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Sans revenus depuis 15 joursLes cafetiers «mettent en bière» leurs bistrots

Sur l’Esplanade de Montbenon à Lausanne, les restaurateurs ont invité la population à «enterrer» les établissements.

Les cafetiers «en deuil» ont déposé fleurs, pancartes et couronne au pied du monument de l’Esplanande de Montbenon  dans l’espoir de continuer à sensibiliser les autorités et la population à leur cause.
Les cafetiers «en deuil» ont déposé fleurs, pancartes et couronne au pied du monument de l’Esplanande de Montbenon dans l’espoir de continuer à sensibiliser les autorités et la population à leur cause.
KEYSTONE/Cyril Zingaro

Privés à nouveau de leurs revenus depuis le 3 novembre, les cafetiers-restaurateurs continuent de se signaler à l’enseigne du mouvement «Qui va payer l’addition?». Une mise en scène montée ce mardi devant le Palais de justice de Montbenon, à Lausanne, invitait la population à se rendre compte des dégâts occasionnés par la fermeture des établissements. Fleurs, pancartes, couronnes ornaient le monument qui trône sur la place, offert par les soldats de France en 1871.

Charges sociales à payer malgré les RHT, loyers professionnels et privés en berne, frais fixes incompressibles: les tenanciers d’établissements se disent menacés de sombrer si des aides de l’État cantonal et de la Berne fédérale ne leur parviennent pas dans les plus brefs délais. Ils étaient environ deux cents, ce midi, à se tenir en petits groupes et à bonne distance sur l’Esplanade de Montbenon pour dire leur détresse.

«Il n’y pas que les loyers; il faut aussi penser aux contrats en cours, de maintenance, pour les frigos, les nettoyages, etc. Ces fermetures pèsent aussi sur nos fournisseurs qui sont nombreux.»

Serena Shamash et Romain Maurel, patrons du Eat Me

«Notre vœu le plus cher est d’être compris de la population. Nous sommes dans l’urgence et la douleur. J’ai moi-même dû trouver un job à côté pour payer mon loyer privé», déclare Antoine Piguet, membre du comité de «Qui va payer l’addition?». Le matin même, une délégation avait passé le message devant le Grand Conseil qui tient séance à l’EPFL. «Nous avons été bien accueillis», relate Frédérique Beauvois, autre membre du comité.

Parmi les personnes présentes, Serena Shamash et Romain Maurel, respectivement patronne et directeur des restaurant Eat Me à Lausanne et Genève témoignent de leur situation. Avec 35 employés, ils tentent de traverser cette crise, tandis que les charges s’accumulent: «Rien que pour les vacances de nos employés, c’est l’équivalent de 30’000 francs. Les autres charges sont nombreuses. Il n’y pas que les loyers; il faut aussi penser aux contrats en cours, de maintenance, pour les frigos, les nettoyages, etc. Ces fermetures pèsent aussi sur nos fournisseurs qui sont nombreux.»

Le coup de trop

En quelques mois, leur travail de huit ans menace de partir en fumée. Serena Shamash et Romain Maurel font valoir qu’ils ont investi pour respecter les mesures sanitaires, mais que cette deuxième fermeture représente le coup de trop: «Il y a de quoi décourager les jeunes de se lancer dans l’entrepreneuriat.»

Dans sa stratégie, le comité «Qui va payer l’addition» a décidé de se faire entendre régulièrement des autorités: «Nous nous rencontrons tous les vendredis pour décider d’une action. Nous pensons aussi monter à Berne avec les autres sections romandes», poursuit Antoine Piguet. Frédérique Beauvois fait valoir que le lobbyisme est un métier, mais que le mouvement apprendra.

14 commentaires
    Nicole

    Au bout du lac Léman, on ne dit plus "Lac de Genève" mais "Lac du Conemara", y'a pas "les nuages noirs qui viennent du Nord" mais c'est la même ambiance.