Passer au contenu principal

ÉtudeLes arbres venus d’ailleurs rendent aussi des services

Une étude menée à Genève montre que ces arbres sont bénéfiques, peu importe leur origine. Ils aident à réduire la pollution et servent d’abris à d’autres espèces.

L’analyse des services écosystémiques des arbres genevois montre qu’ils sont bénéfiques, peu importe leur origine.
L’analyse des services écosystémiques des arbres genevois montre qu’ils sont bénéfiques, peu importe leur origine.
KEYSTONE

Bien contrôlés, les arbres importés ne sont pas une menace pour la biodiversité locale. Au contraire, ils rendent des services à l’environnement, tout comme leurs congénères autochtones. Ce constat émane d’un travail mené par des spécialistes de l’Université de Genève (UNIGE) et des Conservatoire et Jardin botaniques de la Ville de Genève.

Les chercheurs ont étudié les espèces d’arbres isolés ou en alignements présentes sur le territoire urbain et semi-urbain du canton de Genève, forêts exclues. Après quatre ans de travail, 911 espèces différentes ont été répertoriées, indique lundi l’UNIGE. Il ressort que neuf espèces sur dix ont été importées.

L’analyse des services écosystémiques de ces arbres montre qu’ils sont bénéfiques, peu importe leur origine. Seules trois espèces envahissantes ont été identifiées. Mais elles ne deviennent problématiques qu’en dehors de la ville. Isolées dans l’espace urbain, elles contribuent également au bien-être de la population.

Moins de pollution, abris et fraîcheur

Les arbres réduisent la pollution et le bruit, servent d’abris et de ressources pour d’autres espèces, offrent des îlots de fraîcheur, permettent de lutter contre l’érosion. Côté désavantages, ils peuvent être la source d’allergènes et les essences venues d’ailleurs pourraient peser sur la biodiversité locale.

Les points positifs sont cependant bien plus nombreux que les aspects négatifs, relève l’étude de l’UNIGE. Même les espèces importées apportent beaucoup de valeurs et devraient être mises en avant dans les démarches environnementales qui visent à améliorer les espaces urbains, estiment les scientifiques.

À Genève, l’immense majorité des espèces étrangères d’arbres se trouve dans le jardin botanique. D’autres espèces ont été introduites il y a plusieurs siècles dans les parcs, comme les cèdres ou les platanes qui ont été importés d’Afrique du Nord et d’Asie pour leur résistance et leur feuillage pérenne.

Aujourd’hui, l’avenir doit déjà être envisagé, notent les chercheurs de l’UNIGE. D’ici 50 à 100 ans, le climat genevois sera proche de celui du sud de l’Italie. «Il faut donc être ouvert à l’idée d’introduire dès aujourd’hui des espèces résistantes» à ces nouvelles conditions environnementales, font-ils savoir.

ATS/NXP