Les start-up suisses font le show à Las Vegas

Fort du succès de l’an dernier, l’opération séduction des jeunes pousses helvétiques au Consumer Electronics Show (CES) est reconduite. Avant-goût.

La danseuse Alice Vlaiculescu en pleine démonstration des bracelets musicaux de MicTic.

La danseuse Alice Vlaiculescu en pleine démonstration des bracelets musicaux de MicTic. Image: Yvain Genevay

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Il faut imaginer une sorte de cube numérique avec des écrans lumineux, installé sur une scène devant un parterre de curieux, de journalistes, d’investisseurs et de professionnels de l’économie numérique. Une performeuse, Alice Vlaiculescu, s’y produira une fois par heure durant dix minutes pour présenter en situation réelle des innovations Made in Switzerland.

La sportive s’exercera au fitness en réalité virtuelle conçu par la start-up Sphery, reprendra des forces grâce à la potion anti-âge à base d’urolithine A (molécule issue de la grenade) d’Amazentis ou fera de la musique en dansant grâce aux bracelets connectés de Mictic (lire ci-dessous). À la fin de la démonstration, les spectateurs pourront se rassasier d’un produit nettement moins bon pour la santé mais lui aussi 100% de chez nous: de la raclette, servie par… un robot, le «robotclette», qui a été présenté cet automne à la Foire du Valais.

L’union fait la force

Avec ce show, Nicolas Bideau veut en mettre plein les yeux aux visiteurs du Consumer Electronics Show (CES) de Las Vegas, plus grand salon de l’électronique du monde, qui se tient du 7 au 10 janvier. Du buzz, c’est ce qu’il recherche. «J’aimerais que les journalistes qui passent sur notre pavillon se disent: «Chez les Suisses, c’est cool!» déclare le patron de Présence Suisse – l’organisme chargé de faire la promotion de la Suisse à l’étranger – quelques jours avant de s’envoler pour le Nevada.

Comme l’année dernière, les start-up helvétiques se rendent en groupe au CES, dans le cadre de la campagne SwissTech, lancée il y a deux ans. Objectifs: montrer une image innovante de la Suisse et donner de la visibilité à ses entreprises et ses hautes écoles à l’international. Ce partenariat public-privé est ouvertement inspiré de ce que la France a mis en place dès 2014 avec son label French Tech.

En 2019, le fil rouge choisi par la Suisse était les drones, secteur dans lequel ses entreprises sont à la pointe. «Cette année, c’est la technologie au service du corps et de la santé», explique Nicolas Bideau. L’ambassadeur genevois veut surprendre avec des produits que le public n’attend pas de notre pays. «Mais il y aura aussi des start-up actives dans les biotechnologies, les technologies financières ou la robotique, où nous sommes déjà reconnus, car il faut un mélange», ajoute-t-il.

Une trentaine de jeunes pousses helvétiques prendront leurs quartiers au sein de l’Eureka Park. Dans ce vaste espace dédié aux start-up du monde entier, investisseurs et représentants de grands groupes se bousculent pour détecter les pépites de demain. Le terrain de jeu des Suisses s’étend sur plus de 300 m2, contre 180 lors de la précédente édition du salon. La délégation helvétique sera composée d’environ 80 personnes, et les présidents des deux écoles polytechniques fédérales feront le déplacement, étant donné qu’un grand nombre de start-up sont issues de ces nids à innovation. «L’année dernière, c’était un test. Maintenant, c’est du sérieux.»

Coût total du stand: 350 000 francs. Le financement est assuré pour moitié par Présence Suisse, qui coordonne la campagne SwissTech, et ses partenaires financiers (Innosuisse, le réseau swissnex et digitalswitzerland). L’autre moitié provient des start-up, qui louent l’emplacement par le biais de Switzerland Global Enterprise (S-GE), coorganisateur de l’événement de Las Vegas avec Présence Suisse.

De beaux contrats à la clé

Les start-up participantes bénéficient de tarifs préférentiels. Ce n’est pas le seul avantage: elles profitent d’une visibilité accrue et d’une énorme communication. De quoi espérer décrocher de jolis contrats. «Les taux de retour de l’année dernière ont été extrêmement bons. Les start-up ont en moyenne quatre ou cinq contacts sérieux par jour», confirme Nicolas Bideau. «Il s’agit d’une incroyable opportunité pour présenter notre produit, étendre notre réseau, attirer de potentiels partenaires et investisseurs et accroître notre visibilité sur le marché américain», s’enthousiasme Tobias Witt, responsable marketing de Mictic.

Après les États-Unis, la campagne SwissTech se poursuivra aux quatre coins du monde. «Nous essayons d’être présents sur tous les continents», indique Nicolas Bideau. Paris, Shanghaï, Tokyo, Lisbonne, Helsinki… L’agenda est rempli avec tous les salons qui comptent. «Ce qui est bien avec le CES, c’est que comme il a lieu en janvier, il donne le ton pour tout le reste de l’année.»


Avec Mictic, la musique est à portée de main

Un «truc de dingue», «vraiment disruptif», dit Nicolas Bideau en parlant des bracelets musicaux de la start-up zurichoise Mictic. «Ce produit va exploser auprès des ados. J’ai fait des tests avec les miens, j’ai dû insister pour qu’ils me le rendent!» Face à tant d’engouement, il fallait tester. Rendez-vous est pris dans une école de danse à Lausanne.

Mictic sert à produire de la musique tout en bougeant. Le dispositif se compose d’une application mobile à télécharger sur son smartphone et de deux à quatre bracelets connectés par Bluetooth. À chaque bracelet peut être associé un instrument de musique: piano, batterie, violon, violoncelle, etc. Ils intègrent des accéléromètres et des gyromètres, ce qui permet au système de détecter leurs mouvements et de les convertir en sons.

Premier essai avec la batterie: caisse claire pour la main droite, charleston pour la gauche. Ce n’est pas comme tenir des baguettes virtuelles. Il suffit de lever un bras pour produire des battements, dont le nombre varie avec la vitesse de mes gestes. C’est rigolo, mais pas très harmonieux.

Il faut dire que le but n’est pas vraiment de «jouer» de la batterie. Mictic prend tout son sens lorsqu’on se met à danser. Or quand on bouge aussi bien qu’un tronc d’arbre desséché, il vaut mieux céder la place à la danseuse Alice Vlaiculescu. Sa démonstration avec le violon et le violoncelle est nettement plus poétique. Les danseurs classiques, les breakdanceurs ou les DJ vont se régaler et il y a fort à parier que l’industrie du spectacle va s’y intéresser.

Encore en version bêta, le produit est déjà disponible en précommande pour une centaine de francs et devrait être commercialisé au début du deuxième semestre.

Créé: 04.01.2020, 22h59

Nicolas Bideau

Directeur de Présence Suisse

«J’ai­merais que les journalistes se disent: «Chez les Suisses, c’est cool!»

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