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SuisseLes agences de voyages luttent pour leur survie

Le secteur des agences de voyage s’attend à un repli de 70% de son chiffre d’affaires au deuxième semestre et pourrait perdre jusqu’à 3000 emplois en raison de la crise du coronavirus, selon un sondage de l’Université de Saint-Gall.

Environ 1300 agences de voyage sont actives en Suisse, pour un chiffre d’affaires estimé de 6 milliards de francs.
Environ 1300 agences de voyage sont actives en Suisse, pour un chiffre d’affaires estimé de 6 milliards de francs.
KEYSTONE/MARTIN RUETSCHI

Frappées de plein fouet par la pandémie de coronavirus, les agences de voyage souffrent. Le secteur, qui occupe environ 8170 postes (équivalent plein-temps) en Suisse pourrait perdre jusqu’à 3000 emplois dans le pire des scénarios, a averti la Fédération suisse du voyage jeudi lors d’une conférence de presse.

«Notre destin est entre les mains du virus et du politique», a déclaré Max Katz, président de la faîtière, en guise de préambule. Qualifiée de «dramatique» et de «sans précédent», la situation menace de conduire de nombreuses entreprises saines, non endettées, à la faillite, s’alarme-t-il.

La branche du voyage a été doublement frappée, non seulement confrontée à une absence de recettes, mais également à des coûts pour le rapatriement des voyageurs et la gestion des annulations et des remboursements. Le système du fonds de garantie est ainsi au bord du gouffre, selon les données compilées par le cabinet de conseil Hanser Consulting, qui table sur une perte de 374 à 523 millions pour la branche en 2020.

Manque de visibilité

Le manque de visibilité pèse «énormément» sur les activités, alors que les mesures de quarantaine imposées au retour en Suisse après avoir voyagé dans certaines destinations changent de jour en jour. «Nous plaidons pour un remplacement de la quarantaine par des tests, étant donné que la majorité des personnes contaminées l’ont été en Suisse», explique-t-il.

En outre, certaines destinations de voyages devraient rester fermées au tourisme international jusqu’à la fin de l’année comme la Thaïlande ou Bali, voire même jusqu’à mars 2021.

La faîtière presse le gouvernement d’agir en fournissant aux entreprises du secteur des aides pour couvrir les coûts fixes, arguant que les crédits Covid-19 ont été assez peu utilisés du fait de la crainte de ne pas pouvoir rembourser. «Il faut agir maintenant avec un paquet d’aide pour couvrir les coûts fixes (loyers, assurances…)», insiste Max Katz.

Un sombre avenir

Les perspectives pour la branche n’ont jamais été aussi mauvaises, selon un sondage mené par l’Université de Saint-Gall en juin dernier. Pour la deuxième moitié de l’année, le secteur s’attend à un repli de 70% du chiffre d’affaires et de 65% sur l’ensemble de l’année. Les marges sont escomptées sous pression en raison de la faible demande.

De son côté, le recours au chômage partiel devrait continuer au même rythme qu’au premier semestre. À cette période, 83% des collaborateurs de la branche étaient concernés par les mesures de réduction de l’horaire de travail, mais les licenciements ont été très limités.

«La crise pourrait accélérer la numérisation des agences de voyage et leur organisation en réseau», selon Christian Laesser, Professeur à l’Université de Saint-Gall et coordinateur de l’étude.

Différents rythmes

En outre, la reprise ne se fera pas au même rythme selon les différents segments de produits. «Pour les voyages en groupe ou les croisières, il faudra beaucoup plus de temps que pour les voyages individuels faits sur mesure, qui sont le coeur des activités des agences», souligne Walter Kunz, directeur général de la Fédération suisse du voyage.

Environ 1300 agences de voyage, dont 900 sont des petites et moyennes entreprises (PME), sont actives en Suisse. Leur chiffre d’affaires cumulé est estimé à 6 milliards de francs. En raison de la pandémie, un manque à gagner de jusqu’à 2,9 milliards pourrait être essuyé, craint la faîtière.

ATS/NXP