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Promotion en Super LeagueLes ambitions plus ou moins affirmées du Lausanne-Sport

Le LS, promu en Super League, ne bombe pas le torse. Mais le club ne cache pas qu’à terme, il veut s’installer parmi les quatre meilleures équipes du pays. Vincent Steinmann, responsable commercial, en parle.

Quelques dizaines de supporters lausannois ont réservé un accueil pyrotechnique aux joueurs du LS de retour à La Pontaise jeudi soir.
Le LS promu en Super League
Quelques dizaines de supporters lausannois ont réservé un accueil pyrotechnique aux joueurs du LS de retour à La Pontaise jeudi soir.
Keystone
L’accueil des champions de Challenge League jeudi soir à La Pontaise.
Le LS promu en Super League
L’accueil des champions de Challenge League jeudi soir à La Pontaise.
Keystone
Mission accomplie pour l’entraîneur Giorgio Contini.
Le LS promu en Super League
Mission accomplie pour l’entraîneur Giorgio Contini.
Keystone
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Les ambitions sportives

Les deux dernières fois où le LS avait retrouvé la Super League, en 2011 puis 2016, il n’avait pas su y subsister longtemps. Cette troisième promotion en une décennie devrait être la bonne, car tout laisse penser que le club peut, désormais, s’appuyer sur une assise économique et structurelle plus solide. «Le premier objectif est d’installer durablement le club en Super League, de ne plus faire le yo-yo, rappelle Vincent Steinmann, directeur commercial. Nous viserons donc le maintien cette saison, tout en continuant à développer le projet: la formation, le stade, le public, à Lausanne, tout est en chantier.»

‹‹A terme, le club aimerait viser le top 4 du championnat.››

Vincent Steinmann, responsable commercial du LS

Mais les chantiers doivent aboutir vite. Le Lausanne-Sport souhaite grandir afin de justifier les discours initiaux à l’arrivée d’Ineos, qui faisaient miroiter des matches de Coupes d’Europe aux futurs supporters de la Tuilière. «On ne veut pas le claironner maintenant, mais à terme, le club aimerait viser le top 4 du championnat», confirme Vincent Steinmann. Sur le plan sportif, le processus de croissance est en route. Reste à voir à quelle vitesse et avec quel succès il se poursuivra à l’étage au-dessus.

Quelle politique de transferts?

Vincent Steinmann, directeur marketing et communication du LS
Vincent Steinmann, directeur marketing et communication du LS
Keystone

Ce n’est pas le passage à vide récemment traversé par l’équipe qui va modifier la règle: tout néo-promu, si dominant soit-il à l’étage inférieur, doit se renforcer dans les secteurs-clés s’il veut jouer un rôle en vue dans l’élite. Mais il y a deux façons de faire les choses: par petites touches dans la continuité ou via la grande lessiveuse. Quelle école le LS suivra-t-il, sachant qu’il existe toujours une voix du milieu et que c’est souvent la meilleure?

La récente éviction du directeur sportif Pablo Iglesias, remplacé par Souleymane Cissé, laisse entendre que nouvelles orientations, il y aura. Mais dans quelle mesure? On sait que Ndoye part pour Nice et on se doute que les contrats de Pasche et Nganga, à échéance, ne seront pas reconduits. Quid des renforts? «Cissé sait ce qu’il veut faire, mais nous avons décidé de laisser place à la fête d’abord, puis de communiquer à ce sujet ensuite», relaie Vincent Steinmann. Une façon de dire que la fête pourrait avoir des lendemains amers pour certains? Le partenariat avec l’OGC Nice, via le propriétaire Ineos, va forcément bouleverser le paysage et, donc, le vestiaire lausannois. «Là où nous avions un dossier de trois pages, lorsque nous recherchions un latéral, nous avons désormais trois classeurs», image le responsable marketing du LS, en allusion aux réseaux d’Ineos et de Cissé (ex-Monaco et Bordeaux), par ailleurs recruteur en chef sur l’Afrique. Reste à connaître la taille de l’enveloppe.

Quel budget pour bâtir?

Pour bâtir une équipe et acheter des joueurs a priori meilleurs que ceux dont on se sépare, il faut un minimum de blé. Ineos en a, mais ne souhaite pas communiquer en la matière. «On ne parle ni du budget de cette saison, ni de celui de la saison prochaine», évacue Vincent Steinmann. Le premier devrait raisonnablement se situer dans une fourchette comprise entre 10 et 12 millions de francs, soit à peu près l’équivalent des plus petits budgets de Super League. A quel point le LS pourra et voudra-t-il mettre du vent dans la voilure?

‹‹Le stade de la Tuilière doit changer la face du club.››

Vincent Steinmann, responsable commercial du LS

Ineos a déjà prouvé ne pas souffrir de folie des grandeurs, mais il y a fort à parier que l’investisseur britannique, en dépit des effets Covid, mettra une enveloppe plaisante à disposition de Souleymane Cissé pour étoffer l’effectif du LS. Le stade de la Tuilière, qui devrait finalement être opérationnel en novembre, constituera aussi une source de revenus supplémentaires. Le club vise une première ligne de flottaison à 6’000 spectateurs en moyenne, avant de s’attaquer à la barre des 8’000, escomptée à terme. «Ce stade doit changer la face du club, on veut un public plus nombreux, à qui on offrira des émotions radicalement différentes», exhorte Vincent Steinmann, avant de rappeler les bases de l’histoire: «En foot, on est toujours jugé sur les résultats.» D’où l’utilité prépondérante d’une campagne de transferts réussie cet été.

Ombres niçoises et identité vaudoise

Appartenir au giron Ineos, presque tout le monde le dit et le répète depuis 2017, constitue une belle opportunité de grandir pour le LS. Il n’en reste pas moins que, parmi une population vaudoise dont le sens de la prudence n’est plus à démontrer, quelques accents de méfiance subsistent envers la politique du groupe britannique. A quel point ce Lausanne-Sport, qui n’a plus grand-chose de vaudois en apparence, ne pourrait-il pas devenir le dindon de la farce, tapi dans l’ombre du «grand frère» niçois? Le départ de Ndoye pour la Côte d’azur n’a fait qu’alimenter les craintes.

«Si cela n’avait pas été Nice, il serait parti ailleurs, coupe Vincent Steinmann. Avant, le LS voyait vite ses meilleurs joueurs partir dans d’autres clubs suisses. S’ils peuvent désormais rester une année ou deux de plus à Lausanne avant de partir au niveau international, on en ressortira gagnants. Et le jour où nous aurons trois ou quatre joueurs dans l’équipe prêts à faire le saut en Ligue 1, ce sera bon signe.» Plutôt que les risques d’ombrage, le dirigeant retient les lumineuses perspectives: «L’objectif du groupe, c’est que Nice et Lausanne soient performants dans leur championnat respectif.» Et pour ce qui est des éventuelles atteintes à l’identité vaudoise du LS, le thème ne semble pas d’actualité: «L’identité d’un club ne dépend pas de l’origine de ses dirigeants», synthétise Vincent Steinmann, non sans rappeler que les présidents vaudois du passé n’avaient pas toujours cassé des briques.