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«Entreprises responsables»Les femmes et la gauche portent l’initiative

Le deuxième sondage Tamedia avant le scrutin du 29 novembre donne le texte gagnant à 57%. L’électorat féminin, jeune et urbain sera décisif.

Une banderole «Initiative multinationales responsables: oui!» photographiée à Genève le 30 septembre dernier. Ce texte bénéficie d’un fort soutien dans les villes.
Initiative populaire
Une banderole «Initiative multinationales responsables: oui!» photographiée à Genève le 30 septembre dernier. Ce texte bénéficie d’un fort soutien dans les villes.
KEYSTONE

Des fronts stables, des intentions de vote qui se confortent, très peu de citoyens indécis. À moins d’un mois des votations fédérales, le deuxième sondage réalisé sur mandat de Tamedia confirme les tendances mises en évidence à la mi-octobre. L’initiative populaire «pour des entreprises responsables» serait acceptée par 57% des votants, tandis que 42% des personnes interrogées y sont défavorables. La part de «oui» ferme grimpe de 48 à 50%, tandis que le «plutôt oui» recule de 9 à 7%.

Ce sont toujours les femmes qui semblent porter ce texte vers le succès. Selon notre sondage, elles sont 65% à l’approuver et 33% seulement à le rejeter. Les hommes se montrent bien plus frileux: 48% de oui (ou plutôt oui) contre 50% de non (ou plutôt non). Par ailleurs, le soutien à l’initiative s’avère plus fort dans les milieux urbains et auprès des jeunes, constate à nouveau l’institut LeeWas, qui a sondé plus de 12’000 personnes dans tout le pays les 29 et 30 octobre. La proportion d’intentions de vote favorables atteint 65% parmi les habitants des villes et 63% chez les 18-34 ans.

S’agissant des sensibilités politiques, l’affaire semble entendue. L’électorat de gauche soutient massivement ce texte, qui vise à obliger les sociétés ayant leur siège en Suisse à répondre des conséquences de leurs activités sur les droits humains et sur l’environnement, tant sur sol helvétique que pour celles à l’étranger. Le oui culmine ainsi à 96% chez les Verts. Mais à droite, le rejet est presque aussi net (76% de non parmi les sympathisants du PLR).

Le soutien du PDC s’effrite

Au centre, par contre, on devine encore quelques hésitations. L’électorat PDC dirait non à 51%, pour 44% de oui et 5% d’indécis. Notre premier sondage avait montré une égalité parfaite (49% de oui et 49% de non). C’est là l’une des grandes inconnues de cette campagne, qui voit les deux camps redoubler d’efforts pour tenter de l’emporter le 29 novembre. Lundi, à Berne, les auteurs de l’initiative sont ainsi remontés au front pour affirmer que «toute multinationale qui pollue ou détruit des régions doit rendre des comptes». Ils savent que si un soutien populaire est à portée de main, la majorité des cantons sera plus difficile à obtenir.

Les arguments qui pourraient être décisifs? Pour l’heure, selon notre sondage, les partisans du texte estiment majoritairement que le profit ne doit pas primer sur l’environnement et les droits de l’homme. Les opposants, eux, affirment que les chaînes de prestataires complexes à l’étranger ne peuvent être contrôlées. Ils craignent en outre un flot de plaintes contre les entreprises suisses.

10 commentaires
    Oc

    Moi je suis très impressionné d’un côté la suisse et Genève en particulier veulent régler les problèmes à l’étranger ( autoroute du Chablais français, Creys-malville, etc) et ne s’occupent pas des leurs. Les emplois concernés sont très nombreux à être touché et, réellement, seules une minorité concerne directement l’armement et les sociétés suisses. On veut donc, une fois de plus, être plus blanc que blanc, alors que de nombreuses nuances de gris subsistent dans notre pays( les liens d’intérêt entre politiques, lobbyistes et multinationales, les pratiques de certaines entreprises qui créent des filiales à l’étranger pour se distancer des lois suisses trop contraignantes, etc). Commençons par nettoyer devant notre portée avant de vouloir tout changer ailleurs autant qu’ici.