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Paradis oubliéLes maisons ouvrières de Nyon s’ouvrent au public

Les habitants du chemin d’Usteri accueillent le far° ce week-end. Une occasion rêvée de découvrir ce havre de paix préservé au centre-ville.

L’esprit bohème règne au sein des habitants du chemin d’Usteri avec, de g. à dr., Alain Perrier, Dominique Béboux, Laura Meylan et Renée Henry.
L’esprit bohème règne au sein des habitants du chemin d’Usteri avec, de g. à dr., Alain Perrier, Dominique Béboux, Laura Meylan et Renée Henry.
Marius Affolter

C’est un endroit rempli d’un charme suranné dont la plupart des Nyonnais ignorent l’existence. Les six maisonnettes du chemin d’Usteri sont pourtant à un jet de pierre du parking Perdtemps au centre-ville. Cette fin de semaine, la population a l’occasion de découvrir ces villas ouvrières. Les habitants reçoivent dans leur riche jardin jusqu’à samedi un spectacle du far°.

«Nous ouvrons facilement nos portes», s’amuse Dominique Béboux, une des habitantes qui passe une grande partie de son temps à prendre soin de son jardin. «Nos portails sont toujours ouverts, renchérit son compagnon, Alain Portier. Quand on aperçoit des passants curieux qui se sont arrêtés pour scruter nos habitations, nous les invitons à entrer.» La petite communauté de circonstance du chemin d’Usteri est à l’image de leur maison: simple et chaleureuse.

À croire que c’est l’ADN du lieu. Construites en 1915, les six maisons étaient destinées à des ouvriers travaillant dans le domaine du bâtiment. «Il semblerait que des entrepreneurs les ont bâties pour y loger des contremaîtres et des chefs de chantier, explique Renée Henry, qui y habite depuis 1974. Elles étaient faites toutes sur le même modèle et avec des matériaux qui étaient en surplus dans leur projet de construction.» Adossées à un bâtiment industriel, les maisons ont la particularité d’être borgnes. En face, au bout de leur jardin et de l’autre côté du chemin d’Usteri, un grand mur gris d’un autre hangar industriel leur fait face.

Cabanes au fond du jardin

Les habitants ont petit à petit transformé l’intérieur de leur habitation en y ajoutant souvent des WC au rez-de-chaussée ou simplement en installant un chauffage qui n’existait pas dans les plans initiaux. Toutes petites, avec leurs quelque 100 m² habitables, les maisonnettes ne sont qu’une partie du trésor des propriétaires. Le jardin est trois fois plus grand et concentre une grande part des occupations des résidents, pour ceux qui sont retraités. Des cabanes ont été installées, créant une ambiance bohème. Alain Perrier, la star du quartier depuis qu’il a accueilli chez lui les protagonistes de l’émission «Nus et culottés» sur France 3, y a aménagé un petit poêle où il cuisine en hiver des plats mijotés comme les tripes.

«Nous avons vu pendant la période du confinement la richesse d’habiter dans un tel endroit»

Laura Meylan, habitante du chemin d’Usteri

La zone de verdure assure aujourd’hui une certaine intimité aux habitants tout en leur apportant une fraîcheur bienvenue. Pendant la canicule, il fait facilement 4 degrés de moins qu’en ville. «Nous sommes à la fois très proches du centre et en même temps à l’extérieur, protégés par la verdure, note Laura Meylan, la dernière arrivée avec son mari, qui a emménagé il y a deux ans. Nous avons vu pendant la période du confinement la richesse d’habiter dans un tel endroit.»

Il n’empêche, ce bout de paradis a failli disparaître plusieurs fois. En 1999, l’incendie du hangar accolé aux maisons aurait pu détruire les habitations s’il n’avait pas été rapidement maîtrisé par les pompiers. Une autre menace planait alors déjà sur ces dernières. La Ville avait l’intention de raser les constructions pour y implanter un centre de congrès. Elle avait d’ailleurs déjà acheté deux maisons pour faciliter les procédures à venir.

Un patrimoine à conserver

«Les temps ont changé, rassure Maurice Gay, municipal de l’Urbanisme. Les maisonnettes possèdent un réel intérêt patrimonial qui rappelle notre passé industriel. Aujourd’hui, l’idée est de les conserver.» Le futur du quartier n’est pas encore précisément déterminé. Il le sera d’ici à une quinzaine d’années, quand le parking Perdtemps aura été enterré pour laisser la place à un grand parc.

En attendant, les habitants d’Usteri profitent de leur terrain. Ils admettent aussi que l’intérêt du far° les a flattés. Mais pas seulement. Le projet de Thierry Boutonnier, qui travaille sur les sols, doit leur apporter des réponses sur la qualité biologique de leur terre, qui contient du plomb. L’histoire indique que les maisons sont construites dans le prolongement de l’ancien stand et contient donc des résidus de balles. La vitalité des arbres et des plantes laisse toutefois à penser que la pollution n’est pas si grande. Comme le dynamisme des habitants, dont plusieurs ont largement dépassé l’âge de la retraite.

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1 commentaire
    Michel Pernet

    ...renchérit son compagnon, Alain Portier (?)... Alain Perrier peut-être, non?