Passer au contenu principal

Agression sexuelleL’enquête visant un fonctionnaire yverdonnois classée sans suite

Aucune des mesures d’investigation menées n’est venue étayer les soupçons dirigés contre le cadre communal, annonce le Ministère public. Les audits lancés par la Ville se poursuivent.

Suite aux rumeurs, la Ville avait déposé une plainte.
Suite aux rumeurs, la Ville avait déposé une plainte.
PHILIPPE MAEDER

À Yverdon, les conclusions de l’enquête préliminaire visant un cadre accusé d’abus de fonction et de «comportement inadéquat» durant plusieurs années étaient très attendues. La procédure a été classée sans suite, nous annonce jeudi le Ministère public.

Pour mémoire, entre les mois de juin et août, nous avions rencontré cinq femmes, des mères de famille – souvent célibataires – dans une situation de précarité. Elles assurent avoir reçu «des propositions déplacées» lors d’un entretien concernant leur situation avec ce cadre du dicastère de la Jeunesse et de la Cohésion sociale (JECOS). Une l’accusait d’agression sexuelle. L’homme nie ces allégations en bloc. Ce dernier, selon nos informations, aurait déjà été recadré par sa hiérarchie en 2017 à la suite de la plainte d’une femme qui dénonçait «des propos inappropriés». Alertée, la Ville avait déposé une plainte.

Une femme ne s’est pas présentée

«Cette enquête a été clôturée par une ordonnance de non-entrée en matière rendue le 16 octobre, à ce jour exécutoire, détaille dans un courriel le procureur Stephan Johner. En substance, aucune des mesures d’investigation menées n’est venue étayer les soupçons dirigés contre l’employé concerné. En particulier, aucune des personnes entendues n’a fait état de comportements pénalement répréhensibles.»

«Plusieurs femmes ont été rencontrées par les enquêteurs mais ont toutes déclaré n’avoir rien à reprocher à M. X, raison pour laquelle elles n’ont dès lors pas été entendues formellement.»

Stephan Johner, procureur

Outre quatre auditions formelles, une femme «qui affirmait vouloir être entendue a finalement refusé de se présenter», poursuit Stephan Johner: «Par ailleurs, plusieurs femmes ont été rencontrées par les enquêteurs mais ont toutes déclaré n’avoir rien à reprocher à M. X, raison pour laquelle elles n’ont dès lors pas été entendues formellement. Enfin, la médiatisation de l’affaire n’a fait sortir aucune victime du bois, si bien qu’au final, aucun élément à charge n’est ressorti.»

Jointe vendredi, la mère de famille qui dénonçait les faits les plus graves – qui n’est pas celle qui a refusé de se présenter - ne décolère pas. Elle s’était rendue à la gendarmerie il y a quelques mois et avait raconté son histoire avant d’être redirigée vers la police de sûreté. «Terrorisée» à l’idée d’une confrontation, elle n’avait finalement pas déposé de plainte, malgré un appel téléphonique avec les enquêteurs. «Je voulais qu’il y ait au moins une autre victime qui fasse le pas avec moi», confie-t-elle. «Je n’ai pas été contactée par les autorités depuis, ce que je ne comprends pas.» Compte-t-elle y aller à nouveau de son propre chef pour cette fois mener les démarches jusqu’à leur terme? «Si j’y vais toute seule, il va m’enterrer, soupire-t-elle. Malheureusement, personne n’ose parler.»

Stephan Johner reprend ces éléments: «Cette personne a refusé d’être entendue par la brigade des mœurs le jour de sa venue à la gendarmerie», précise-t-il. «Il lui a été conseillé d’aller à un centre LAVI d’aide aux victimes, de prendre un avocat, et de reprendre contact si elle le souhaitait. Ce qu’elle n’a pas fait.»

Quid des audits?

De son côté, le principal intéressé réagit par l’intermédiaire de son avocat. «Mon client a pris acte, avec satisfaction, que par ordonnance de non-entrée en matière, le Ministère public central a constaté qu’aucun élément tangible n’était ressorti de l’enquête préliminaire, écrit dans un courriel Guy Longchamp. Au final, il s’avère que les reproches formulés à l’encontre de cet employé communal ne sont rien d’autre que des rumeurs, colportées par des personnes mécontentes de leur sort dans le cadre de l’exercice de ses fonctions. La politique n’en sort pas grandie. Mon client, lui, en subit encore aujourd’hui les graves conséquences. Pour le reste, une enquête administrative est en cours, de sorte qu’aucune autre déclaration ne sera faite.»

En effet, parallèlement à l’enquête menée par le Ministère public, la Municipalité avait lancé deux audits sur une partie du dicastère en mains socialistes. La Ville veut notamment savoir s’il y a eu «des dysfonctionnements», et si des agissements ont été couverts. Une réponse à une résolution du Conseil communal, déposée par les élus Loperetti (Vert’lib.) et Ramchurn (UDC) qui avaient recueilli des témoignages de victimes supposées. Où en est le dossier? «Nous attendons d’avoir les résultats des investigations supplémentaires que nous avons lancées, indique le syndic Jean-Daniel Carrard. Nous devrions recevoir les conclusions de l’audit organisationnel et de l’audit financier dans un ou deux mois. Nous ne nous prononcerons pas avant d’avoir tous les éléments.»

3 commentaires
    JMi

    Encore une fois la presse et certains politiciens à spectacle on lancer cette homme dans la fosse aux lions sans preuve et sur la base de témoignages douteux.