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AboUne famille contaminée
Les Margot, un cinq de base unique qui vibre pour le basket

Scott, Laure, Robert, Léane et Patricia Margot ont un ballon de basket dans le cœur. Alors que les Lions et Nyon s’affrontent, leur cœur balance.
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Ce soir-là, Patricia travaille à la buvette, où elle s’occupe du stand des crêpes. Léane, l’une de ses filles, distribue des tickets de boisson et de repas à la caisse. «Moi, j’ai congé aujourd’hui», enchaîne Laure, sa jumelle, qui va donc pouvoir suivre attentivement le 2e acte des play-off entre les Lions de Genève et Nyon en compagnie de son frère Scott et du papa, Robert, directeur sportif du club du Grand-Saconnex. «Quand nous étions jeunes, lors d’un match U16 où Laure et moi on jouait, c’est notre frère qui arbitrait alors que mon père était notre coach et que maman se trouvait à la table des officiels», se souvient Léane. Dans le milieu, on les surnomme les «Margot’s five» ou la «Margot’s family».

«Mes parents m’ont inscrit à la gym avant que j’essaie le ping-pong avec mon frère, mais à la fin, on s’est tous retrouvés dans une salle avec un ballon», renchérit Laure Margot, qui entre deux services au Grand-Saconnex joue en LNA avec Nyon Basket. Sa sœur, qui travaille dans une crèche à côté de la salle, acquiesce. Coach des U16 du club genevois, Léane a elle aussi fait du Pommier sa deuxième maison. «On a bien essayé de les inscrire dans une autre activité, mais cela n’a pas fonctionné», s’exclament d’une seule voix les parents. Avec un grand-père, un papa et une maman tombés très tôt dans le panier, comment pouvait-il en être autrement?

«À la maison, quand on est à table, on ne parle que de basket, forcément», se marre le père, ce que confirment, là encore, tous ensemble, sa femme et ses enfants. «Il y a tellement de parties en un week-end, sourit Léane, qu’entre le match de Laure, de Scott, de Robert et de mes filles, nous sommes obligés de débriefer toutes ces rencontres en un repas!» Ce sport est le noyau dur d’une famille unie comme les cinq doigts de la main, un cinq de base unique et attachant. «On part même encore en vacances tous ensemble, bien qu’ils soient aujourd’hui des adultes!» sourit la maman, qui n’exclut pas, un jour, d’encourager d’autres petits Margot…

Patricia, née le 12 mai 1970

Patricia Margot: «Pour ce quart de finale, mon cœur est nyonnais, mais j’espère quand même que les Lions vont passer.»

«J’ai rencontré mon mari quand nous jouions tous les deux à Nyon. Gamine, je voulais suivre mes copines au twirling bâton, mais mes parents, qui étaient plutôt foot, m’ont vite fait comprendre que majorette ne me correspondait pas. Ma mère m’a conseillé le basket que j’ai tout de suite adoré. J’ai passé quelques années au Rocher, avec la LNA. Là, je travaille depuis une vingtaine d’années dans une école privée à Genève, également comme prof de gym, comme mon mari, tout en m’occupant du secrétariat du mouvement jeunesse des Lions, quand je ne travaille pas à la buvette. J’avoue que j’ai mis en priorité les matches de Laure et qu’il m’arrive par conséquent de manquer des rencontres des Lions. Mais quand je vais à Nyon, il y a mes parents, mon frère et sa femme et c’est aussi sympa que les Lions. Pour ce quart de finale, mon cœur est nyonnais, mais j’espère quand même que les Lions vont passer.»

Robert, né le 24 avril 1967

Robert Margot: «Après dix ans passés à Nyon, j’ai toujours du plaisir à me rendre au Rocher. C’est, après le Pommier, ma troisième maison.»

