Votre navigateur est obsolète. Veuillez le mettre à jour avec la dernière version ou passer à un autre navigateur comme ChromeSafariFirefox ou Edge pour éviter les failles de sécurité et garantir les meilleures performances possibles.

Passer au contenu principal
Opinion

Éditorial sur le coût de la santé
Les années de vie ont un prix

Abonnez-vous dès maintenant et profitez de la fonction de lecture audio.
BotTalk

Plus de 2 millions de francs ici, 368’000 là. Des médicaments onéreux sont arrivés sur le marché, et avec le développement de la médecine personnalisée, la tendance devrait s’accentuer. Cela pose des questions vertigineuses. Jusqu’où notre société pourra-t-elle, voudra-t-elle, payer? Ou encore: est-il juste de prendre en charge uniquement celles et ceux qui sont les plus malades?

Cette discussion est compliquée par un manque de transparence puisque, souvent, les tarifs connus sont des prix vitrines. Et de nombreux autres éléments doivent être pris en compte. Par exemple, certaines thérapies coûteuses n’exigent qu’une injection. Autre cas de figure: les médicaments contre des maladies rares, qui concernent peu de personnes, sont forcément plus chers sans être ceux qui grèvent le plus les coûts de la santé.

«S’il peut être tentant de faire l’autruche, ce questionnement sur les médicaments innovants ultrachers est indispensable.»

Ces deux points (parmi d’autres) illustrent la complexité du débat. S’il peut être tentant de faire l’autruche, ce questionnement est indispensable. Dans ce contexte, le groupe de réflexion Avenir Suisse suggère pour les médicaments innovants un modèle de fixation des prix basé sur le nombre d’années de vie sauvées, pondéré par leur qualité.

Là encore, il reste des écueils et des dangers. Mais cette piste a l’avantage de s’interroger sur ce que le malade retire de la prise en charge. Face à la hausse des coûts de la santé, cet enjeu dépasse d’ailleurs les injections ultrachères. On estime que quelque 20% des actes médicaux n’apportent pas de valeur ajoutée. De façon générale, il est donc essentiel de remettre la qualité, la plus-value, au cœur du débat. Et si les traitements onéreux poussent au questionnement, celui-ci devrait être encore plus pertinent avant d’opérer un genou ou de prescrire un anticholestérol.