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Tri médicalLes handicapés seront-ils les sacrifiés du Covid?

Certains le craignent. Les associations faîtières Inclusion Handicap et Agile.ch montent au front. Le directeur médical des HUG apaise les inquiétudes.

Selon les directives nationales, les malades les plus âgés seront privés de soins intensifs.
Selon les directives nationales, les malades les plus âgés seront privés de soins intensifs.
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La circulation virale très élevée met tout le système sanitaire genevois à rude épreuve. Nous vous indiquions dans notre édition de vendredi que l’IMAD – Institution genevoise de maintien à domicile – avait ainsi considérablement modifié son mode de fonctionnement pour soulager les Hôpitaux universitaires de Genève (HUG) et éviter que ceux-ci ne procèdent à un tri des patients. Soit le fait de choisir ceux qui seront soignés et ceux qui seront sacrifiés en cas de surcharge.

Si on devait en arriver à une extrémité aussi épouvantable, les plus vieux seraient privés de soins intensifs, selon les directives nationales élaborées par des experts chevronnés en mars. Ce document de référence précise toutefois bien que l’âge ne doit pas être un facteur dans l’absolu. Le pronostic à court terme et le bénéfice attendu d’un séjour aux soins intensifs, sont les critères décisifs, quel que soit l’âge. Or celui-ci, dans le cas précis du Covid, influence grandement l’issue de la maladie. «Si par hypothèse, une étude devait infirmer la valeur de l’âge comme facteur prédictif, il faudrait le retirer des critères d’admission, note la bioéthicienne et médecin genevoise, Samia Hurst, qui a participé à l’élaboration des directives suisses. Dans bien d’autres maladies, l’âge n’est pas à lui seul un facteur de risque pronostique.»

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