Le MCG Mauro Poggia endosse le rôle d'arbitre du Conseil d'Etat

GenèveMauro Poggia est en position de force après son très bon score de dimanche passé. Le ministre MCG sera amené à trancher des dossiers au sein d’un gouvernement équilibré entre gauche et droite.

Pour le MCG, Mauro Poggia est le mieux placé pour faire la décision au sein du Conseil d’État.

Pour le MCG, Mauro Poggia est le mieux placé pour faire la décision au sein du Conseil d’État. Image: Martial Trezzini/Keystone

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Il apparaît comme le nouvel homme fort du Conseil d’État genevois. Mauro Poggia a été brillamment confirmé dans ses fonctions dimanche dernier en arrivant en tête du second tour des élections cantonales, avec 56% des suffrages. Cet excellent résultat consacre sa personne bien plus que son parti, le MCG, qui a perdu neuf sièges il y a un mois. Il fait de lui le numéro deux du gouvernement derrière l’indéboulonnable Pierre Maudet, réélu le 15 avril dès le premier tour.

Dans un exécutif sorti des urnes rééquilibré, trois ministres de gauche et trois de droite, Mauro Poggia se voit désormais en position d’arbitre, au même titre que son parti, qui conserve le pouvoir de faire et défaire des majorités au Grand Conseil. «Pour des sujets délicats, je vais sans doute être amené à faire pencher la balance, savoure l’élu. Si cela arrive, je ferai comme si je devais prendre la décision seul, sans penser à faire plaisir aux uns ou aux autres.»

La prochaine législature ne manquera pas de dossiers pour lesquels son appui et celui des onze élus MCG seront cruciaux, entre la réforme de la fiscalité des entreprises (PF17), le renflouement de la caisse de pension des fonctionnaires ou encore la toujours très délicate mobilité.

Cette situation fait même naître chez Mauro Poggia des envies de présidence du Conseil d’État. Il menace de la disputer au favori Pierre Maudet si on touche à son département mammouth couvrant la santé, l’emploi et le social. «Je ne la briguerai pas si je peux continuer avec le dicastère qui est le mien. Par contre, en cas de cure d’amaigrissement, j’aurais du temps libre», prévient le ministre. Il s’appuie pour cela sur la volonté populaire, qui joue en sa faveur: «Je ne comprendrais pas que l’on déçoive mes électeurs en attribuant ces politiques à quelqu’un d’autre.»

Pouvoir important

Pour son parti, Mauro Poggia est le mieux placé pour faire la décision au sein du Conseil d’État. «Le fait d’être sorti premier au second tour lui donne une légitimité, explique la présidente du MCG, Ana Roch. Il a d’excellentes capacités de négociation, il arrivera à raisonner certains de ses collègues.» Son indépendance vis-à-vis des formations classiques est une chance, selon elle. «Elle lui laisse la liberté de porter des projets qui sont aussi bien de gauche que de droite.»

Ce rôle d’arbitre fait peur aux autres formations. «Dans les faits, cela lui donnerait un grand pouvoir. Dans le cas de figure du 3/3/1, il pourrait faire sa politique et décider, craint le président du PLR Genève, Alexandre de Senarclens. Mais je pense que les autres conseillers d’État ne voudront pas lui faire ce cadeau et réfléchiront à des solutions.»

Des cadeaux, Mauro Poggia ne pourra en tout cas pas en attendre du PDC, qu’il a quitté en 2009. «Nous ne voulons pas qu’il ait le moindre rôle, lance le président du parti, Bertrand Buchs. Ce sera aux quatre grands partis de s’entendre.» Pour la gauche, la solution pour contrer le ministre MCG est toute trouvée. Les ennemis de toujours vont être obligés de discuter pour éviter son arbitrage et celui de son parti. «Les grands blocs de gauche et de droite devront travailler pour trouver des majorités», indique Mathias Buschbeck, chef du groupe des Verts au Grand Conseil. Ses alliés du Parti socialiste caressent le même fantasme.

«Les magistrats de chaque bord peuvent discuter ensemble, ajoute son homologue du PS Romain de Sainte Marie. C’est plutôt Mauro Poggia qui devra trouver des majorités au gouvernement et au Parlement s’il veut faire passer des lois.» (TDG)

Créé: 12.05.2018, 22h58

Le chiffre

56%

C'est le score qui a permis au sortant Mauro Poggia d'arriver en tête du second tour de l'élection du conseil d'Etat genevois.

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