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Créateurs vaudois en vitrine à LausanneLes crises inspirent aussi le monde des designers

La 12e édition des Design Days se déploie dans les commerces lausannois jusqu’au 15 novembre. Avec notamment des propositions résonnant avec le règne du Covid-19.

Le bois de la Vallée: «Mazel»… on ne dirait pas, mais même le nom de cet ensemble vient de la vallée de Joux! Fabien Roy, dans sa déclaration d’amour au patrimoine naturel et vernaculaire de cette partie du canton, lui emprunte jusqu’aux noms de ses chalets d’alpage. Architecte mais aussi designer, le Vaudois s’intéresse aux ressources locales. «Curieusement, il y a assez peu de mobilier fait en bois autochtone en Suisse; là, tout est réalisé à partir des épicéas du Risoud, un bois d’une très grande qualité avec une esthétique équivalant à d’autres plus onéreux.»  A voir chez Chic Cham, Route de Prilly 2, Lausanne www.fabienroy.com
Le bois de la Vallée: «Mazel»… on ne dirait pas, mais même le nom de cet ensemble vient de la vallée de Joux! Fabien Roy, dans sa déclaration d’amour au patrimoine naturel et vernaculaire de cette partie du canton, lui emprunte jusqu’aux noms de ses chalets d’alpage. Architecte mais aussi designer, le Vaudois s’intéresse aux ressources locales. «Curieusement, il y a assez peu de mobilier fait en bois autochtone en Suisse; là, tout est réalisé à partir des épicéas du Risoud, un bois d’une très grande qualité avec une esthétique équivalant à d’autres plus onéreux.» A voir chez Chic Cham, Route de Prilly 2, Lausanne www.fabienroy.com
Fabien Roy

Acheter, produire, exposer local! Surprise… ce n’est pas un écologiste au micro, mais Patricia Lunghi, tête pensante des Design Days. Concoctée Covid-compatible en essaimant dans les boutiques lausannoises, la 12e édition est en partie sauvée par la décision vaudoise de conserver les commerces ouverts. Mais même plus intime, même plus modeste, la grand-messe n’en est pas moins déterminée dans sa défense d’un art de vivre le quotidien.

Un art qui a fait naître une petite économie – on ne peut pas encore dire cluster! – alimentée côté formation par l’ECAL et, côté vitrine, par le MUDAC, Musée du design et d’arts appliqués. Patricia Lunghi aimerait bien pouvoir parler d’une constellation d’idées qui font de l’arc lémanique une adresse pour qui recherche et achète du design. «Si l’on ne peut pas parler d’une force de frappe, il y a matière à la faire valoir autour de ceux qui s’établissent ici, seuls ou en collectifs, comme à l’Hyperespace de Renens. Avec les Design Days, on essaie de créer ce lien et de faire savoir au public comme aux entreprises qu’il n’y a pas besoin d’aller à Paris, Milan ou New York. On essaie aussi de faire évoluer la perception: le design souffre d’être à la frontière entre le culturel et le commercial comme d’être encore trop souvent réduit à un truc esthétique qui coûte cher.»

Le prix de la réflexion

Avec le vent qui souffle, écoresponsable, ce déficit d’image tient sa chance, Patrica Lunghi en est convaincue. Parce qu’en réfléchissant à la forme, à la fonctionnalité et à la fabrication, le design a les arguments pour convaincre. «Lorsqu’il développe son produit, le designer réfléchit à la provenance des matériaux, à leur recyclage. Il pense à l’assemblage en évitant les colles toxiques et il anticipe l’usure rendant possible de changer une partie du produit au lieu de devoir racheter le tout à neuf. C’est ça le design! C’est aussi ce qui fait son prix.»

«Lorsqu’il développe son produit, le designer réfléchit à la provenance des matériaux, à leur recyclage. C’est aussi ça le design!»

Patricia Lunghi, event manager des Design Days

Avec le quotidien pour carburant, son moteur, lui, ne décélère jamais. Qu’il soit dans l’anticipation ou dans la réaction à une crise. «C’est d’ailleurs en imaginant des attelles en bois contreplaqué courbé pour l’armée américaine que les Eames sont arrivés à leur fameuse chaise», rappelle Adrien Rovero, le Lausannois qui vient de créer des sièges intégrant les nouvelles distances sociales.

Le papier à la place du plexi? Lorsqu’il a imaginé ses rideaux de papier, Luciano Dell’Orifice s’est avant tout inspiré de l’Op’art, de ses effets et de ses jeux géométriques «qui rappellent les carrelages de salles de bain des années 1960-1970». Le designer à la tête de son studio lausannois ne pensait pas que cette création aurait un jour une autre résonance. «Je voulais avant tout travailler le papier, un matériau sous-exploité. Et aujourd’hui, alors qu’on cloisonne beaucoup, je me dis que ça pourrait supprimer quelques parois en plexi...» A voir chez Batiplus, route du Verney 7, Puidoux. www.luciano-dellorifice.com
Le papier à la place du plexi? Lorsqu’il a imaginé ses rideaux de papier, Luciano Dell’Orifice s’est avant tout inspiré de l’Op’art, de ses effets et de ses jeux géométriques «qui rappellent les carrelages de salles de bain des années 1960-1970». Le designer à la tête de son studio lausannois ne pensait pas que cette création aurait un jour une autre résonance. «Je voulais avant tout travailler le papier, un matériau sous-exploité. Et aujourd’hui, alors qu’on cloisonne beaucoup, je me dis que ça pourrait supprimer quelques parois en plexi...» A voir chez Batiplus, route du Verney 7, Puidoux. www.luciano-dellorifice.com
LUCIANO DELL’ORIFICE

D’autres projets vont surgir, il faut le temps du développement, mais les frémissements sont là. «Notamment dans les recherches qui se concentrent autour de l’envie de revenir à des matières naturelles et de la nécessité de proposer des surfaces réfractaires aux bactéries. Il y a aussi des réflexions sur l’ouverture des portes sans recourir à une poignée. Le design, conclut Patricia Lunghi, a une vraie carte à jouer!»

Une vingtaine de designers suisses font partie de cette 12 édition qui a pu être maintenue selon le programme établi.
Une vingtaine de designers suisses font partie de cette 12 édition qui a pu être maintenue selon le programme établi.
DESIGN DAYS

www.designdays.ch, du 5 au 15 novembre 2020. Se référer au site internet pour les conditions de visite.