Queen comme en vrai

Freddie Mercury et Queen règnent sur le «revival» des concerts-hommage, en Suisse romande aussi, qui fleure la nostalgie des grands groupes pop eighties.

«One Night of Queen», avec Gary Mullen, fera mardi le plein à l’Arena de Genève.

«One Night of Queen», avec Gary Mullen, fera mardi le plein à l’Arena de Genève. Image: DR

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Sur scène, Freddie Mercury, ce sera lui: Gary Mullen, 56 ans, un Écossais un peu chauve qui remporta en l’an 2000 un concours télévisé britannique, «Stars in their Eyes», imitant le chanteur du groupe Queen, décédé en 1991. Et devant la scène, comme aimantés, comme téléportés par la machine à remonter le temps, ou à ressusciter les morts, ils seront le 4 février plus de 4000 fans à l’Arena de Genève, venus pour écouter «One Night of Queen». L’ovation sera énorme. Et son écho durera jusqu’au 8 février, quand l’Italien Sonny Ensabella, leader de «Queenmania Rhapsody», imitera lui aussi Mercury au Théâtre du Léman, toujours à Genève.

Ce sont des gens sérieux, reconnus, et ce n’est pas leur premier passage en Suisse romande. «One Night of Queen», «cover band» désormais parmi les plus fameux dans le genre, donne spectacle depuis des années: plus de 180 prestations annuelles, dont une trentaine aux États-Unis. Des musiciens excellents, emmenés par la voix de Mullen, presque aussi invraisemblable que celle de l’immense Freddie. Deux heures de show, tous les tubes y passent, avec la prétention assumée d’aller bien au-delà de l’imitation ou de l’hommage. On est là dans une volonté de «recréer» Queen. Mullen, ancien vendeur informatique, a ainsi fait dessiner ses costumes par le couturier qui s’occupait jadis du groupe. Et le guitariste joue une «Red Spéciale», instrument mis au point par Brian May lui-même, le guitariste original, et qui permet de «sonner» au plus près de ce que fut Queen.

S’il y a longtemps désormais que les «cover» ou «tribute band» existent, Queen tient depuis deux ans, et le triomphe cinématographique du biopic «Bohemian Rhapsody», le haut du pavé dans le genre. Il existe aujourd’hui de par le monde des centaines de groupes qui «font du Queen», des Brésiliens de «The Royal Queen» aux Tchèques de «Queenie». Une autre formation était d’ailleurs annoncée en Suisse au Victoria Hall, mais vient d’être annulée (lire ci-contre).

Un succès inattendu

Vincent Sager, à la tête d’Opus One, plus importante maison de production de spectacles en Suisse romande (qui programme «One Nigh­t of Queen» à l’Arena): «Je me souviens des débuts du phénomène, à la fin des années nonante. Nous avions fait venir au Paléo un groupe qui rejouait les Beatles, et un autre du Abba. Ce fut un succès inattendu.» Depuis, cela n’a pas cessé, mais avec toujours les mêmes légendes que l’on honore: «Nous restons prudents. Il y a beaucoup de groupes médiocres, mais aussi des pépites. Les meilleurs se consacrent souvent à Queen, aux Beatles, à Abba. À force, certains ont leur propre public, leurs fans, les survivants des groupes les encouragent parfois.» Mais il y a aussi des formations de pacotille et des boîtes de production moins regardantes.

Pourquoi ça marche? «La nostalgie, que dire d’autre? sourit Sager. Avec le temps qui passe, elle grimpe encore. Mais seuls des groupes iconiques, qui ont laissé une image forte, à la fois visuelle et musicale auprès du public d’ici, notamment chez les quadras ou quinquagénaires, marchent vraiment bien.»

Il n’est dès lors pas sûr que l’on assistera dans les années à venir à un déplacement du curseur, avec des groupes s’inspirant de Coldplay ou de Beyoncé. «J’ai le sentiment que le marché a non seulement changé, mais que son impact sur l’imaginaire collectif n’est plus le même. Les «cover band» restent bloqués dans une époque, entre seventies et la fin des années 80», poursuit Vincent Sager.

En attendant, 2020 s’annonce comme une année exceptionnelle sur le marché juteux du «Queen Job» et du justaucorps blanc sur pectoraux en sueur. «Don’t Stop Me Now», chantait Mercury, cloné sans cesse, et ainsi immortel devenu.

Les dates

«One Night of Queen», Arena, Genève, mardi 4 février, 20 h 30.

«Queenmania Rhapsody», Théâtre du Léman, Genève, samedi 8 février à 20 h.


La Suisse romande fait la part belle aux «Tribute Bands»

Genesis Un spectacle étonnant, donné par The Musical Box, et qui s’approche de la reconstitution historique, visuelle et musicale. Le groupe rejoue sur scène, comme Genesis au milieu des années septante, leur album-phare: «The Lamb Lies Down on Broadway».

Quand? Lausanne, salle Métropole, 1er novembre, 18 h.

Supertramp Avec «Logicaltramp», on est dans le best of des plus grands tubes de Supertramp, et il paraît que les anciens membres apprécient le résultat. «Breakfast in America» ou «Goodbye Stranger», etc., évidemment rejoués comme au bon vieux temps.

Quand? Genève, Théâtre du Léman, le 6 mars à 20 h.

Sinatra and Co. Avec neuf musiciens et des choristes-chanteuses, «Sinatra & Friends» fait revivre le trio du «Rat Pack», écumant Vegas au début des sixties. Au programme: trois imitateurs de Sinatra, Dean Martin et Sammy Davis Jr., et bien sûr un verre de whiskey au bar.

Quand? Genève, Théâtre du Léman, le 15 mars, 18 h 30.

Aretha Franklin C’est la chanteuse de Brooklyn, Cheryl Bridget «Pepsii» Riley, qui connut quelques succès R’n’B à la fin des années 80, qui est en charge de faire dans cette tournée européenne revivre le mythe Aretha, entonnant «I Say A Little Prayer» ou «Respect».

Quand? Genève, Théâtre du Léman, le 11 mars à 20 h.

Créé: 04.02.2020, 16h52

Euroconcert, une pluie de concerts annulés

L’organisateur Euroconcert, basé à Barcelone, avait envie de se positionner sur ce marché des «cover bands».
La société avait déjà étonné en produisant au Théâtre du Léman, à Genève, un concert d’un «Hollywood Symphony Orchestra» qui avait fort peu à voir avec la Californie, rapportait la «Tribune de Genève». Et là, Euroconcert vient d’annuler un spectacle prévu au Victoria Hall autour de Queen, et cinq au Théâtre du Léman: ceux consacrés aux Beatles, aux Bee Gees, à Simon & Garfunkel, à Dire Straits et à Amy Winehouse. Plus encore trois ballets, eux aussi annulés. Claude Proz, directeur du Théâtre du Léman, «n’a jamais vu ça durant sa carrière», et entend demander un dédommagement à Euroconcert.

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