Les 26 visages de Greta Thunberg
En s'amusant sur google.ch à faire défiler le prénom féminin désormais le plus connu de la planète associé aux lettres de l'alphabet, on tombe sur différents types de Greta dans les deux ou trois premiers résultats. Greta A comme Asperger, C comme critique et climat, E comme écologie, P comme parents. C'est la jeune fille originelle, celle atteinte d'un syndrome autistique ne nuisant ni à son intelligence ni à son discours. Qu'elle a ancré en elle depuis longtemps. Dénonçant le peu d'action politique face au réchauffement climatique.
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Mais aussi Greta D comme Dubochet, L comme Lausanne, N comme New York, O comme ONU, P comme pilgrim (pèlerin, en anglais), S comme speech, U comme UNIL, T comme Trump, V comme voilier, W comme Wikipédia. Du constat aux actes, la Suédoise a voyagé et convaincu. Obtenu l'appui de scientifiques, de politiciens, d'universités. Mais aussi et surtout d'une jeunesse qu'on croyait peut-être à tort désensibilisée, en plus d'être dépolitisée. Dans tout mouvement, il faut des symboles mobilisateurs, des visages et des images. Malgré tous les paradoxes d'un âge plus si tendre – mon Dieu, ils voyagent en avion et mangent du fast-food –, les manifestations massives, comme celles d'aujourd'hui, se poursuivent. Elles sont nécessaires. Reconnaissons-le, la Stockholmoise n'est pas pour rien par exemple dans l'accélération du Conseil des États cette semaine sur le dossier de la loi sur le CO2.
«Dans tout mouvement il faut des symboles mobilisateurs, des visages et des images»
Mais le petit jeu des touches se poursuit. Greta B comme bande-annonce, F comme Film, G comme Garbo (l'actrice), M comme movie, I comme Isabelle, H comme Huppert jouant une psychopathe dans un thriller, «Greta», de Neil Jordan. On n'ira évidemment pas dire que lundi dernier à l'ONU, en criant et en pleurant, la militante a fait du cinéma. Greta «la science» (S), comme la surnomment ses détracteurs, et les grévistes du climat versent désormais dans la caricature anticapitaliste qu'on ne peut dénoncer sans passer pour un suppôt de Wall Street. Il faut pourtant sortir de cette idéologie pastèque – verte à l'extérieur, rouge à l'intérieur – aussi simpliste que la ligne des climatonégationnistes. Économie et croissance ne sont pas forcément les ennemis de l'environnement, qu'il faudrait éradiquer. La vérité est plus complexe. Les solutions n'en sont pas moins urgentes à trouver.
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