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ÉditorialLes débats éthiques sont partis pour durer

Faut-il tenter de freiner la prolifération d’armes dans le monde en interdisant, en Suisse, tout financement de la production de matériel de guerre? Au fil des semaines, la question posée par le Groupe pour une Suisse sans armée a été éclipsée par l’initiative «Pour des entreprises responsables». Dommage, car elle s’avère tout aussi intéressante. Elle suggère à notre petit pays de s’engager en faveur d’un monde plus juste. Utopique ou réaliste? À chacun d’en juger.

Lire aussi: Des crédits accordés à des entreprises d’armes font débat

Ces deux textes ont germé sur le même terrain, de plus en plus fertile: celui de l’éthique. On a vu, en particulier dans le cas des multinationales, à quel point il est prompt à enflammer les débats. Et quelle que soit l’issue du double scrutin du 29 novembre, c’est une tendance qui va s’intensifier. Pensez au référendum «Stop huile de palme», à l’initiative contre l’exportation d’armes dans les pays en guerre, à celles sur l’utilisation des pesticides et pour l’abolition de l’élevage intensif. Chacun de ces enjeux opposera des valeurs morales aux intérêts de l’économie. Étincelles garanties.

«C’est le double défi du monde politique: encadrer l’activité économique sans l’entraver, mais aussi convaincre le peuple que telle est la voie à suivre.»

Le danger, c’est de s’enliser dans des affrontements stériles. Les bienfaiteurs contre les grands méchants, les défenseurs de la planète contre les tenants du capitalisme sauvage. Or la réalité est plus nuancée. Bien que tournées vers le profit, les entreprises ne peuvent plus ignorer les exigences de production durable exprimées par leurs clients. Les États non plus.

Dans le cas de l’huile de palme, symbole de nos relations commerciales avec l’Indonésie, le conseiller fédéral Guy Parmelin promet de «dédiaboliser le libre-échange». C’est le double défi du monde politique: encadrer l’activité économique sans l’entraver, mais aussi convaincre le peuple que telle est la voie à suivre.

40 commentaires
    botaNIC

    Qui peut m expliquer pourquoi les personnes vivant d'argent public - enseignants, assistés, fonctionnaires etc, sont aussi prompts à culpabiliser, stigmatiser et toujours enclins à détruire par des auto-goals, toute source de richesse économique ?

    Vous irez à nouveau manifester si l'Etat par manque de moyens sera obligé de baisser vos salaires non pas de 1% mais disons 20% ?

    Et quand vos retraites, Caisses de Pension publiques, qui ont massivement investi dans ces secteurs très rentables seront en fâcheuse posture financière à cause de la baisse des dividendes ? ... quand votre pouvoir d'achat baissera, vos cotisations à votre Caisse de Retraite augmenteront, avec une baisse des rentes.....?

    Quand les aides de l'Etat aux démunis seront purement supprimées......

    ......et bien dès lors, je ne crois pas une seule seconde, que toute cette démagogie et morale de pacotille, tiendra le même discours....