Plastique à usage uniqueLes députés vaudois s’attaquent à une montagne de déchets
Touillettes, pailles, couverts, bâtonnets de ballons gonflables, etc.: s’il ne peut décréter leur interdiction, le Grand Conseil pousse à ce que le canton de Vaud soit exemplaire.

Fléau des temps modernes, la pollution au plastique a occupé une bonne heure le Grand Conseil ce mardi, qui a traité de diverses interventions sur ce thème – certaines datant de quatre ans. Sur le fond, à savoir qu’il faut juguler cette incontrôlable production de déchets qui finit bien souvent au lac, aucun élu n’a trouvé à redire.
«Il y a enfin une prise de conscience sur les dangers du plastique pour l’environnement et la santé. Ce sont 50 tonnes qui sont rejetées annuellement dans le Léman», a rappelé la Verte Nathalie Jaccard. Autant de détritus qui se décomposent en particules de nanoplastique en suspension, a complété la PLR Carole Schelker.
Si le cadre légal fédéral ne permet pas à un Canton d’interdire tel ou tel objet, des mesures incitatives restent possibles. Sur la paille en plastique, directement visée par un postulat de Jérôme Christen, un partenariat avec GastroVaud est évoqué par le Conseil d’État. Nathalie Jaccard propose quant à elle de bannir au sein de l’Administration cantonale tous les plastiques à usage unique. «L’opportunité de soumettre à cette même mesure les organismes subventionnés par l’État, ainsi que toutes les manifestations qu’il organise, subventionne ou autorise, devra également être étudiée», précise son texte, qui évoque des exceptions pour les EMS et hôpitaux, fondées sur des nécessités sanitaires.
Recyclage du plastique
Le socialiste Alexandre Rydlo plaidait quant à lui pour l’instauration d’une filière de recyclage complète des déchets plastiques sur sol vaudois, espérant aussi une harmonisation de leur prise en charge par les Communes. Autonomes sur ce plan-là, elles n’ont en effet pas toutes les mêmes pratiques. En réponse à cette demande formulée en 2016, le Conseil d’État a publié un état des lieux de la problématique, assorti de plusieurs mesures. L’une d’elles: inviter les Communes à mettre à disposition une infrastructure pour collecter séparément le PET, les autres flaconnages et les cartons de boissons (type berlingots), qui sont plus facilement recyclables.
«Il y a enfin une prise de conscience sur les dangers du plastique pour l’environnement et la santé.»
C’est que le gouvernement s’impose de «limiter au maximum les dépenses supplémentaires des Communes», écrit-il. «Je regrette qu’il n’aille pas plus loin et ne propose pas une modification de la loi cantonale sur la gestion des déchets, mais au moins il reconnaît le potentiel que représente le recyclage de certains plastiques», commente Alexandre Rydlo. Le plastique constitue 13% des 115’000 tonnes d’ordures ménagères collectées chaque année dans le canton, soit environ 15’000 tonnes.
À droite, on a rappelé que le plastique brûlé dans les fours de Tridel servait aussi à se chauffer. «Ce n’est pas le plastique que l’on incinère ou celui que l’on recycle qui pose problème, c’est celui qui traîne dans la nature. Et ça, c’est un problème d’éducation», a souligné le PLR Jean-Marc Genton. Un autre problème…
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