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ClassiqueL’ensemble Gli Angeli s’élève une nouvelle fois

La formation genevoise retrouve le chemin de la scène avec un concert consacré à Reicha et Haydn

L’ensemble Gli Angeli avec, à droite, son chef et fondateur Stephan MacLeod.
L’ensemble Gli Angeli avec, à droite, son chef et fondateur Stephan MacLeod.
REBECCA BROWING

Toute peine ayant une fin, l’ensemble Gli Angeli aussi, après d’autres formations de la place, sort son nez du confinement et se déploie dans un de ses havres naturels, le Studio Ansermet. Retour au monde d’avant? On pourrait presque y croire: il n’y a qu’une poignée de détails pour rappeler que la vague pandémique laisse, ici comme ailleurs, des traces profondes dont on espère être débarrassé un jour. Ainsi, les organisateurs conseillent vivement de réserver le siège à tous ceux qui désirent assister au concert, les places à disposition étant réduites pour les raisons sanitaires que l’on sait. Par ailleurs, et on touche là à un autre héritage du Covid-19, l’événement sera filmé et retransmis en direct sur la page Facebook et sur la chaîne YouTube de la formation, ce qui évitera le mécontentement des exclus . Enfin, le format désormais court des concerts proposés partout en Suisse - les entractes sont supprimés jusqu’à nouvel ordre - a poussé le chef et fondateur de l’ensemble Stephan MacLeod à remodeler en partie l’affiche de la soirée.

Les adieux des musiciens

Le menu demeure pour autant alléchant. À commencer par ce grand chantier auquel se frotte depuis un certain temps Gli Angeli: l’intégrale des symphonies de Joseph Haydn. Parmi les 104 ouvrages que compte ce répertoire, on côtoie cette fois-ci une des pièces les plus connues, la «Symphonie N° 45», dite «Les Adieux». À quoi doit-on sa célébrité? À son étonnante structure, tout d’abord, qui repose sur cinq mouvements, dont deux «Adagio». Plus étonnant encore, le final - second «Adagio» - est porté par une musique qui se délite progressivement, jusqu’à atteindre le silence, les musiciens quittant la scène l’un après l’autre, dans des adieux quelque peu déroutants. On dit qu’avec ce geste, Haydn a voulu signifier au prince d’Eszterhaza qui l’employait le désir ardent des musiciens de voir leur très longue saison s’achever pour retrouver enfin leurs chez-soi.

Anton Reicha ne mérite pas le quasi-oubli qui l’accompagne aujourd’hui.

L’autre point fort du concert, se niche auprès d’un compositeur, Anton Reicha (1770-1836), dont le génie et l’influence qu’il exerça à son époque ne méritent pas le quasi-oubli qui l’accompagne aujourd’hui. Né à Prague et mort à Paris, cette figure est à redécouvrir notamment à travers son répertoire copieux consacré au piano. Mais aussi à travers ses œuvres pour orchestre. Gli Angeli en donne un aperçu à ne pas manquer, avec la «Symphonie concertante pour deux violoncelles», qui sera jouée en première mondiale à Genève! L’occasion aussi de retrouver sur scène, aux violoncelles, Christophe Coin et Davit Melkonyan.

Gli Angeli, en concert Studio Ansermet, lu 15 juin à 20h. Présentation par Philippe Albèra.Rés. www.gliangeligeneve.com.Retransmission en direct sur la page Facebook et la chaîne YouTube de l’ensemble.