Au tribunal pour avoir tabassé un homme à 10 contre 1

JusticeLe procès des dix jeunes de Monthey ayant infligé de multiples coups de couteau et de tessons de bouteille à un noctambule de 26 ans s'est ouvert à Sion.

L'avenue des Alpes, à Monthey, était recouverte du sang de la victime suite à cette rixe survenue dans la nuit du 21 au 22 avril 2017.

L'avenue des Alpes, à Monthey, était recouverte du sang de la victime suite à cette rixe survenue dans la nuit du 21 au 22 avril 2017. Image: DR

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Cinq plaies profondes entre le bras gauche et le thorax; l’une d’elles s’étendait sur 20 cm pour 3 à 4 cm de profondeur. Une autre entaille avec enfoncement comparable, dans le haut du dos, dessinait un «Z», pour 25 et 20 cm de long.

Lorsque ces coups de couteau d’une violence inouïe ont été infligés à Pierre-Yves* (paysagiste indépendant, 26 ans cette nuit-là), il aurait suffi que ce dernier effectue un léger mouvement de défense pour que sa cage thoracique ait été transpercée, «avec des conséquences pouvant être potentiellement létales». Telle est la conclusion du rapport d’expertise judiciaire signé par la cheffe du Service de médecine légale des hôpitaux valaisans, la doctoresse Bettina Schrag.

Tentative de meurtre

Les jeunes responsables de ce bain de sang survenu en pleine rue de Monthey au printemps 2017 seront jugés mardi dans une vaste salle d’audience du Tribunal cantonal, à Sion. Aujourd’hui âgés de 21 à 31 ans, les dix coaccusés doivent répondre de tentative de meurtre. Pierre-Yves, lui sera également jugé pour rixe et lésions corporelles simples pour avoir riposté à coups de poing.

Il faisait très froid en ce vendredi soir de fin avril: 2 degrés. Comme à son habitude, la bande ultraviolente s’était retrouvée pour boire de l’alcool sur le parking d’un centre commercial de la cité chablaisienne, avant de poursuivre dans un bar de l’avenue des Alpes. Trois des dix jeunes en étaient alors interdits d’entrée.

Pierre-Yves se trouvait dans ce même établissement avec plusieurs amis. L’un d’eux avait déposé une plainte deux mois plus tôt pour lésions corporelles contre un proche de Blerim*, l’un des dix comparses. Sous le coup d’une mesure d’expulsion à fin 2016 (contre laquelle il avait fait recours), ce Kosovar est allé aborder le paysagiste et son ami plaignant dans les toilettes du bar, accompagné d’un homme de main muni d’une lame - brandie par cet installateur sanitaire. «Viens dehors, on a un bon coup de couteau pour toi!» aurait répété ce dernier à l’intention de Pierre-Yves.

«T’es mort»

Gros bras au physique impressionnant, l’entrepreneur de 26 ans a fini par accepter de rejoindre Blerim et sa bande à dans la rue. Les deux hommes se seraient alors positionnés l’un en face de l’autre, au milieu de la route. Le Kosovar aurait commencé à provoquer son adversaire en lui touchant le visage, tout en faisant mine de le frapper, «et en lui disant qu’il allait le «planter», le «découper», le «trancher», l’«égorger», rapporte la procureure Emmanuelle Raboud dans son acte d’accusation.

Premier coup de poing donné par Blerim au paysagiste, à la hauteur de l’oreille gauche. Lequel ripostera en assénant également un coup au visage. «T’es mort!!!» aurait alors crié le reste de la bande en se jetant sur le gros bras. Rouée de coups – notamment de pied, dans le ventre –, c’est à ce moment que la victime a été poignardée à de multiples reprises, mais également blessée au moyen de tessons de bouteille. «Il ne pouvait que se débattre et essayer de se défendre», précise lEmmanuelle Raboud, procureure au Ministère public du Bas-Valais , qui soutient la préméditation.

«Les jeunes sont arrivés sur lui pour lui porter des coups, comme cela avait été prévu d’avance entre eux»

Pierre-Yves est parvenu malgré tout à se dégager et remonter l’avenue des Alpes. L’un des auteurs des coups de couteau lui aurait alors hurlé, en mimant le geste du pouce passant sous sa gorge, que sa bande allait «le buter». Avant de brandir sa lame dans sa direction et crier: «viens là que je te tranche!» D’autres ont encore jeté plusieurs bouteilles en verre - dont deux ont atteint leur cible, au niveau du dos.

Deux mois plus tard, Blerim – qui a déposé une plainte contre le paysagiste — effectuera une visite médicale pour faire constater une fracture de son os nasal. Seulement voilà: la crédibilité du Kosovar est sérieusement entachée par trois affaires d’escroquerie pour lesquelles il est accusé d’avoir activement participé.

Identité d'un détenu usurpée

Deux semaines avant la sanglante fin de soirée d’avril 2017, Blerim et deux complices auraient conclu un contrat de crédit de 60'000 francs au nom d’un détenu turc emprisonné dans le canton de Vaud. En créant des faux, et en récupérant le permis de séjour de l’intéressé auprès d’un ancien avocat du prisonnier – afin de pouvoir retirer l’argent à la banque.

À la même période, le Kosovar et deux autres compères auraient réservé un séjour à Dubaï via le site internet d’une importante agence de voyages, en mentionnant à nouveau le domicile du détenu turc comme adresse de facturation.

Les juges du Tribunal cantonal devront également se pencher sur ces infractions reprochées à Blerim dans le cadre du procès de la rixe.

* Prénoms d’emprunt

Créé: 02.04.2019, 16h29

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