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L’invitéLes addictions, une mauvaise affaire pour nous tous

Grégoire Vittoz souligne les coûts économiques liés aux dépendances et met en avant les mesures de prévention.

Un rapport récemment publié par l’Office fédéral de la santé publique estime à 7,7 milliards de francs les coûts économiques liés aux addictions. Cela représente 901 francs par an et par habitant. Ainsi, au-delà des dégâts en termes de santé et des problèmes sociaux que génèrent les addictions pour celles et ceux qui en souffrent et leur entourage, celles-ci sont également une très mauvaise affaire pour l’ensemble de la société sur le plan économique.

Ce chiffre, dans ce qu’il a de spectaculaire et d’inquiétant, doit nous fournir de nouveaux arguments dans le travail qui est le nôtre: lutter contre les conséquences des addictions n’est pas seulement une nécessité sur le plan de la santé ou pour préserver les enfants et l’entourage des personnes malades, c’est également contribuer au bien-être économique de toutes et tous. Chaque franc dépensé dans la prévention devient ainsi un investissement.

«Le tabac et l’alcool représentent à eux seuls 6,8 milliards de coûts et contribuent à 88% à la facture finale.»

Encore s’agit-il de bien cibler les mesures de prévention. Le rapport donne là aussi une indication claire: le tabac et l’alcool représentent à eux seuls 6,8 milliards de coûts et contribuent à 88% à la facture finale. L’addiction à ces substances légales se développe généralement très tôt et c’est à l’adolescence que beaucoup de choses se jouent. Les meilleures pratiques internationales montrent la voie à suivre si l’on souhaite agir efficacement: les pays qui ont fait un effort pour diminuer drastiquement l’accessibilité et l’attractivité de ces produits sont ceux qui enregistrent les plus grands succès en termes de baisse des dégâts qui y sont liés.

Autrement dit, on pourra faire baisser les coûts liés à la consommation de tabac et d’alcool en agissant sur le prix de ces produits, en limitant les endroits et les heures auxquels ils sont accessibles et en empêchant leurs producteurs d’en faire une publicité ciblée sur les jeunes, par exemple sur les lieux de vente ou sur les réseaux sociaux.

Des mesures simples

Le canton de Vaud a ainsi vu ses hospitalisations en lien avec l’alcool diminuer de 20% suite à l’interdiction de la vente à l’emporter après 21 heures. C’est là un bon exemple d’une mesure simple, peu coûteuse et bénéfique sur le plan économique puisque à travers quelques ventes d’alcool bon marché en moins, les coûts sociaux de la consommation de ce produit sont diminués de façon importante.

Le succès d’une telle régulation devrait nous pousser à être plus audacieux et viser à corriger une situation inacceptable: les 7,7 milliards de coûts sont supportés par l’ensemble de la société alors que les bénéfices économiques de la commercialisation de ces produits ne tombent dans les poches que de quelques-uns.

3 commentaires
    Jacques Gaillard

    «Le tabac et l’alcool représentent à eux seuls 6,8 milliards de coûts et contribuent à 88% à la facture finale.» Et rapportent combien, en taxes diverses? Dont il découle que « la commercialisation de ces produits ne tombent dans les poches que de quelques-uns» est faux.