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Bon pour le moralLes animations en EMS se poursuivent tant bien que mal

Le personnel des institutions et les intervenants externes font preuve de flexibilité pour adapter les activités socioculturelles aux directives sanitaires.

Dans une chambre de l’EMS Parc de Beausobre, à Morges, Lionel Buiret chante Brassens pour Christiane, qui reprend le refrain. «La musique me fait remonter des souvenirs. Chaque fois, je pleure.»
Dans une chambre de l’EMS Parc de Beausobre, à Morges, Lionel Buiret chante Brassens pour Christiane, qui reprend le refrain. «La musique me fait remonter des souvenirs. Chaque fois, je pleure.»
Chantal Dervey

«En cette période Covid, les relations sociales sont d’autant plus importantes que les résidents ne peuvent plus recevoir la visite de leur proche aussi souvent. Ce lien est pourtant essentiel au bien-être psychique et au final, physique, de ces derniers». François Sénéchaud, secrétaire général de HévivA, l’association professionnelle vaudoise des institutions médico-psycho-sociales, encourage les institutions à redoubler d’ingéniosité pour répondre aux besoins des bénéficiaires en la matière. Même avec des intervenants externes? «En respectant les mesures sanitaires, ces professionnels peuvent poursuivre leur art pour le plus grand bonheur des résidents», assure-t-il.

Message bien reçu dans la plupart des structures du canton de Vaud (certaines restent assez fermées). Les équipes des animations socioculturelles ont imaginé des plans B attractifs pour continuer à proposer des moments d’évasion aux personnes confinées. Leurs responsables ne cachent pas que cette réorganisation plus ciblée mobilise davantage de monde. Les renforts de bénévoles et de la Protection civile sont bienvenus pour décharger le personnel et leur permettre de se consacrer à ces activités.

Programmes adaptés

À cette saison, le Centre d’accueil temporaire (CAT) Kanumera de l’EMS La Vernie, à Crissier, a l’habitude d’organiser sa traditionnelle brisolée. La responsable, Marisa Pinto, fait toujours appel à Suzanne Montgermont et à sa fille Alexandra Jarjou, qui ne se contentent pas de griller les marrons, mais racontent des histoires sur le thème des châtaignes et font chanter les gens. «On a fait de notre mieux pour passer un bon moment, mais on a dû rester à l’extérieur, regrette Alexandra. On n’a pas pu décorer les tables, ni faire le jeu des peluches. Mais bon, c’est mieux que rien car il y a aussi beaucoup d’annulations.»

Alexandra Jarjou et Suzanne Montgermont ont préparé la brisolée pour les bénéficiaires du Centre d’accueil temporaire Kanumera de l’EMS La Vernie, à Crissier.
Alexandra Jarjou et Suzanne Montgermont ont préparé la brisolée pour les bénéficiaires du Centre d’accueil temporaire Kanumera de l’EMS La Vernie, à Crissier.
MARIUS AFFOLTER

Marisa Pinto explique qu’il a fallu revoir tout le programme des animations. On ne peut plus aller au resto, alors on fait la cuisine ensemble. Les bénéficiaires nous lisent la recette et supervisent les opérations de loin. Comme il n’y a plus de concerts, on fait les DJ ou la chorale, et on danse quand même, à distance. Les enfants des crèches ne peuvent plus nous rendre visite, alors on s’envoie des cartes postales avec des dessins…

Éviter la détresse psychologique

Responsable socioculturel et des structures d’accompagnement médico-social de l’Ensemble hospitalier de la Côte (EHC), Olivier Talon a pu constater avec quelle rapidité quelqu’un peut se retrouver en détresse psychologique à cause du manque de rapports humains. «Les mesures drastiques que nous avons dû prendre lors de la première vague nous ont ouvert les yeux. Gérer la maladie, oui, mais on ne doit pas oublier de soigner les états d’âme de la personne. Raison pour laquelle nous faisons tout ce qui est possible pour maintenir des animations adaptées à la situation».

Ainsi, en plus d’activités divertissantes organisées par le personnel, les portes restent ouvertes à différents intervenants externes. Depuis plusieurs années, Lionel Buiret, musicien et cofondateur de l’Association Les Notes Pétillantes, joue de la guitare ou de l’accordéon en chambre, pour les personnes qui ne peuvent pas se déplacer. Sa prestation, personnalisée, est particulièrement adaptée à la situation. «Nous avons aussi maintenu les visites avec l’âne à l’EMS d’Aubonne et le yoga pratiqué dans les logements protégés a beaucoup de succès», ajoute Olivier Talon.

On retrouve cet état d’esprit d’ouverture, d’engagement et de flexibilité à l’EMS Beau-Site, à Clarens. «Cet été, c’était plus simple, on a pu organiser des concerts sur la terrasse et les patients écoutaient depuis leur balcon, raconte Gaëlle Rochat Karlen, responsable socioculturelle. Puis on a eu un stagiaire qui a joué du piano installé dans l’ascenseur. Cela permettait de faire de la musique à chaque étage. On organise aussi des lotos par étage. Mercredi dernier, comme on n’a pas pu faire notre raisinée, on a fait une soirée pyjama, avec quelques pas de danse dans les couloirs.»

Afin d’animer la vie des résidents durant la période Covid, des animatrices de l’EMS Beau-Site, à Clarens, ont organisé une soirée pyjama, en musique, avec quelques pas de danse dans les couloirs. Les résidents peuvent aussi déguster un café viennois. (De gauche à droite, André Borgatte, Melany Nunez, animatrice, Emmi Passera, et Agnès Rogivue, animatrice.
Afin d’animer la vie des résidents durant la période Covid, des animatrices de l’EMS Beau-Site, à Clarens, ont organisé une soirée pyjama, en musique, avec quelques pas de danse dans les couloirs. Les résidents peuvent aussi déguster un café viennois. (De gauche à droite, André Borgatte, Melany Nunez, animatrice, Emmi Passera, et Agnès Rogivue, animatrice.
CHANTAL DERVEY