«Mon père, Fernand, a aussi été joueur et entraîneur, mais il ne m’a jamais poussé. Comme avec nos enfants d’ailleurs. J’ai essayé d’autres sports mais à 10 ans, j’ai compris que j’avais de la facilité au basket. J’aurais pu partir à l’étranger, mais je voulais finir mes études de maître d’éducation physique. J’ai joué avec Vernier, Neuchâtel, Genève, Pully, Versoix, deux fois à Nyon – dont une saison avec mon président actuel Kapetanovic –, au Grand-Saconnex, avant de devenir directeur sportif des Lions. Comme Charles Barkley en NBA, je n’ai jamais été champion en LNA. Mais j’espère en obtenir un avec mon club. Après dix ans passés à Nyon, j’ai toujours du plaisir à me rendre au Rocher. C’est, après le Pommier, ma troisième maison, depuis que Laure y joue. D’ailleurs, à la buvette, il y a un maillot de l’équipe féminine U18 du Grand-Saconnex accroché. Il se trouve juste en dessous de notre table, qui est du coup réservée.»

Scott, né le 1er juillet 1997

Scott Margot: «Je suis depuis une dizaine d’années passionné de NBA et plus spécialement des Warriors, merci papa!»

«Quand on va au Pommier, tout le monde nous connaît, comme au Rocher d’ailleurs, où les gens savent qui sont les Margot’s five! Samedi, je vais soutenir les Lions, mais quand ma sœur est sur le parquet, je vais encourager Nyon, pour qu’elle gagne. La famille avant tout. J’ai joué un peu au foot avant, mais à un moment donné, il a fallu faire un choix. Comme je suis né là-dedans, le basket a vite été une évidence. Depuis une dizaine d’années, je me suis pris de passion pour la NBA et plus spécialement des Warriors, merci papa! Cette ferveur est née depuis que nous sommes allés en famille visiter San Francisco et la Californie. Après avoir effectué mes juniors au Grand-Saconnex et trois saisons avec Meyrin, je joue avec plaisir en LNB avec les U23 des Lions comme arrière. Mes qualités? Mon intelligence de jeu et mon shoot. Je comprends bien le basket. Sinon, à côté, je travaille pour DHL.»

Laure, née le 12 juin 1999

Laure Margot: «Comme mon… père, j’attends toujours un premier titre en LNA.»

«Comme mon frère et ma sœur, je suis aussi de nature assez discrète. Mais une fois sur le parquet, dans mon rôle d’arrière ou de meneuse, je deviens comme eux une winneuse avant tout! Si j’ai déjà fêté à six reprises un titre de championne de Suisse quand j’étais encore dans le mouvement jeunesse, comme mon père, j’attends toujours un premier titre en LNA. C’est mon prochain objectif, avec celui de terminer mes études pour devenir, comme mes parents, prof de gym. Tant que j’arrive à concilier les deux activités, je continuerai à jouer. Je suis forcément contente de suivre ce quart de finale des play-off entre l’équipe de mon père et cette équipe de Nyon que j’aime tout autant. Comme l’ont toujours dit mes parents avant que je ne rejoigne il y a deux saisons le Rocher, Nyon, c’est aussi un club très familial et une ville de basket.»

Léane, née le 12 juin 1999

Léane Margot: «Plus tard, j’aimerais bien peut-être devenir une coach avec les plus grandes équipes, et pourquoi pas diriger ma sœur un jour.»

«Suite à mes trois opérations d’affilée des croisés, j’ai dû me résoudre à arrêter la compétition il y a deux ans et demi, alors que comme ma sœur, je jouais en LNA. J’en ai profité pour finir mes études d’éducatrice. J’ai retrouvé beaucoup de plaisir dans mon nouveau rôle de coach avec les filles U14. Avec ce groupe que je suis depuis deux ans, on joue le titre suisse actuellement. J’espère qu’on va aller au bout de notre rêve. Quand j’ai le temps, que je ne travaille pas à la buvette ou que je gère les à-côtés des Lionnes de Genève, je vais voir jouer ma sœur, mon frère ou l’équipe de papa. Et si les trois matches ont lieu en même temps et que je me trouve à Nyon par exemple, je prends deux ordinateurs pour voir les autres rencontres. Plus tard, j’aimerais bien peut-être devenir une coach avec de plus grandes équipes, et pourquoi pas diriger ma sœur, un jour.»

Basket, play-off, quarts de finale. Samedi 18 h: BBC Nyon – Lions de Genève (0-2 dans la série au meilleur des cinq matches).