Le village de Jussy (GE) craint d’être submergé par les pendulaires

La localité regrette que la France n’ait pas pris en compte son opposition à la création d’une autoroute. Des mesures lourdes pourraient être prises pour limiter la circulation frontalière.

Le village de Jussy.

Le village de Jussy. Image: DR

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Après la Ville de Genève, c’est au tour du village de Jussy de montrer son mécontentement vis-à-vis de la création d’une autoroute en Haute-Savoie. La petite commune estime ne pas avoir été écoutée par les autorités françaises. Le premier ministre, Édouard Philippe, a en effet donné son feu vert à la construction d’un tronçon de 16,5 km entre Thonon-les-Bains et Machilly.

Cette dernière localité étant située à la frontière, les petites communes genevoises s’inquiètent de l’arrivée de milliers de véhicules de pendulaires sur leurs routes. «Nous ne sommes pas équipés pour faire face au trafic. Les routes sont déjà surchargées», explique Philippe Othenin-Girard, conseiller administratif de Jussy responsable des Routes et des Transports.

La commune regrette l’absence de prise en compte de ses doléances par la France. Il y a deux ans, elle avait mandaté l’avocat Me Jacques Roulet pour faire part de son opposition à ce tronçon. Dans les observations transmises au cours de la mise à l’enquête du projet, il concluait que celui-ci devait être «réétudié» car il aurait un impact «catastrophique pour la commune». L’avocat estime que «le projet est très bien pour les Français mais ils se moquent des problèmes genevois. Ils ont l’obligation de tenir compte de l’impact sur les régions voisines mais ils ne l’ont pas fait dans un total mépris.»

Genève invoque une concurrence faite au Léman Express tout juste inauguré. Pour le village, les conséquences sont bien plus pratiques et problématiques. Alors que le trafic routier augmente déjà d’année en année, il pourrait exploser avec l’arrivée d’une autoroute à ses portes. «Nous avons aujourd’hui presque atteint les 10 000 véhicules par jour, ce qui est énorme pour un village comme Jussy. Avec ce tronçon, les pendulaires arriveront sur des routes qui ne sont pas adaptées», estime Philippe Othenin-Girard.

Une circulation plus importante générerait aussi des nuisances et de la pollution. «Il s’agit notamment d’une forte augmentation du bruit engendré par le passage des véhicules, ainsi qu’une augmentation sensible de la pollution, dans une commune pourtant considérée comme l’un des poumons verts de la région genevoise», écrivait ainsi Jussy à la France. La sécurité est également mise en péril. «Le trafic pendulaire est agressif, les gens étant pressés. Il représente un risque important pour les habitants et les enfants en particulier», redoute le conseiller administratif.

Pas les moyens pour se battre

La petite commune sait qu’elle n’a pas les moyens pour se battre, contrairement à Genève qui a mandaté un cabinet d’avocat français en vue de lancer une procédure. «C’est David contre Goliath. Nous discutons avec d’autres communes frontalières genevoises impactées mais nous ne faisons pas le poids face au département ou à la région», reconnaît Philippe Othenin-Girard.

La localité va donc plutôt se tourner vers le Canton de Genève afin de trouver des solutions. Un certain nombre de mesures sont déjà envisagées et seraient drastiques. «Comme dans le sud du canton, nous pourrions par exemple imaginer de faire fermer les petites douanes à certaines heures, avance l’élu. La circulation pourrait aussi être restreinte sur les petites routes pour la rediriger vers les grands axes pénétrants. Nous devrons rendre la traversée de la commune moins attractive.»

Créé: 11.01.2020, 22h30

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