Passer au contenu principal

Ils ont écrit, bloqués chez euxLes auteurs romands ont raconté le confinement

Le journal littéraire lausannois «Le Persil» a récemment sorti un quadruple numéro regroupant des textes rédigés pendant la pandémie. Aujourd’hui, on déguste.

L’écrivain et conducteur de bus vaudois et roumain Marius Daniel Popescu a fondé le journal littéraire «Le Persil» en 2004.
L’écrivain et conducteur de bus vaudois et roumain Marius Daniel Popescu a fondé le journal littéraire «Le Persil» en 2004.
VQH

Au téléphone, l’enthousiasme de Marius Daniel Popescu, écrivain et chauffeur de bus vaudois, est prégnant. Il tient entre ses mains un numéro très spécial de son journal «Le Persil», fondé à Lausanne il y a seize ans dans le but de donner des colonnes aux écrivains d’ici, confirmés ou jeunes talents.

Ce numéro d’été, donc, quadruple tant son contenu a suscité l’intérêt de ses auteurs au moment de l’appel à textes, révèle au travers de récits la période particulière du confinement, tout juste passée. «Dans le monde de l’art, chacun s’est exprimé à ce sujet, explique Marius Daniel Popescu. Il fallait que je lance quelque chose, à mon échelle. J’ai envoyé une centaine de mails à des plumes romandes, pour leur demander de s’exprimer. Près d’un tiers a répondu, avant de laisser une empreinte au fil des pages, autour de cette thématique commune qui a marqué notre histoire.»

«Dans le monde de l’art, chacun s’est exprimé au sujet de la quarantaine. Il fallait que je lance quelque chose. J’ai envoyé une centaine de mails à des plumes romandes pour leur demander de s’exprimer»

Marius Daniel Popescu, écrivain, chauffeur de bus et fondateur du journal «Le Persil»

Pensées furtives

Parmi les vingt-neuf textes totalement inédits, le fondateur a choisi celui de l’écrivain et journaliste lausannois Jean-Louis Kuffer, bien connu dans nos pages, intitulé «Journal sans date des premières quinzaines d’une quarantaine…» divisé en très courts segments dont chacun s’étale sur un petit moment d’une vie, le temps d’une pensée furtive, mais si profonde. «Dès ce moment, et pour une durée indéterminée, l’évidence apparut qu’on devrait renoncer à toute date dans la suite des constats relatifs à la pandémie.» L’entrée en matière, directe, annonce la couleur. Avant la suite contenant «une profusion de détails et de nombreuses vérités» comme le dit si bien Marius Daniel Popescu.

«Personnellement, j’ai été bouleversé par la lecture de tous ces textes. Au moment du repli total, mon métier de chauffeur de bus me donnait soudain une forme liberté pendant que bon nombre de gens sont restés cloîtrés chez eux.» Les mots d’autres écrivains surgissent alors pour sublimer toutes les émotions traversées: ceux de Corinne Desarzens qui observe minutieusement l’ouverture du bec d’un oiseau, ceux de Blaise Hofmann, éloquents dès le titre – «What the fuck is toilet paper?» –, ou enfin toutes les sensations bouillonnantes contenues dans les poèmes de Bruno Mercier, brillants tant leurs mots étouffent – «Un soleil de fin du monde réchauffe les arbres en fleurs». Des mots à accueillir avant, pendant ou après le chaos.

Pour écrire à la revue: mdpecrivain@yahoo.fr