnam). Image: Keystone-SDA / Camera Press / Debra Hurford Brown/BAFTA, Christopher Raphael

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Ne lui parlez pas de come-back, Hugh Grant déteste ce mot. Après vingt ans d’énormes succès, comme «4 mariages et un enterrement», dans les années 90 et 2000, l’acteur anglais a eu du mal ces dix dernières années à retrouver le succès après des bides ou des petits films indépendants passés totalement inaperçus. Qui se souvient de «Où sont passés les Morgan?», «Les mots pour lui» ou encore «Cloud Atlas»?

La longue traversée du désert de Hugh Grant est aussi synonyme de son retrait des médias. Longtemps pourchassé par les paparazzi pour ses infidélités et ses aventures amoureuses, il est à présent père de 5 enfants et se dit heureux depuis qu’il a épousé une productrice de télé en 2018, Anna Eberstein.

S’il refuse le terme de come-back à l’approche de ses 60 ans, 2020 annonce un nouveau départ dans sa carrière avec «The Gentlemen», réalisé par Guy Ritchie, ce 5 février sur nos écrans. Il sera aussi l’acteur principal d’une mini-série avec Nicole Kidman, «The Undoing», annoncée pour mai prochain.

De Julia Roberts («Notting Hill») à Emma Thompson («Love Actually») en passant par Renée Zellwegger («Bridget Jones»), vous avez eu des partenaires féminines dans vos plus grands succès. Quelle a été votre réaction de tourner dans «The Gentlemen» où la quasi-totalité des comédiens sont des hommes?

J’aime l’approche brute que Guy Ritchie a du cinéma. Comme Quentin Tarantino, il sait utiliser la violence mais aussi la musique comme des ingrédients indispensables à la réussite d’un film. «Gun Barrel» ou «Snatch» sont autant de chefs-d’œuvre de Ritchie que j’apprécie. «The Gentlemen» est l’histoire d’un baron de la drogue britannique qui veut vendre son business à de richissimes Américains. C’est donc normal d’avoir un maximum de gars à l’affiche. Et le côté testostérone m’a donné un nouveau désir de jouer la comédie.

Vous avez incarné de nombreux personnages charmants et séduisants. Qu’est-ce qui vous a donné envie d’incarner ce type terrible et dégoûtant dans «The Gentlemen»?

Ça m’a fait du bien de ne plus jouer les jolis cœurs. Plus les années passent et plus je suis attiré vers des personnages détestables. Je me sens à l’aise dans ce genre d’horreur. En fait, plus un rôle est révoltant et plus il me plaît.

Avez-vous cherché à rencontrer des hommes comme celui que vous jouez dans ce film?

Je n’ai pas eu beaucoup de recherche à faire car j’ai souvent rencontré des détectives privés en Angleterre qui travaillent pour la presse à scandale et qui ont piraté mon téléphone, volé mon dossier médical et cambriolé mon domicile. Plusieurs sont venus à ma défense ces dernières années pour expliquer le harcèlement dont j’ai été victime car ils se sont retrouvés devant la justice et ont préféré balancer les patrons de presse qui les employaient que de se retrouver en prison. Je m’en suis donc inspiré pour les vêtements, les lunettes, les cheveux gras et même la voix, mais c’est un mélange de plusieurs d’entre eux.

Choisissez-vous souvent vos films en fonction de l’argent?

Non, mais cela m’est arrivé et je l’ai toujours regretté. C’est agréable d’être indépendant et de ne pas avoir à s’inquiéter pour payer ses factures et faire le plein de sa belle voiture. Mais j’ai accepté deux films dans ma carrière pour lesquels je n’avais aucun intérêt, en dehors de l’intérêt financier, et cela m’a, à chaque fois, desservi. Ne me demandez pas les titres. Mais s’il m’est arrivé de prendre des distances avec les caméras, c’était à cause de ces mauvais choix.

Quelle est la plus grande erreur que l’on peut faire à votre sujet?

Outre le fait que je ne suis pas né avec beaucoup d’argent, je ne suis pas non plus l’éternel séducteur romantique que l’on peut imaginer au regard de ma filmographie. Dès ma première collaboration avec Richard Curtis pour «4 mariages et un enterrement», il s’est moqué de moi en me disant que si le public me connaissait vraiment, il ne pourrait pas croire deux secondes au gentil play-boy sur grand écran.

2020 marque un tournant de votre carrière mais aussi de votre vie puisque vous allez fêter vos 60 ans. Comment voyez-vous votre avenir?

Pour fêter mes 60 ans j’ai prévu d’aller en Suisse dans une clinique qui s’appelle Dignitas pour me faire euthanasier. J’ai fait des recherches et vu qu’ils font cela en douceur (rires).

Sérieusement, est-ce que la Suisse vous attire?

Je suis envieux de la manière dont Vladimir Nabokov a passé les quinze dernières années de sa vie. Cet auteur s’est installé avec son épouse au Montreux Palace et il a vécu dans cet hôtel avec vue sur le Léman jusqu’à son dernier souffle. Il avait gagné suffisamment d’argent avec ses livres et avait choisi un quotidien paisible à Montreux. J’aimerais bien connaître cela, me réveiller chaque matin avec la vue sur le lac et partir à la chasse aux papillons comme Nabokov le faisait. Mes enfants viendraient me rendre visite à l’occasion et j’aurais ma charmante épouse à mes côtés. Je dois dire que je suis reconnaissant de ma chance d’avoir une femme extraordinaire qui n’a aucune patience pour mes bêtises et mon arrogance.

Vous tournez votre première série américaine avec Nicole Kidman, «The Undoing». Quel est l’attrait de la télé à ce stade de votre carrière?

Il n’y a plus de différence entre le petit écran et le grand. Seule la qualité du script compte. La réalisatrice danoise Susanne Bier est une amie depuis près de dix ans. Nous avons eu une sorte de relation amour-haine pendant plusieurs années car nous devions bosser sur un scénario ensemble et j’ai passé des mois à dire oui puis non. Au final, ce film ne s’était pas fait. Elle m’a proposé «The Undoing» pour se venger et être terrible avec moi durant la production. Je plaisante bien sûr.

Comment présenter l’intrigue de cette mini-série?

Nous avons tourné les six épisodes comme s’il s’agissait d’un grand film. Susanne Bier a un savoir-faire unique qui lui vient de ses origines scandinaves. Il y a un côté noir et intense comme elle l’a fait dans le film «Bird Box» ou sa série «The Night Manager». David E. Kelley (ndlr: scénariste de «Big Little Lies») a écrit un script à sa façon, plein de subtilités à la fois drôle et dramatique.

La rumeur à Hollywood veut que les premiers épisodes de «The Undoing» soient présentés hors compétition lors du prochain Festival de Cannes. Cela pourrait donc être votre come-back dans un grand événement du 7e art?

Quel come-back? Je ne suis parti nulle part.


À voir «The Gentlemen», film policier de Guy Ritchie, avec Matthew McConaughey, Charlie Hunnam, Michelle Dockery, Hugh Grant (1 h 53). En salle le 5 février.

Créé: 05.02.2020, 16h06

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