Passer au contenu principal

Séance du Grand ConseilLes députés se chauffent pour une salle de gym

Outrés du manque d’espace pour le sport dans le futur gymnase de Bussigny, les élus exigent une infrastructure adaptée.

Le Business Village de Bussigny accueillera des gymnasiens dès l’an prochain.
Le Business Village de Bussigny accueillera des gymnasiens dès l’an prochain.
Chantal Dervey/A

L’affaire aurait pu passer comme une lettre à la poste, mais elle a déchaîné les passions. En urgence, le Conseil d’État demandait aux députés de lui accorder 13,95 millions pour aménager le futur gymnase provisoire de Bussigny . Une requête tout à fait acceptable aux yeux des élus, si ce n’est l’absence d’un élément fondamental dans le projet: une salle de gym digne de ce nom.

«Ce devait être une promenade politique et ce fut un parcours du combattant», a entamé l’UDC Jean-Luc Chollet, rapporteur de la commission. Pas moins de 55 interventions ont animé cette commission, en avant-goût du débat en plénum. C’étaient là les prémices d’un tir de barrage contre le Conseil d’État, dont le travail a été jugé expéditif.

Pour Olivier Gfeller, socialiste, le complexe du Business Village de Bussigny fait l’affaire, mais la petite salle de sport prévue à ce stade est largement insuffisante. Sa collègue PLR Florence Bettschart-Narbel renchérit que l’espace pour les activités accessoires, comme la cafétéria, n’est pas assez important non plus. Mais on revient vite à la salle de gym: plusieurs députés insistent sur l’importance d’inciter les jeunes de cet âge à faire du sport.

«Ce devait être une promenade politique et ce fut un parcours du combattant»

Jean-Luc Chollet, député UDC

Lui-même prof au gymnase, le Vert Maurice Mischler monte le ton en affirmant qu’il est «scandaleux» que le Canton fasse l’économie d’une vraie infrastructure sportive pour des gymnasiens alors qu’il se montre «pointilleux» face aux Communes lorsqu’elles construisent des collèges.

Piqué au vif, le conseiller d’État en charge, Pascal Broulis, renvoie la charge: «Vous êtes enseignant, payé par le contribuable… Le Conseil d’État, de son côté, cherche des solutions pour pouvoir ouvrir ce gymnase au mois d’août 2021.» Rumeur dans la salle, entre rires et indignation. La présidente agite sa clochette…

Surpris par le Covid

«Nous avons été surpris par le Covid, la planification a été bousculée, poursuit le conseiller d’État plus posément. Le gymnase de Bussigny était prévu pour un an plus tard et nous avons dû accélérer. Ce bâtiment de Bussigny n’est pas prévu pour un gymnase à la base.» Le conseiller d’État se dit cependant «ouvert» aux propositions.

C’est là qu’intervient celle du PLR Sergei Aschwanden, judoka. Le député a directement envoyé à Pascal Broulis un projet à 1 million de francs pour une infrastructure sportive qui pourrait permettre aux gymnasiens de suivre les cours dans le respect de la loi. Celle-ci impose trois périodes de gym par semaine.

Le socialiste Sébastien Cala, chercheur en sciences du sport à l’UNIL, a, pour sa part, agi à même le plénum avec un amendement pour que le Conseil d’État «effectue une étude pour la réalisation d’infrastructures sportives» au Business Village de Bussigny. La demande a été approuvée à une large majorité.

Enfin, pour la petite histoire, le nom de Business Village a paru inadéquat à Olivier Gfeller, membre de la commission: «Je suis mal à l’aise avec ces anglicismes. Mais on nous a promis que ce nom serait changé et je le salue.» Le crédit a fini par être accepté en premier débat avec très peu d’oppositions.