AboTenu en échec par le SLOLes devoirs de Servette pour changer de statut
Les Grenat ne peuvent pas se permettre de choisir entre le destin européen et le championnat.

Vertige de l’archéologie. Le Servette en ruine de 2005, obligé de repartir en 1ère Ligue après la faillite, s’ébrouait face à Guin, Bulle ou UGS, devant quelques centaines de spectateurs. Violence du contraste. Le mardi 15 août, c’est dans un Stade de Genève à guichets fermés, avec des billets qui se sont arrachés en moins de 48 heures, que les Grenat accueilleront les Rangers pour le match retour du troisième tour des qualifications à la Ligue des champions, après un exploit à Genk qui a déjà assuré un avenir européen cet automne.
Un destin, une trajectoire. Des responsabilités qui vont avec aussi, à conjuguer au présent désormais. Si ce nul 1-1 à la Pontaise face à SLO, enfermé entre les émotions flamandes et écossaises à venir, raconte une histoire, alors c’est celle des nouveaux devoirs de Servette.
Il n’y a sans doute rien d’inquiétant à voir des Grenat à la peine physiquement et émotionnellement après ce qu’ils ont vécu en Belgique mercredi soir. Le point arraché à la Pontaise à la dernière seconde du temps additionnel (coup franc magique de Pflücke pour répondre au penalty d’Ajdini) dit une force mentale, mais le calendrier impose déjà une prise de conscience. Ce Servette qui veut changer de statut doit y faire face, cela vaut pour René Weiler, ses joueurs et le club dans son ensemble.
Nécessité d’excellence
Depuis le début de la saison, par-delà les promesses, un constat: ce Servette-là est fort dans la tête. Il est mené au score par Genk au match aller? Il égalise. Il perd 0-2 contre Zurich? Il égalise. Il joue à dix en Belgique lors du match retour? Il revient deux fois au score pour le bonheur que l’on sait. SLO croit tenir son premier succès en Super League samedi? Les Grenat arrachent un point.
Sur le plan du mental, il y a là une équipe forte. Au moment de prendre l’avion pour Glasgow, ce mardi, pour y défier mercredi soir les Rangers, c’est un sérieux avantage. Le corollaire, c’est qu’à part la victoire à GC pour la reprise du championnat, il n’y a eu que des matches nuls. C’est sans doute injuste de les comptabiliser froidement: face à Genk, ces nuls sont des victoires. Les résultats concédés à Zurich et SLO sont sûrement les contrecoups de ces efforts. Il ne faut pas l’oublier.
Mais puisque Servette va être confronté, jusqu’à l’hiver au moins à ce rythme, il doit y faire face. Sans que le championnat en pâtisse. Parce que le championnat, c’est précisément ce qui rend l’Europe possible. Les Grenat ne peuvent pas choisir, même inconsciemment. L’exigence d’excellence vaut partout, c’est même une nécessité.
Le défi physique
Le nouveau système de jeu mis en place par René Weiler, ce 4-4-2, est plein d’avantages: Servette peut être potentiellement dangereux à tout moment, il est plus «vertical» dans ses approches. Mais, avec deux attaquants nominaux, ce système s’accompagne d’une débauche d’énergie plus importante que par le passé, notamment pour les milieux de terrain.
Une forme de malchance a déjà frappé le groupe, qui compte six blessés (Stevanovic, Magnin, Tsunemoto, Lyng, Frick et Antunes). Autant d’options en moins qui imposent des choix pour Weiler et ses exigences. Le nouvel entraîneur voulait favoriser un onze de base pour rôder les automatismes de ses schémas: il doit le bousculer. Très sollicités ces derniers matches, Vouilloz, Rouiller et Severin répondent présent au mental. Ils auront eux aussi besoin de souffler.
Le banc grenat
Une équipe, c’est un contingent. Quand il y a des absents, ce sont les remplaçants qui ont leur chance. C’est à eux de la saisir. Hisser le niveau de performance, c’est le minimum. Samedi contre SLO, cela n’a pas suffi, il en faudra plus à l’avenir.
Le manque de percussion a rappelé tout ce que Servette doit à Cognat (remplaçant à la Pontaise), surtout dans le système de Weiler. Ondoua, ce n’est pas le même profil, tant s’en faut. Weiler doit trouver des articulations différentes.
Gestion d’un événement
Mercredi soir, Servette joue à l’Ibrox Stadium de Glasgow. Le club pourra mesurer ce qui fait la grandeur d’un tel événement auprès du public: l’accueil des spectateurs. Une leçon à retenir, tant «l’expérience stade» a été souvent balbutiée à Genève.
Le contenu qui place des cookies supplémentaires est affiché ici.
À ce stade, vous trouverez des contenus externes supplémentaires. Si vous acceptez que des cookies soient placés par des fournisseurs externes et que des données personnelles soient ainsi transmises à ces derniers, vous devez autoriser tous les cookies et afficher directement le contenu externe.
Autant d’éléments essentiels aussi pour le club grenat dans son développement infrastructurel: gestion des buvettes, qualité et rapidité du service, qualité des produits (on pense aux saucisses fripées qui ont provoqué un mauvais buzz à l’international). En parallèle aux responsabilités sportives, il y a aussi cette indispensable exigence organisationnelle qui sera mesurée grandeur nature le 15 août, dans un stade à guichets fermés.
C’est à tous les niveaux que Servette veut et doit grandir, sur le terrain et en dehors.
Vous avez trouvé une erreur?Merci de nous la signaler.















