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AboTPG et mobilité douce à Genève
Les nouveaux quartiers de la Rive gauche mieux connectés à la ville

Une berme centrale végétalisée et des plantations d’arbres atténueront le caractère routier du projet «Axe de Frontenex» (image de synthèse).
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C’est l’un des prochains gros chantiers à venir dans le canton. Des travaux devraient démarrer cet automne pour améliorer la desserte de transports publics et de mobilité douce sur la Rive gauche. Devisés à près de 61 millions de francs, ils toucheront cinq communes, dont la ville de Genève, et s’étaleront sur deux à trois ans.

Lancé il y a plus de dix ans, ce projet d’envergure, baptisé «Axe de Frontenex», consiste à développer une liaison de 6 km de long entre le nouveau quartier de Belle-Terre (auparavant nommé les «Communaux d’Ambilly»), à Thônex, et la gare des Eaux-Vives. Au-delà, il offrira à la région Arve-Lac une ligne de bus directe jusqu’à l’aéroport.

Le nouvel axe de mobilité, qui passera par plusieurs quartiers récemment sortis de terre ou en voie de réalisation (voir infographie), doit accompagner le développement urbain de cette région, qui va accueillir 9000 nouveaux habitants et 1000 emplois supplémentaires d’ici à 2025. Il desservira ainsi un bassin de population de près de 30’000 habitants vivant à moins de 300 m, et de plus de 40’000 à moins de 500 m (selon les chiffres de 2017).

Bus plus rapides

Le pilier central de ce projet est une ligne de bus à haut niveau de service. Prolongement de la ligne 10, qui termine actuellement son parcours à Rive, elle suivra plus ou moins le tracé des bus 1 et 9 entre les Eaux-Vives et Belle-Terre. Toutefois, la vitesse commerciale sera améliorée, de même que la fiabilité des horaires.

En effet, le bus perdra moins de temps dans les bouchons, puisque les tronçons où il circule en site propre vont être plus que doublés, passant de 1,2 km aujourd’hui à 3,5 km demain. «Pour des questions de gabarit, il n’est toutefois pas possible d’avoir des voies réservées aux bus sur tout le parcours», précise Gérard Widmer, directeur de la région Arve-Lac à l’Office cantonal des transports.

Le futur tracé supprime par ailleurs certains détours, ce qui permet aussi un gain de temps. Le trajet entre les Eaux-Vives et le Petit-Bel-Air prendra donc trois minutes de moins qu’aujourd’hui. De plus, des feux de circulation seront installés à certains carrefours afin de donner la priorité aux transports publics. Enfin, l’offre va augmenter de 30% grâce à des véhicules à double articulation de 24 m de long permettant de transporter davantage de passagers.

8,7 km de pistes cyclables

À noter qu’il s’agira de bus électriques équipés du système TOSA de recharge aux arrêts. On s’épargne ainsi de devoir poser des lignes aériennes, ce qui préserve le paysage urbain.

En conséquence, le tracé du bus 9 va changer. Depuis les Eaux-Vives, il ira à Genève-Plage, où se trouvera son nouveau terminus. En revanche, le bus 1 est maintenu jusqu’à son terminus actuel. «À la suite d’une consultation, il a été décidé de conserver cette liaison entre les hôpitaux», confie Gérard Widmer.

«Après avoir vérifié avec minutie la situation de chaque arbre, il en reste 60 ne pouvant hélas être conservés. Mais nous allons en replanter 91.»

Gérard Widmer, Office cantonal des transports

L’«Axe de Frontenex» fait aussi la part belle à la mobilité douce. Les voies de circulation pour les vélos vont passer de 3,5 km actuellement à 8,7 kilomètres, dont 5,2 km de pistes et de bandes cyclables (le reste se faisant sur les voies de bus et sur des trottoirs partagés).

Arbres et berme végétalisée

Pour que le résultat ait un caractère moins routier que certains projets récents de transports publics, on a pensé à laisser de la place à la végétation. Des plantations d’arbres agrémenteront les arrêts de bus et les intersections. «Après avoir vérifié avec minutie la situation de chaque arbre, il en reste 60 ne pouvant hélas être conservés, relève Gérard Widmer. Mais nous allons en replanter 91.»

En outre, une berme centrale végétalisée coupera la route en deux, tout en servant à la fois à assurer une continuité biologique et à récolter les eaux de pluie.

Le budget de 60,9 millions est partagé entre le Canton (21,8 millions), le Fonds intercommunal d’équipement (15), la Confédération (11,6) et les communes (12,6 millions, dont 5,4 rien que pour Chêne-Bougeries).

Les communes concernées – Genève, Chêne-Bougeries, Chêne-Bourg et Cologny – ont déjà voté les crédits liés à ces travaux, ou s’apprêtent à le faire. Quant au tronçon qui se trouve sur le territoire de Thônex, il a déjà été réalisé dans le cadre de la construction du quartier de Belle-Terre.

Recours de riverains

Seule incertitude quant au calendrier des travaux, un recours a été déposé après la délivrance de l’autorisation de construire cet automne. Certains riverains de la route Jean-Jacques Rigaud, à Chêne-Bougeries, contestent essentiellement la suppression de places de stationnement.

Selon Florian Gross, conseiller administratif à Chêne-Bougeries, une séance de concertation a eu lieu avec les recourants. De son côté, l’État a demandé la levée de l’effet suspensif, afin que le chantier puisse débuter à temps.