Le piéton qui marchait sur l'A1 «n’était pas forcément visible»

La relaxe d’un Genevois de 24 ans a été en partie confirmée. Il avait percuté un ado vaudois qui marchait sur l’A1, près de Rolle.

Le jeune automobiliste s’était livré au «Matin Dimanche» à l’issue de son premier procès, en avril dernier.

Le jeune automobiliste s’était livré au «Matin Dimanche» à l’issue de son premier procès, en avril dernier. Image: Yvain Genevay

Signaler une erreur

Vous voulez communiquer un renseignement ou vous avez repéré une erreur ?

Il y a cinq mois, «Le Matin Dimanche» rendait public l’acquittement de Fabrice*, un automobiliste genevois (étudiant de 24 ans) que le Ministère public avait condamné pénalement pour avoir heurté Damien* sur l’autoroute, une fin de nuit de novembre 2017. Le choc à 100 km/h avec la VW Polo avait fracturé poignet et tibia de cet apprenti employé de commerce vaudois alors âgé de 17 ans. Il rentrait à pied d’une soirée arrosée en marchant sur l’A1, entre les jonctions d’Aubonne et de Rolle. Cette semaine, le Tribunal cantonal vaudois a en partie confirmé la relaxe du Genevois décidée par une juge unique de Nyon.

«Compte tenu des circonstances très particulières – à savoir un individu qui chemine avec des vêtements sombres sur la bande d’arrêt d’urgence –, on ne peut pas imputer une faute au conducteur, a expliqué Marc Pellet, président de la Cour d’appel pénale. Nous ne pouvons pas établir avec certitude que le piéton était visible.»

«Plus de nuage menaçant»

Le procureur Éric Reynaud, qui avait recouru contre la décision d’acquittement, avait pour sa part estimé – jurisprudence fédérale à l’appui – que le comportement de Damien «ne constitue pas une circonstance tout à fait exceptionnelle ou si extraordinaire que l’on ne pouvait s’y attendre», dès lors que l’adolescent était en mouvement sur l’autoroute. Contrairement aux deux jeunes percutés de nuit alors qu’ils se trouvaient couchés sur la chaussée, l’un à la jonction autoroutière de Payerne en août 2014, et le second trois semaines plus tard, sur une route cantonale à la sortie d’Orbe.

«Ça me rassure que les juges d’appel aient compris la situation: je n’y étais vraiment pour rien, je ne pouvais tout simplement pas voir ce piéton! nous confie Fabrice. Je n’ai plus ce nuage menaçant, c’est un stress en moins.» L’amende immédiate de 600 francs a ainsi été annulée, et les frais de justice mis à la charge du Genevois – intégralement couverts par sa protection juridique – réduits de moitié, de même que la peine pécuniaire avec sursis.

Le procureur Reynaud a été suivi concernant l’attitude de l’automobiliste suite au heurt. Sur ce point, la cour a reconnu l’étudiant coupable de violation des obligations en cas d’accident. Fabrice avait en effet omis d’indiquer à l’agent de police ferroviaire (lequel était arrivé le premier auprès de Damien, alors qu’il circulait normalement pour se rendre à son travail) qu’il était le conducteur à l’origine du choc. En contact radio avec le 117 et les secours, le policier CFF avait donné l’ordre au Genevois et à son père de quitter les lieux – sans avoir envisagé qu’ils puissent être impliqués dans l’accident. L’automobiliste s’était annoncé le lendemain, après diffusion d’un appel à témoins par la police cantonale. «Il a attendu trop longtemps pour dire qu’il était impliqué», a justifié le président Pellet.

Le Ministère public se réserve la possibilité de porter l’affaire devant le Tribunal fédéral. «Le procureur général devra déterminer si cet arrêt soulève une question de principe», précise Éric Reynaud.

Créé: 14.09.2019, 22h59

Articles en relation

«Le piéton a de la chance que ce soit moi qui l’ai heurté»

Le Matin Dimanche Une nuit d’automne 2017, un Genevois avait percuté un Vaudois de 17 ans qui marchait sur l’A1, peu avant la jonction de Rolle. L’automobiliste demande à être exempté de toute peine. Plus...

Publier un nouveau commentaire

Nous vous invitons ici à donner votre point de vue, vos informations, vos arguments. Nous vous prions d’utiliser votre nom complet, la discussion est plus authentique ainsi. Vous pouvez vous connecter via Facebook ou créer un compte utilisateur, selon votre choix. Les fausses identités seront bannies. Nous refusons les messages haineux, diffamatoires, racistes ou xénophobes, les menaces, incitations à la violence ou autres injures. Merci de garder un ton respectueux et de penser que de nombreuses personnes vous lisent.
La rédaction

Caractères restants:

J'ai lu et j'accepte la Charte des commentaires.

No connection to facebook possible. Please try again. There was a problem while transmitting your comment. Please try again.