«Nous allons reprendre les sites d'Athleticum compatibles avec notre stratégie»

CommerceDecathlon absorbe les magasins de sport Athleticum en s’associant avec leur propriétaire actuel, le groupe Maus Frères.

Christian Ollier, 50 ans, directeur de Decathlon pour la Suisse, travaille depuis vingt-cinq ans pour le groupe français.

Christian Ollier, 50 ans, directeur de Decathlon pour la Suisse, travaille depuis vingt-cinq ans pour le groupe français. Image: F. Guion/LMD

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Decathlon s’enracine en Suisse. Le géant français du magasin de sport reprend la firme Athleticum, forte de 23 enseignes, en s’associant avec leur détenteur actuel, le groupe Maus Frères (Manor, Jumbo, Lacoste, Gant, Aigle). Les magasins seront rebaptisés Decathlon d’ici à l’automne 2019. Le prix de la transaction n’est pas communiqué.

Le groupe avait déjà un pied dans le pays. Au cours des 12 derniers mois, l’ouverture de magasins à Marin (NE) et Meyrin (GE) avait servi de tête de pont à l’implantation locale du groupe, propriété de la famille Mulliez. Cette «prise de participation majoritaire» dans Athleticum peut sembler un pari osé à l’heure où le commerce de détail traditionnel se retrouve sous pression, concurrencé par l’e-commerce et les achats transfrontaliers.

Rencontre avec Christian Ollier, 50 ans, dont vingt-cinq ans passés chez Decathlon, directeur du groupe pour la Suisse, qui nous parle des enjeux à venir.

Vous faites le pari de la Suisse. Le marché n’est-il pas saturé avec la concurrence de l’e-commerce et la présence d’acteurs de poids, tels SportXX, Dosenbach ou encore Ochsner?

Je ne pense pas que le marché soit saturé. C’est d’ailleurs ce constat qui a nourri l’esprit de notre partenariat. Nous nous associons justement avec l’un des acteurs phare du pays, afin de créer ensemble de la valeur ajoutée. Dans ce cadre, nous apportons notre concept, notre savoir-faire et nos produits. En contrepartie, Athleticum nous transmet ses équipes, ses locaux et sa clientèle. Nous devons apprendre à servir les utilisateurs sportifs, en leur proposant des prix attractifs pour des produits de qualité.

Le commerce transfrontalier ne risque-t-il pas de peser sur votre activité?

Il existe aujourd’hui une forte évaporation du commerce de détail hors des frontières. Nous avons l’ambition de participer très humblement à tarir ce flot avec notre politique de prix très attractive. Nous essayons d’équilibrer au maximum les prix par rapport aux pays limitrophes. Et si les coûts au mètre carré ou en personnel sont plus élevés ici qu’ailleurs, nous faisons le pari d’accepter des marges plus faibles. L’accessibilité de tous au sport passe par des prix justes et raisonnables.

Allez-vous reprendre l’ensemble des sites d’Athleticum?

Nous allons reprendre tous les sites d’Athleticum compatibles avec notre stratégie, et l’intégralité des équipes. Mais je ne peux pas me prononcer aujourd’hui sur l’ensemble des 23 sites. En revanche, tous les collaborateurs qui veulent nous suivre se verront proposer un poste. Cas échéant, ceux qui ne voudraient pas nous rejoindre auront la possibilité de se voir proposer un reclassement au sein du groupe Maus Frères, en fonction des disponibilités et des envies de chacun.

Les conditions salariales vont-elles rester les mêmes?

Aucun collaborateur ne se verra offrir un salaire inférieur à ce qu’il touchait avant notre partenariat. La politique de rétribution globale de Decathlon est par ailleurs très intéressante, avec un système de part variable construit en fonction de la performance. Nous tenons à ce que les collaborateurs soient les gagnants de cette politique.

Vous aviez déjà un pied en Suisse avec vos magasins de Marin et Meyrin, ainsi qu’avec le site decathlon.ch. Comment vont les affaires?

Les résultats de nos deux magasins et de notre site d’e-commerce, lancé fin 2016, sont à la hauteur de nos espérances. Mais nous ne communiquons pas de chiffres.

Quelle est la part du chiffre d’affaires réalisée par les ventes via Internet en Suisse?

Le ratio est de 25% environ, ce qui est supérieur à celui de la quarantaine de pays dans lesquels nous sommes présents. À noter que le chiffre est un peu faussé pour la Suisse puisque la présence physique était jusqu’à aujourd’hui très faible.

Sur le plan mondial, les ventes de Decathlon atteignent 11 milliards d’euros. Quelles sont vos attentes de croissance pour la Suisse, où Decathlon comptera bientôt plus de 20 enseignes et 455 employés?

Je peux vous dire ce que je rêverais d’atteindre en prenant l’exemple de Genève. En avril de cette année, nous avons repris l’enseigne d’Athleticum qui comptait 19 collaborateurs. Les équipes ont depuis doublé. Je rêve donc de dupliquer cela en proposant un vrai service de proximité, avec un personnel passionné de sport, bien formé et à l’écoute des besoins des utilisateurs.

Qu’est-ce que cela implique au quotidien?

Les équipes travaillent de manière holistique, avec les clubs, les coachs sportifs, les associations, pour intégrer au mieux les besoins des sportifs locaux. Cela nécessite d’être à l’écoute, et parfois d’oser partir d’une feuille blanche. Pour moi, l’humain est toujours au centre de l’équation. Cette approche concerne tous nos sports: rando, ski, sports d’eau, pêche, cyclisme, tennis. En Suisse pays de montagnes et de lacs, tout se prête à la pratique sportive.

Vos halles de ventes sont énormes à la périphérie des agglomérations. Il se dit que vous avez l’intention d’ouvrir de plus petits magasins au centre des villes. C’est le cas?

Oui, nous allons tester un magasin de proximité. Il sera ouvert dans le centre commercial des Cygnes à Genève, le 1er décembre prochain.

Prévoyez-vous d’ouvrir un centre logistique dans le pays pour soutenir votre activité?

Oui, je vous le confirme. Nous négocions actuellement un partenariat avec des acteurs de la branche et avons à l’heure actuelle retenu quatre sites potentiels. Mais nous n’avons pas encore arrêté notre décision finale. (TDG)

Créé: 04.08.2018, 22h33

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